Les développeurs de Dinosaur Polo Club vous proposent grâce au titre subtilement nommé Mini-Métro de vous mettre dans la peau d’un gérant de réseau de transports urbains. Le but sera soit d’éviter un engorgement trop important dans une station particulière, soit de jouer en mode pépère avec une main sur la souris et l’autre dans le pantalon. Avec une interface minimaliste qui vous rappellera sans doute les plans de métro affichés au coin de la gare ou en dernière page de votre agenda Clairefontaine, Mini-Métro ne fait pas dans la fioriture. Tout ce qu’on aime. Il vous suffit de déplacer votre curseur d’une station à une autre pour y créer une ligne, au nombre de trois lors du début de votre partie. Libre à vous d’optimiser le parcours de vos usagers, car ceux-ci ne vous céderont aucune erreur.
Les stations ont cette particularité d’être de formes différentes, qu’il s’agisse de ronds, de carrés, de triangles ou d’autres au fur et à mesure de votre partie. Chaque voyageur désire aller d’un point A à un point B correspondant à une forme particulière. Si le début de partie s’avère relativement simple, le jeu se densifie de différentes manières, et ce relativement rapidement. Non seulement le réseau s’agrandit, mais vous devrez faire face à une marée d’usagers toujours plus importante, toujours plus pressée et toujours plus vengeresse, comme dans la vraie vie quoi… Mais vous ne serez pas totalement désemparés face à cet engorgement perpétuel, car les développeurs ont cru bon de vous munir d’outils en tout genre : qu’il s’agisse de wagons, de locomotives supplémentaires, de tunnels ou encore de points d’échanges, ceux-ci, tirés aléatoirement, vous permettent d’améliorer l’efficacité de votre réseau. Ils apparaissent automatiquement à chaque fin de semaine, vous permettant d’améliorer au fil de l’eau votre réseau, d’autant que la pause active vous permet parfois de repenser celui-ci dans son intégralité. L’aspect aléatoire du choix des outils a quelque chose de frustrant par ailleurs, car il vous arrivera souvent de n’avoir besoin que d’un outil particulier et, en voyant que celui-ci n’apparait pas à la fin de votre semaine, vous aurez tout le loisir d’envoyer valdinguer votre clavier vers l’être humain le plus proche.
Mini-Métro a également le bon goût de vous faire voyager dans pas mal de villes tout autour du globe. De Paris à New-York en passant par Le Caire, Sao-Polo ou Osaka, chaque ville apporte son lot de contraintes et, parfois, de nouveaux outils. La présence, ou non, d’étendue d’eau aura son importance par exemple, car il ne vous sera alloué qu’un certain nombre de tunnels, ce qui peut s’avérer être rapidement une denrée rare. Il vous est aussi possible sur Osaka de disposer de Shinkansen, un train rapide, qui s’avère être d’une redoutable efficacité. Si ces spécificités ont le mérite d’exister, elles sont malheureusement trop rares pour avoir un véritable sentiment de renouveau à chaque partie et, une fois la totalité des villes débloquées, il est dur de rester scotché pendant des heures devant Mini-Métro. Toutefois, le contenu présent est ultra addictif et la prise en main n’y est pas étrangère. Le titre de Dinosaur Polo Club apparaît comme la définition ultime du ‘’easy to learn, hard to master’’ car, une fois le jeu totalement maitrisé, quelle sensation enivrante que celle de la valse des rames de métro devant nos yeux. La bande son, minimaliste elle aussi, participe fortement de cette extase singulière. A la fois évolutive et gracieuse, celle-ci vous hypnotisera littéralement devant vos écrans, et c’est un bonheur suffisamment rare pour être souligné.
Que l’on ne s’y trompe pas, Mini-Métro est une expérience vidéo-ludique singulière et passionnante. Le minimalisme dans l’interface et dans l’ambiance sonore dévoile un gameplay simple mais diablement efficace et addictif. Malheureusement, une fois les différentes villes débloquées, l’intérêt du jeu diminue fortement, et ce n’est pas le classement en ligne ni les défis quotidiens qui y changeront quelque chose. L’aspect répétitif, le manque de variété des différents environnements et la facette aléatoire de certains éléments du jeu vous feront d’ailleurs rapidement lâcher l’affaire. Et à un prix avoisinant les dix euros, on a du mal à dire en quoi Mini-Métro est un incontournable. Il faudra sans doute attendre la probable version smartphone et tablette pour pouvoir s’adonner pour un prix plus abordable à la gestion de métro… Dans le métro. Une sorte de Métroception qu’on aurait du mal à refuser.