Un chef d'œuvre ? Pas vraiment. Et pourtant, il avait tout pour plaire.
Si je mets la même note que le testeur de JVC à l'époque, ce n'est pas du tout pour les mêmes raisons, que même si je les trouve un peu... stupides, elles sont à replacer dans le contexte du marché du jeux vidéo de l'époque.
Je trouve que si déjà à l'époque, les graphismes 2D d'Alundra transpiraient d'un charme absolument incroyable et lui conféraient une espèce d'aura mystique à mes yeux, ils n'ont aujourd'hui pas pris une ride, et sont toujours très plaisants à regarder.
Et fait, c'est tout l'aspect artistique d'Alundra qui est incroyable et qui lui donne ce feeling si particulier. Que ce soit le style de dessins, les décors très travaillés, le chara design, la palette de couleur terne et sombre (qui sied très bien à l'univers et à son histoire), sa musique envoutante et mystérieuse (mention spéciale à celle dédiée aux cauchemars), son monde dense, ses personnages variés et attachants, ou son histoire sombre et passionnante....
Tout ces aspects font d'Alundra une expérience incroyable à regarder et écouter. Tout comme Landstalker l'a été à son époque d'ailleurs, mais Alundra est un bon cran au dessus.
Cependant, manette en main, ce n'est pas la même histoire. Le jeu est non seulement très dur (pas seulement pour l'ado que j'étais quand je l'ai eu la première fois, c'est encore le cas aujourd'hui) mais aussi très frustrant.
D'abord, les ennemis deviennent très vite des sacs à PV ce qui rend la grosse majorité des combats longs et répétitifs. De plus les ennemis sont très agressifs et font très mal, on meurt très vite. Et qui dit mort, dit retour à la dernière sauvegarde, ce qui peut être extrêmement punitif dans un donjon, notamment à cause de la difficulté parfois surréaliste des énigmes omniprésentes.
Certaines énigmes sont des casse-têtes à solution unique, d'autres sont des jeux de réflexe et/ou de rapidité souvent en sautant de plateformes en plateformes (sachant que ni la vue isométrique, ni le gameplay ne se prêtent à ce genre d'exercice, tout comme c'était déjà le cas dans Landstalkers), et parfois tout ça à la fois. Il arrivait même que le sol vous fasse des dégâts ou que des ennemis vous barrent la route voir vous font tomber de la plateforme. On a l'impression de jouer à des vieux jeux d'arcade ou NES des années 80, qui ne contenaient que quelques niveaux, mais qui étaient injustement difficiles pour éviter que le joueur ne les finissent en 10 minutes. Sauf que là, le jeu est déjà très long, et ça en devient épuisant !
Autre souci du jeu : il ne vous tient absolument pas par la main. Il ne vous dit ni où vous devez aller, ni ce que vous devez y faire. Et quand vous arrivez quelque part, vous passez votre temps à vous demander si c'est bien à cet endroit que vous devez être et si vous avez l'équipement nécessaire pour progresser.
Le jeu adore aussi cacher des éléments importants pour la progression dans le décor afin de vous ralentir le plus possible dans votre progression, rendant certaines phases très difficiles sans solution.
Si je devais le comparer avec un jeu qui lui ressemble beaucoup dans sa construction et son gameplay mais qui fait tout ce qu'Alundra fait en mieux (mis à part le côté artistique, car ce n'est pas vraiment comparable, c'est une histoire de goûts), ce serait Link's Awakening. Que ce soit au niveau des combats, du plateforming ou des énigmes, tout y est beaucoup moins frustrant et mieux géré d'une façon globale. Le jeu en ressort beaucoup plus agréable à traverser, peu importe l'âge qu'on a, et on a jamais l'impression que je jeu est virtuellement rallongé par des combats interminables ou des énigmes inutilement tordues.
Beaucoup d'avis ici font passer Alundra pour un chef d'œuvre vidéo-ludique et si je suis d'accord qu'en tant qu'œuvre d'art, il est génial et passionnant, il est cependant incroyablement difficile et frustrant en tant que jeu vidéo.