Après la semi-déception Ayesha, j'attendais cet épisode au tournant mais, il faut le dire, sans trop d'espoir. Pourtant, quelques dizaines d'heures de jeu plus tard je peux le dire, EschatoLogy m'a réconcilié avec cette série "gameplay-centrée" de la plus belle manière qui soit: en en gommant les vraies faiblesses pour me prouver par l'exemple que Gust en as encore sous la pédale.
En effet, mon seul véritable grief (et pas des moindres) envers Ayesha était la simplification -pour ne pas dire l'amputation- à outrance du véritable intérêt de la série, à savoir la synthèse alchimique, complexe, personnalisable, et que le jeu devrait pousser à utiliser sans concession, ce qu'il ne faisait pas. Ici, tout en gardant le concept de base intact (ajouter les ingrédients dans un ordre précis pour en tirer des attributs élémentaires à agrémenter de diverses techniques) le résultat est bien plus satisfaisant.
Alors qu'il fallait une bonne 15aine d'heures pour qu'Ayesha ne montre vraiment ses possibilités, la phase de tutorial est ici vite expédiée pour laisser au joueur toute latitude à créer des objets d'attaque, de soin ou des équipements à son gout, et d'aller joyeusement latter des monstres qui vous poussent dans vos retranchements. Car si les trashmobs parsemant les phases de collecte d'ingrédients ne posent en général aucun problème à qui joue intelligemment de l'alchimie, les monstres que l'on peut sciemment invoquer en se servant de la jauge bonus, eux, se montrent bien plus féroces. Et ces combats ne sont pas gratuits dans la mesure où vous y récupérez des objets rares, voir bien au dessus de votre niveau. Une façon de rétribuer enfin celui qui cherche à aller plus vite que la musique, les différentes missions en temps limité étant toujours relativement simples à terminer avec une bonne dose d'avance.
Question combat, on atteint ici la quintessence du système amorcé avec les précédents opus. Sans rentrer dans les détails, on est ici dans un système proche de celui d'FFX, donc bien rôdé et toujours tributaire de vos performances alchimiques. Entre l'utilisation d'objets craftés (une arme de Crowd control sera très utile dans les premiers niveaux), les attaques de support allié et les diverses techniques ultimes, il y a de quoi faire. Que de chemin parcouru depuis Rorona !
Seulement tout n'est pas rose, et la créativité des devs joue les vases communicants. Ce qu'on gagne en gameplay pur (et qui constitue pour moi le seul vrai intérêt du jeu), on le perd sur les points plus traditionnels des RPGs. La Direction artistique est à vomir, les personnages plus creux les uns que les autres, le scénario presque inexistant, la technique -certes accessoire- à la ramasse, la bande son un peu en dessous de d’habitude et pire, l'aspect exploration en prend un sacré coup. Plus vraiment de lieux variés à visiter, on en revient à une carte simplifiée centrée sur l'atelier dans laquelle chaque mission nous demandera d’atteindre un endroit précis, en plus de quelques retours pour valider les missions secondaires.
Ceci mis à part, plus que jamais le système nous pousse à cogiter pour crafter des objets dotés de caractéristiques (propriétés et effets) pertinentes pour l'utilisation qu'on veut en faire. Et même si les diverses aides viennent qulque peut simplifier la gestion du temps (les objets utilisables sont désormais réapprovisionnés à chaque retour en ville), la "casualisation" qu'on pouvait légitimement craindre n'a pas eu lieu.
Atelier Escha to Logy reste un jeu de niche, qui se moule aux envies de chaque joueur. Exigent si vous l'êtes, distrait si vous le traitez par dessus la jambe. L'aspect gestion peut demander réflexion si vous souhaitez réaliser des missions parfaites, mais rien ne vous y oblige. Selon votre but autogéré, la durée de vie peut passer de 10 à 50h, voir plus si vous visez la perfection. Finalement cet épisode est probablement l'un des tout meilleurs sur cette génération, il ne manquerait qu'un peu plus de constance dans la construction des différentes phases pour que la série passe un cap définitif. A voir si les suivants sauront le franchir.