Un bien drôle de jeu que ce Master Reboot, assez proche d'un survival horror au niveau de l'ambiance mais plutôt axé recherche et énigme en vue à la première personne avec beaucoup de contemplation dans son gameplay. Le scénario est tout aussi étrange et difficile à comprendre alors qu'il se dévoile tout au long du jeu : on contrôle une certaine Madison qui semble prisonnière d'un monde virtuel dans lequel elle revit certains de ses souvenirs dans des lieux prédéfinis.
Les premiers pas très futuristes laissent vite place à un univers finalement familier où on trouve à la fois des énigmes et des éléments de background à interpréter. Les lieux sont assez variés et ont toujours leur petite ambiance glauque voire flippante : la chambre d'enfant, le parc à jeux, l'école, la forêt menant à un chapiteau, l'avion, la fête foraine, l'hôpital, le cimetière, la bibliothèque et même une plage ! C'est seulement après avoir terminé toutes ces zones que la dernière sera accessible avec la confrontation finale.
Les énigmes sont parfois très simples (pousser les autos tamponneuses dans leur case de couleur, trouver différents objets ou actionner différents mécanismes disséminés), mais parfois plus élaborées et complexes (trouver les clés de la chambre, obtenir les triangles du parc, reconstituer une frise, remettre les planètes du système solaire dans le bon ordre dans une matérialisation en trois dimensions, infiltrer sans se faire repérer par la mystérieuse fille qui monte la garde, se repérer dans le labyrinthe de la bibliothèque).
Les graphismes sont simples mais la direction artistique donne un charme particulier au jeu avec son côté sombre, qui se retrouve aussi dans les musiques, parfois proches d'un Silent Hill. L'ambiance est un gros point fort du jeu, entre les bruitages suspects et les apparitions de la forme noire de la fille aux yeux brillants.
Il faut parfois échapper à un poursuivant et certaines épreuves constituent des alternatives de boss, comme les données à détruire tout à la fin. Le scénario n'est pas simple à comprendre et l'anglais n'aide pas beaucoup, mais la plupart des documents trouvés (photos, lettres, bulletin scolaire, diagnostique d'hôpital, flyers) sont intéressants et rappellent un peu l'expérience de Silent Hill Shattered Memories.
Fortement méconnu, ce jeu indépendant mérite pourtant qu'on s'y intéresse pour l'OVNI qu'il forme : une très bonne production !