Alors que la sixième génération de console commence à montrer le bout de son nez avec la DreamCast, de très nombreux jeux de combat sortent sur cette dernière et les cross-over Marvel ne font pas exception. Après avoir fait s’affronter les super-héros de Marvel aux personnages de Street Fighter, Capcom élargit une dernière fois pour ce qui devient alors le porte-étendard Marvel versus Capcom. Sous-titré Clash of the super heroes, on y trouve sept personnages Marvel dont Wolverine, Captain America, Gambit, Hulk, Spider-Man, ainsique Venom et War Machine pour leur première apparition. Côté Capcom, seuls Ryu, Chun Li et Zangief (disponible en Mecha en maintenant select) subsistent, pour laisser place à Morrigan de Darkstalkers et à des retours de personnages cultes de la firme comme Mega Man, Captain Commando de Section Z, Strider et Jin du récent Cyberbots. Un nouveau boss reprenant le concept d’Apocalypse fait son apparition : il s’agit d’Onslaught, une matérialisation des mauvais aspects du Professeur X et de Magneto, qui revêt une forme simple puis une autre en plein écran, jouable une fois le jeu fini. En le terminant avec des personnages précis, on obtient également quelques variantes : ainsi s’ajoutent au casting Roll de la série Mega Man, Lilith (clone de Morrigan), Shadow Lady (forme robotique de Chun Li), Gold War Machine, Orange Hulk et Red Venom.
Toujours aussi fun à jouer, le jeu est aussi techniquement plus abouti et sa version PlayStation s’avère très satisfaisante malgré l’absence du switch de personnage en dehors d’un mode dédié. Les temps de chargements sont courts et masqués par des portraits de personnages bienvenus, comme le fera Street Fighter Alpha 3. La version DreamCast est forcément mieux animée, plus fluide avec des combats qui s’enchaînent sans le moindre chargement en mode arcade et contient un mode en 60 Hz. Son gros point noir vient néanmoins du mode arcade, très vite difficile même avec une ou deux étoiles à cause d’une IA pénible car trop réactive, la palme revenant à Onslaught qui se veut quasiment imbattable tellement il nous enchaîne de coups dans la figure sans presque aucun répit, comme si on était revenu au temps des bornes qui ne cherchaient qu’à aspirer toutes nos pièces. La version PlayStation est bien mieux gérée à ce niveau-là car les attaques du boss sont moins puissantes, le rythme est moins punitif et la barre de vie est rechargée une fois qu’il atteint sa deuxième forme, pour palier l’impossibilité du switch de personnage. Les combats sont cela dit bien plus rapides à un contre un, et on peut se demander pourquoi les barres de super attaque montent aussi vite. Lors de la sélection des personnages, notre allié peut être soit un autre perso jouable, soit un perso spécial qui n’intervient qu’en soutien sur demande. Ces derniers sont au nombre de vingt-deux dont pas mal issus des précédents cross-over.
Capcom est vraiment allé très bien dans ses références car de nombreux anciens personnages font leur réapparition, comme le soldat inconnu de Forgotten Worlds,Arthur de Ghosts’n Goblins et Miechele Heart de Legendary Wings. Les fichiers du jeu contiennent même un certain Tomichin, parodie d’Atsushi Tomita, qui a participé à l’élaboration des précédents cross-over. Les clins d’œil vont encore plus loin avec un superbe stage Mega Man où on peut apercevoir le Docteur Wily, son vaisseau et les ennemis se cachant sous leur casque en fond d’écran, et la musique qui va avec. Un autre stage présente la salle de bain de Honda avec un passage secret sur la droite quand on casse deux fois le mur. La musique du character select signe un renouveau des plus joyeux et le reste de la soundtrack suit cette intensité, avec le thème de Street Fighter II pour Ryu, une musique chantée très japonaise pour Roll, des musiques reconnaissables pour Strider, Captain Commando et Jin, puis une musique de boss épique.
Les coups des personnages évoluent encore avec un joli panel pour les nouveaux. Mega Man est extrêmement garni entre sa boule de feu chargeable, son dragon punch, ses envois de rockball, de tornado hold et de leaf shield, le Mega Man géant, l’attaque à la perceuse, le vaisseau tireur, ainsi que ses rayons satellites uniquement sur PlayStation en maintenant select lors de la sélection du perso ; Roll propose quelques variantes entre sa boule de feu non chargeable qui s’effectue avec un quart de tour et la bombe qu’elle envoie en arc-en-ciel. Un bel aboutissement de la série de cross-over qui parvient intelligemment à renouveler son casting !