Un jeu vraiment bon, clairement inspiré de Papers Please. Malgré la traduction niveau CP (tant dans la grammaire que l'orthographe), on apprécie vraiment l'ambiance de dystopie communiste du jeu avec une DA bien peu cliché et parfois amateur, mais efficace néanmoins.
On incarne un propriétaire de HLM dans une dictature communiste et l'on doit faire du mieux possible pour répondre aux tâches qui nous incombent (de la part du Ministère, mais pas que...) tout en s'assurant de récupérer suffisamment d'argent pour assurer les dépenses immenses nécessaires pour l'éducation de notre fils, les tâches ménagères et tous les autres aléas qui iront mettre en péril la vie de notre famille et peut-être, on l'espère, un sauf-conduit hors du pays.
La force du jeu, c'est les personnages qui sont bien écrits. J'étais venu dans le jeu avec pour idée de briser mes locataires en forgeant des preuves et en extorquant leur argent, mais je me suis retrouvé obligé de faire de mon mieux pour les aider : Mes coups de coeur : Patrick, le fils du protagoniste, les Schimmer trahis par leur pays, Dora Noel, femme battue et le personnage le plus réaliste, et Albert Meineke, homme muet dont la quête secondaire est cruciale pour obtenir la bonne fin du jeu.
Aucune situation ne peut se régler d'une seule façon. Le rythme effréné des quêtes n'est pas sans rappeler celui de Dead Rising : on est très rarement à cours de quelque chose à faire. Et le jeu peut parfois se révéler très cruel vis-à-vis des conséquences de nos choix.
Une chose qui me gène, cependant, c'est les bugs et négligences qui parfois nous softlockent de certaines quêtes : la bonne fin de la mission des Schimmer peut être softlockée en invitant une personne dans l'appartement. L'objet nécessaire n'aura alors plus d'effet puisque le jeu pensera que l'on a choisi d'opter pour la voie qu'offre la venue de ce nouveau locataire, alors que cela ne fait absolument pas sens. J'ai également eu un softlock dans la mission durant laquelle je dois enquêter sur l'infidélité d'une femme dans un couple : l'homme avec qui elle trompait est rentré dans le HLM et a squatté pendant des jours l'appartement tandis que sa maîtresse s'adonnait aux tâches ménagères, alors qu'ils devaient coucher ensemble. Heureusement, le système de chargement est intelligent : le jeu propose un point de contrôle à chaque début de quête, ce qui fait que l'on peut retracer ses pas depuis le début du jeu.
Mais cela n'empêche que Beholder reste un jeu qui mérite beaucoup plus d'attention et un jeu que je recommande.