Commençons tout de suite par le plus gros défaut du jeu. Il est court, très court. Même si sa difficulté peut rallonger sa durée de vie si, comme moi, vous êtes loin d'être un pro de la manette, on vient tout de même à bout de Ape Out en 2 ou 3 heures max.
Mais est-ce vraiment un si grand défaut ? Car Ape Out réussit à concentrer dans ces quelques heures tellement de bonnes idées de game design, à rendre l'expérience si éprouvante et jouissive à la fois que je lui pardonne bien sa courte durée de vie. Visuellement, c'est radical, mais très bien pensé, puisque la vue de dessus insiste sur l'étroitesse du champ de vision du gorille et nous oblige à rester constamment sur nos gardes. Les partis pris sur les couleurs et les lignes claires rendent la fuite en avant frénétique et nerveuse. Chaque garde attrapé, projeté, est une explosion de puissance et de couleurs, renforcé par l'excellente musique free jazz générée en fonction des actions du joueur.
D'un point de vue de plaisir de jeu, cela dit, j'ai aussi quelques réserves sur la génération procédurale des niveaux qui fausse un peu la difficulté. On se retrouve parfois dans des couloirs avec trop d'ennemis, et on est obligé de recommencer par manque de chance plus que par maladresse. Mais comme tout va très vite, à force de perspévérance on réussit toujours par avancer. Le bon côté de la chose, c'est qu'on n'a pas l'impression d'apprendre par coeur une partition écrite d'avance, mais plutôt d'améliorer ses talents d'improvisation.
En résumé, Ape Out est un jeu spectacle, le genre qu'on montre à ses amis quand ils viennent à la maison et qu'on veut leur montrer quelque chose qui impressionne et qui sort de l'ordinaire. C'est aussi un jeu à déguster petit à petit plutôt qu'à faire d'une traite, selon moi, parce que le trop plein de sons et de couleurs peut vite monter à la tête. Mais il vous montera à la tête comme le font les meilleurs champagnes.