Attention, ceci est l'avis d'un joueur n'ayant pas joué au jeu d'origine sorti en 2004 sur PC. Il n'y aura donc pas de comparaison possible.
White Day est une excellente surprise horrifique venue de Corée.
Afin de rendre son journal à une lycéenne et accessoirement lui offrir une boîte de chocolats pour le White Day (qui est, vulgairement parlant, l'équivalent le notre Saint-Valentin), notre avatar se rend à 22h00 dans son lycée et se rendra rapidement compte que rien ne semble tourner rond ici, entre fantômes, gardiens fous et lycéens ne semblant pas réaliser où ils se trouvent.
Dès l'introduction, on se rend compte que graphiquement, le jeu date de 2004. Les visages et animations des personnages sont rigides à souhaits, voir risibles lors des cinématiques qui pourtant devraient inspirer la terreur. Toutefois, le reste des graphismes s'en tire avec les honneurs : une foule de détail hante tout endroit du lycée, que ce soient les toilettes ou les couloirs avec des fiches d'instruction lisibles en coréen.
Le jeu possède des voix anglaises ou coréennes (au choix), et est intégralement sous-titré en français (documents, instructions, sous-titres, etc). L'ambiance sonore joue énormément dans l'atmosphère générale du titre, avec une musique timide et oppressante qui joue sur les variations selon la situation (lorsqu'un danger est proche, la musique se fait plus stressante, avec une voix qui semble même venue d'outre-tombe). Quant aux sons, les bruitages, voix et autres sont dans le ton et apportent leur lot de frayeur. Enfin un jeu qu'on écoute réellement, pour y déceler une présence fantomatique, des bruits de pas ou simplement une mélodie sourde venant d'une salle de musique normalement vide... Attention toutefois aux 2-3 sceamers putassiers (heureusement peu suffisamment nombreux pour ruiner notre plaisir).
Niveau gameplay, la progression est assez linéaire et me rappelle un peu les premiers Resident Evil : on arrive dans une zone A, on explore les salles en découvrant documents qui apportent des indices sur des énigmes ou clés à découvrir, puis on finit par trouver l'élément déclencheur de la suite de l'intrigue, on explore une nouvelle zone, etc. Ne vous attendez pas à chasser du fantôme à la Project Zero : ici, la devise serait plutôt : courage, fuyons ! Heureusement, les énigmes et clés ou éléments de progressions sont suffisamment variés pour éviter toute répétitivité.
Rapidement sur la difficulté : 4 niveaux (plus un à débloquer), je joue en normal (2nd plus difficile) et je pense qu'il est bon pour commencer : le joueur est livré à lui-même (aucun indice sur ce qu'il faut faire, à vous de faire marcher vos méninges). Les niveaux plus faciles donnent des indices au joueur via SMS ou carrément sur la carte et une bonne partie de l'immersion s'en trouve affectée. A déconseiller donc, d'autant plus qu'en normal, le jeu n'est pas si difficile (et je ne suis pas un hardcore gamer).
A noter que le jeu propose également quelques énigmes chronométrées qui malheureusement font perdre ce coté extrêmement flippant malgré une pression due au temps qui défile (tout du mois pour la première).
Enfin, à chaque rencontre avec un PNJ (surtout des lycéennes), un choix de dialogue influe sur leur comportement à votre égard.
Le jeu propose 9 fins différentes et propose suffisamment de variation dans sa progression pour ne pas nous lasser. Seuls vos nerfs lâcheront en premier.
Toutefois, ce qui fait le sel d'un jeu d'horreur est sa capacité à nous mettre le trouillomètre à zéro. Sur ce point, bien que les cinématique mettant en scène les personnages ratent leur objectif horrifique de part leur rigidité, le reste du titre, son ambiance particulière, son atmosphère claustrophobie et sa musique oppressante arrivent à nous foutre une trouille terrible ! Quelques jump-scares dont certains sont légèrement putassiers, d'autres sont simplement bien amenés. Quant au reste, de part les rumeurs, les histoires de fantômes (sous forme de documents) que notre héros peut ramasser au fur et à mesure de l'intrigue, on se mettra à hésiter avant d'ouvrir chaque porte (même de placard), devant chaque plante car on y aura lu des rumeurs étranges.
Une chose est sûre avec ce titre : bien que graphiquement vieux, il possède une atmosphère particulière et une capacité à immerger le joueur dans son univers pour des nuits entières de frayeur. La Corée n'a plus à prouver ses capacités en matière d'horreur, que ce soit en littérature, au cinéma ou dans les jeux vidéo.
Je propose 18/20, car les animations des personnages font vraiment, pendant quelques secondes lors des cinématiques, sortir le joueur de l'ambiance. Sans refaire intégralement le jeu, il aurait peut-être mieux valu les remplacer par des séquences animées...