Pour les 25 ans de Sonic, Sega décide un retour total aux sources en reprenant la formule des épisodes Mega Drive, mais sans la jouabilité bancale et l’ennui ressentis dans les très dispensables Sonic 4 et Sonic Generations. Pas moins de douze zones sont à parcourir, la plupart reprises des anciens Sonic, avec des niveaux inédits et de nombreux boss. Trois personnages sont jouables avec leurs spécificités : le dash pour Sonic (avec la possibilité de foncer dès l’atterrissage en appuyant au bon moment), la nage et le vol pour Tails, le vol plané et l’escalade pour Knuckles. La version Plus propose également deux autres personnages issus du jeu d’arcade SegaSonic the Hedgehog afin d’appréhender le jeu différemment : Mighty, un tatoo pouvant effectuer une attaque piquée capable de détruire certains éléments du décor et d’écraser quelques ennemis, ainsi que Ray, un écureuil jaune capable de planer à la manière de Super Mario World.
On retrouve la Green Hill Zone du premier Sonic, la Chemical Plant et Oil Ocean de Sonic 2, Stardust Speedway et Metallic Madness et Sonic CD, l’Hydrocity de Sonic 3, Flying Battery et Lava Reef de Sonic & Knuckles. Chaque zone contient deux niveaux, chacune se terminant par un boss : le premier est directement repris d’un ancien jeu, tandis que le second est totalement nouveau. De nouveaux éléments sont apportés pour enrichir le tout : par exemple, Oil Ocean contient des leviers permettant de purifier l’air étouffant qui nous enlève nos anneaux, et on peut inverser la gravité de Flying Battery grâce au bouclier électrique, en plus du passage sous la tempête. Sonic Mania apporte tout de même quatre zones inédites :
- Studiopolis, une ville à la musique très branchée avec des buildings et des télévisions en décor. On y trouve des balles rebondissantes façon flipper, des antennes paraboliques, des sièges élévateurs et même une machine à pop-corn qui nous projette en hauteur.
- Press Garden, une imprimerie sous un décor enneigé contenant des blocs de glace et des tapis roulant.
- Mirage Saloon, un désert parcouru en avion puis à bord d’un train avant de finir dans un superbe décor de saloon avec des sièges de bar, des touches de piano rebondissantes, des jets d’eau en bouteille et un colt qui nous propulse dans les airs.
- Titanic Monarch, la machine géante de Robotnik à la mélodie grave et au level design à la fois cool et exigeant, entre les nombreux loopings et les boules d’énergie nous maintenant en apesanteur à partir desquelles il faut se propulser correctement.
Si le jeu peut parfois, comme les anciens épisodes, s’avérer agaçant (les longues courses qui mènent vers quelque chose qui cause un dégât, les écrasements peu prévisibles qui font tout à coup perdre une vie, le manque de clarté quant à la direction à prendre, les sauts peu précis pour une petite zone visée), il reste très plaisant à jouer et se trouve d’autant plus adapté à la Switch et son écran large pour mieux voir vers quoi on fonce. Hormis ces défauts, la difficulté est plutôt bien dosée avec un mixte entre le rétro et le néo-gaming : le jeu sauvegarde automatiquement quand on a terminé une zone, mais les vies sont limitées et un game over nous fait recommencer tout au début de la zone pour un peu plus de challenge.
Robotnik arbore des machines originales pour des combats de boss agréables et variés, entre la benne à ordures et son étau qui se resserre, l’araignée à propulser sur les piques, le sous-marin qui nous poursuit dans l’eau, la machine qui creuse le sol et la machine distribuant des capsules. Certains se permettent même de sacrés clins d’œil : les capsules qui montent et descendent sur tout l’écran, le Metal Sonic géant, le Robotnik géant qui rappelle le boss final de Sonic 2, et bien sûr la partie de Puyo Puyo. Un très bon jeu à l’ancienne, même s’il est triste de constater que ce n’est qu’en reprenant leur première formule qu’ils arrivent à être efficace avec la saga Sonic.