Alors que Capcom multiplie les survivals horror sur PS2, notamment les Resident Evil vacillant du bancal à excellent avec le grand chamboulement de la série qu'a été Resident Evil 4 sur Game Cube, l'équipe développe un survival atypique tentant de combler les lacunes de Clock tower 3 avec Haunting Ground, qui nous met dans la peau d'une jeune-fille séquestrée dans un mystérieux domaine dans lequel vit une famille assez dérangée. Le jeu rappelle grandement Resident Evil pour son domaine proche du manoir et certains bruitages reconnaissables de Capcom, mais également Silent Hill pour son ambiance et ses poupées très glauques (sans oublier l'animation schizophrène des personnages que l'on croise) ainsi que Parasite Eve, Fiona ressemblant beaucoup à Aya jeune (le choix de la mini-robe n'est pas non plus anodin) et l'alchimie se rapprochant un peu des pouvoirs mitochondriaux. On évolue avec Fiona dans les différentes parties du domaine afin de comprendre pourquoi on a été amené ici et on se retrouve confronté un à un avec les membres de la famille qui semblent décidés à nous poursuivre afin de s'amuser faire Dieu seul sait quoi avec son corps. Les personnages ont tous leur petit background et leur rôle dans l'intrigue : Debilitas semble être le fils trisomique et primaire qui nous poursuite bêtement pour nous déguster le sourire aux lèvres (alors que son air naturel est plus triste qu'autre chose), Daniella est étrange dès le début et s'avère ensuite être une véritable psychopathe avec ses cris, ses regard et son tisonniers, Riccardo est plus coriace avec son arme à feu et son allure plus rapide, et on a même droit au grand-père Lorenzo qui saute de son fauteuil roulant pour nous poursuivre en rampant à une vitesse impressionnante. Comme dans le très médiocre Rule of Rose, un chien vient vite nous accompagner et enrichit le gameplay du jeu : on peut lui demander de rester sur place, de chercher si un objet est caché dans les alentours, d'attaquer un poursuivant, de venir vers nous et de se glisser dans certains endroits pour récupérer un objet ou libérer un passage. Selon son obéissance, on peut également le féliciter on le gronder, ce qui n'est pas toujours très au point mais ça reste bien mis en œuvre dans l'ensemble. Les lieux sont géniaux grâce à leur aspect froid, majestueux et glauque et au level design de qualité demandant beaucoup d'exploration et l'utilisation d'objets-clés ; certaines pièces peuvent également cacher des pièges mortels, ce qui n'est pas sans rappeler le quatrième Alone in the Dark. Là où le gameplay pèche d'avantage, c'est dans les objets offensives que l'on peut trouver ou créer, qui se résument à des mines, des balles de paralysie : l'usage de l'alchimie est assez peu claire et on n'est pas vraiment poussé à l'utiliser, on peut très bien s'en sortir sans. Le poursuivant du moment peut surgir n'importe quand avec une musique stressante et on peut se cacher à différents endroits, sachant qu'on est plus facilement découvert si on se cache quelque part pour la deuxième fois. Il arrive cependant parfois que ces passages soient trop redondants, notamment avec Daniella que l'on croise bien trop souvent. Si les ennemis peuvent endommager notre santé, il peuvent aussi effrayer Fiona au point de brouiller la vue de l'écran et de la rendre presque incontrôlable, héritage réussi de Clock Tower 3. Selon la manière dont on bat Débilitas et d'autres paramètres par la suite, le jeu peut se conclure de quatre manière différente, dont une courte ou il nous donne les clés pour sortir (uniquement accessible après avoir fini une fois le jeu) et une où le chien ne vient pas nous sauver dans la tour et où Riccardo fait de nous une cinglée de plus, qui ricane enceinte dans une robe blanche assise sur un fauteuil. Haunting Ground a beau se montrer assez bancal à plus d'un titre, il reste une grande réussite de Capcom et une belle alternative du survival horror !