Voilà, après avoir passé l'été entier à plier simultanément la série télé Sign, l'OAV Liminality et les quatre jeux, j'ai enfin pu reconstituer la majeure partie du mega-puzzle qu'est le projet .hack. En ce qui concerne les jeux, il faut bien séparer l'aspect technique (graphismes, gameplay...) de l'aspect scénaristique. Sur le premier plan, on peut trouver des choses à redire, et le test de jv.com est assez représentatif de la chose : les décors sont vraiment répétitifs, les donjons d'un vide abyssal et le gameplay perfectible (notamment en ce qui concerne l'IA : comment voulez-vous vous croire dans un RPG avec des compagnons d'armes aussi stupides et suicidaires en combat ??), même si les amateurs de Dungeon RPG devraient y trouver leur compte. En ce qui concerne le scénario, il existe et est bien travaillé, mais il faut vraiment le vouloir pour aller jusqu'au bout, car l'aventure avance à un rythme incroyablement lent (une marque de fabrique de .hack, semble-t-il : l'histoire de la série télé ne décollait vraiment qu'au bout du 19ème épisode sur 26...).
En fait, .hack est un peu une sorte de "quitte ou double". Soit vous n'accrochez pas à l'univers de The World, auquel cas le projet .hack// ressemble effectivement à une énorme arnaque où l'on répartit un scénario simpliste sur un maximum de supports pour créer la confusion dans l'esprit du joueur/spectateur/lecteur et engranger les dollars/yens/euros; soit vous restez fasciné par une histoire qui peut se lire à plusieurs niveaux dans un univers vaste et finalement très travaillé, auquel cas vous aurez forcément envie de connaître le fin mot de l'histoire, et donc d'investir dans plusieurs centaines d'euros de jeux et de DVDs.
En ce qui me concerne, je suis de la seconde catégorie de joueurs, admiratif devant le scénario large et intéressant bien que progressant très lentement, la psychologie des personnages assez travaillée et la qualité du design général. En revanche, le coup du projet multi-supports, je le digère un peu moins bien. D'une part parce qu'au final, le tout revient honteusement cher pour le joueur lambda; d'autre part parce qu'on passe la majeure partie du jeu, de l'anime et de l'OAV à ne rien comprendre : l'histoire n'est pourtant pas compliquée, mais charcutée de la sorte sur plusieurs supports, elle devient un véritable puzzle qui demande un effort intellectuel vraiment intense pour être résolu, et les pièces de ce puzzle ne commencent à se mettre en place que très tardivement. Mais aussi, et surtout, parce que Bandai exploite complètement ce filon et en profite pour se fouler le moins possible : les 4 jeux semblent être chacun un copier/coller du précédant, et l'on déplore le fait que le principe de classes de The World soit en fait un prétexte pour nous ressortir plusieurs fois le même character design, sublime certes, dans plusieurs coloris (ainsi, Black Rose est un clone de Mimiru, Elan de Tsukasa, Bear de Orca, et j'en passe...). C'est bien dommage, parce qu'en dépit de tout ça, l'univers dépeint reste toujours aussi attirant pour le joueur que je suis. M'enfin, je peux garder espoir avec l'arrivée prochaine de .hack//Frägment (pour lequel je débourserai encore 100 euros entre le jeu et l'adaptateur réseau...).
Au final, si je devais conseiller un nouveau venu, je lui suggèrerais de se procurer au moins le premier jeu d'occasion, et en même temps de regarder un DVD de la série Sign (à noter qu'elle passe de temps en temps sur GameOne dans une version française remarquable, chose assez rare pour être soulignée). Il pourra ainsi se faire une idée de ce qu'est .hack et décider si oui ou non il veut plonger davantage dans cet univers en fonction de son attirance pour ce-dernier.