19/20 — Chef d'œuvre
Sorti en 1996 sur le moteur de Doom, Strife: Quest for the Sigil par Rogue Entertainment est une pépite injustement éclipsée à l'époque par l'arrivée de la vraie 3D de Quake. Pourtant, là où tout le monde se contentait de défourailler des couloirs, Strife a posé les bases modernes de l'immersive sim et du FPS/RPG bien avant Deus Ex.
Un gameplay révolutionnaire pour le Doom Engine : On est à des années-lumière d'un simple clone de Doom. Le jeu introduisait de véritables hubs interconnectés, des villes avec des PNJ neutres à qui parler, des marchands, des quêtes secondaires, de l'infiltration avec alarme et arbalète silencieuse, et même des statistiques d'endurance et de précision à améliorer. Pouvoir choisir ses approches et influer sur le scénario jusqu'à débloquer plusieurs fins différentes était du pur génie en 1996.
Ambiance, doublage et univers : C'est sans doute ce qui m'a le plus marqué quand j'étais gamin. L'immersion était folle, portée par un doublage intégral d'une qualité rare pour l'époque. Mention spéciale absolue à Blackbird : cette voix féminine incroyablement suave dans l'oreillette qui nous guidait au fil des missions et commentait nos actions. Elle donnait un cachet et une humanité uniques à la rébellion contre l'Ordre, rendant l'aventure mémorable à chaque objectif accompli.
Musique et sound design : La bande-son MIDI reste gravée dans ma mémoire. Ses nappes sombres, rythmées et angoissantes collaient à merveille à cette atmosphère de science-fiction médiévale tyrannique et crasseuse. Les bruitages d'armes et les répliques des PNJ donnaient une consistance incroyable à ce monde oppressant.
Un chef-d'œuvre hybride, visionnaire et audacieux, qui méritait tellement plus de reconnaissance face aux ténors du pur shooter. Une claque nostalgique indélébile.