7/20 — Mauvais
Premier souci, le jeu est en anglais intégral, et comme bien souvent, l'éditeur s'est bien gardé de le mentionner sur la jaquette, l'essentiel étant de vendre même si cela doit se faire au détriment du gamer gaulois. Il faut donc être un minimum à l'aise avec la langue de Shakespeare si l'on ose pouvoir espérer entrer pleinement dans l'aventure, car s'il est un genre où il est primordial de comprendre l'histoire et les rudiments du jeu, c'est bien le RPG.
Une fois cette amère pilule difficilement avalée, nous décidons de passer aux choses sérieuses. Et là, c'est le deuxième effet Kiss Cool : c'est moche - pour ne pas dire sale - et la jouabilité est des plus catastrophiques. Les contrôles sont laborieux, non intuitifs au possible, carrément illogiques, à se demander si les développeurs n'ont pas commencé la programmation sur PlayStation première du nom du temps où les joysticks analogiques n'existaient pas encore chez SONY, pour ensuite adapter péniblement le tout à la nouvelle génération de consoles.
Mais comme on a déjà perdu une heure à chercher comment mettre le jeu en français, en vain, on se dit que l'on peut bien en perdre une autre à essayer d'apprivoiser ces commandes d'un autre âge.
C'est donc avec ténacité et courage que nous nous jetons à corps perdu dans l'aventure, et le corps humain faisant bien les choses, il finit par s'adapter douloureusement à cette aberration vidéoludique.
On finit donc par se faire à ces infâmes contrôles, oui, certes, mais pas au rythme du personnage, dont la lenteur insupportable n'a d'égal que les mouvements lourds et imprécis. Et l'action est à l'avenant : on avance à deux à l'heure, dans des zones labyrinthiques dépouillées, crapahutant beaucoup pour ne pas faire grand-chose au final, si ce n'est occire mollement deux ou trois bestioles par-ci par-là, ouvrir des portes, ou encore actionner un pauvre interrupteur de temps en temps histoire de pimenter un peu l'aventure. Il faut aussi penser à ramasser les items lâchés par les créatures tuées, à supposer que l'on arrive à les apercevoir sur le sol après avoir fait laborieusement 15 manipulations de caméra.
C'est soporifique à souhait, sans réflexion, sans action, ni même interaction avec l'environnement, sans surprises qui viennent relancer un tant soit peu l'intérêt du joueur avide de sensations fortes, et même de sensations tout court, le tout se déroulant sur fond de musiques le plus souvent inadaptées aux situations et tournant en boucle de manière omniprésente. Mais si les options ne permettent pas une localisation en français, fort heureusement elles nous offrent la possibilité de couper la musique. Comme quoi, tout n'est pas complètement raté...