de KLEI, un jour, vers telle heure
- On a fait des jeux de baston, de survie, d'infiltration... qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Le truc actuel, c'est les cartes. "Slay The Spire" etc.
- Ok mais on va faire ça mieux.
KLEI ("Shank", "Don't Starve", "Oxygen not included"...) décide donc de pondre un jeu de cartes / deckbuilding à sa manière.
La recette est audacieuse, le jeu ambitieux : un mélange de RPG (personnages, relations, quêtes, menaces et récompenses...), de cartes (avec gestion de deck), de rogue-like (mort permanente).
Il faut ajouter une direction artistique à la Klei (reconnaissable de suite) et une musique incroyablement immersive, sur des menus agréables et lisibles.
On saupoudre d'une traduction très sérieuse et on obtient GRIFTLANDS.
Quel plaisir, après avoir testé cette floppée de jeux de cartes qui surnagent dans le sillage de "Slay The Spire". Ils ont tous un petit peu de personnalité mais leur manque un atout; ils ne sont pas vraiment captivants, sauf "Gordian Quest".
Là où GRIFTLANDS frappe fort, c'est en implémentant un système de run assez long, tout en restant aléatoire, avec un background travaillé, un roleplay prédominant, une écriture intéressante, pour nous emmener dans un univers. On ne joue pas simplement aux cartes en regardant une série TV, comme dans un "Fate Hunters", on plonge dans une ambiance et un défi complexes.
Le jeu est assez complet, plutôt subtil, et se découvre au fil des run, sans que le tutorial ne se substitue à la découverte. On avance avec curiosité, car certains affrontements sont diplomatiques, à base d'arguments qui vont se heurter, toujours en tenant compte des intrigues du jeu et de ses factions rivales.
C'est un coup de maître, car là où (presque) tous les développeurs ont cherché à recueillir un peu des retombées de "Slay The Spire" et "Darkest Dungeon" en créant une myriade de deckbuilding-card-games, GRIFTLANDS dit "je suis différent".
Au lieu de foncer dans le même sillon que tout le monde, il propose autre chose, et c'est à la fois courageux de la part des développeurs et très agréable pour les joueurs.
Après ma chute au 1er run, j'ai eu la surprise de constater que le deuxième essai ne ressemblait pas au premier, puis en changeant de personnage, encore moins.
On touche ici à quelque chose de précieux, car si KLEI se donne les moyens de poursuivre son oeuvre, on a peut-être entre les mains une nouvelle référence, qui va, comme "Don't Starve'" se garnir d'extensions et personnages au fil des temps.
Ce jeu mérite une longue carrière, et je recommande particulièrement d'aider à son early access.
Coup de coeur de l'été 2020 assurément.