Icewind Dale est un jeu d'exception qui vient d'inscrire son nom dans ma liste de jeux préférés, rejoignant ainsi d'autres titres prestigieux comme Fallout 1 et 2, la quasi-totalité des Zelda (surtout le premier sur NES), Dark Souls 1 et 3, Bloodborn, Sekiro, ou encore Deus Ex (2000). Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour découvrir un chef-d'œuvre intemporel, car, en effet, le temps n'a absolument pas de prise sur lui.
Le moteur Infinity Engine a un charme mystique sans pareil et un art sans égal pour stimuler l'imaginaire du joueur et le rendre accro.
Le studio de développement Black Isle à qui l'on doit les fabuleux Fallout 1 et 2 fait indubitablement partie des meilleurs studio de développement de jeux vidéo de tous les temps.
Même encore aujourd'hui leurs RPG supplantent, à mon sens, la grande majorité des jeux du même genre en matière de profondeur, de créativité, de singularité et d'intelligence de gameplay. Si l'aspect visuel pourtant non dénoué d'attraits pourra selon toute vraisemblance paraître minimal, simpliste, voir même désuet auprès de ceux qui n'ont pas connu cette époque, en l'occurrence les plus jeunes d'entre nous qui ne jurent que par la technique, la qualité et la richesse de son gameplay en revanche reste pour moi inégalé. Ça faisait longtemps qu'un jeu ne m'avait pas accroché au point d'avoir vraiment du mal à m'arrêter d'y jouer. Ma notion du temps s'en trouve complétement altéré à chaque fois que je relance ma partie. Trois heures de jeux me paraissent une heure. Il est donc très difficile de limiter son temps de jeu quand on a affaire à un jeu aussi captivant et chronophage.
Malgré la qualité exceptionnelle de son gameplay et les possibilités incommensurables qu'offrent la quantité faramineuse de sorts, quelques défauts, et non des moindres, liés aux déplacements (pathfinding) de notre troupe de six personnages sont à déplorer.
L'un de nos personnages emprunte souvent une voix différente de celle souhaitée. Il arrive aussi fréquemment que l'un d'eux part bizarrement et soudainement dans une direction opposée à celle où il a commencé à s'engager, ce qui en fonction de la topographie du lieu dans lequel on se trouve peut lui faire faire un grand détour inutile et stupide. Autre constat agaçant : plusieurs perso de notre groupe se déplacent tout seuls sans qu'on leur ait ordonné quoi que ce soit lors des phases de combat, ce qui entraîne des situations fâcheuses quand des sorts de zone comme toile d'araignée ou nuage puant ont été lancés. Ces derniers se retrouvent pour le coup malencontreusement immobilisés dedans, nous privant ainsi de la moindre action. Le pathfinding de cette version enhanced édition n'a malheureusement pas subi de modification et demeure donc le plus gros point faible du titre. On doit malheureusement sans accommoder tout au long de cette longue et palpitante aventure.
On regrettera aussi quelques idées saugrenues qui alourdissent quelque peu le gameplay comme le fait de devoir dormir ou attendre un moment pour que les sorts changés dans notre livre ou parchemin de sélection soient utilisables ou encore de devoir identifier à nouveaux des items (flèches, potions, parchemins de magie, etc...) que l'on a déjà identifiés à maintes reprises.
Ces petits défauts ne sont pas bien méchants, mais c'est une perte de temps et ça casse un peu le rythme inutilement. Enfin surtout les changements de sorts, car la grande variété d'ennemis ayant des forces et des faiblesses dissemblables nous obligent très souvent à les changer une fois bien avancé dans l'histoire. C'est d'autant plus pénible qu'on se fait attaquer 4 fois sur 5 quand on essaye de dormir pour récupérer de la vie en territoire hostile.
Icewind Dale à la réputation d'avoir des combats plus difficiles que ces homologues appartenant à la famille des donjons et dragons. Les temps morts sont rares, les ennemis sont retors et la plupart du temps en surnombre. En outre, ils nous tendent régulièrement des embuscades et pour couronner le tout, il y a une flopée de pièges (détectables) dissimulés dans le sol qui n'attendent que nous pour marcher dessus. En effet, le rapprochement des combats nous laisse peu de répit, ils nous maintiennent continuellement sous pression.
Même si le jeu est plus orienté combat qu'un Baldur's Gate d'après les dires de certains, les dialogues n'en restent pas moins finement écrits et la traduction en français est irréprochable. Bien qu'assez classique, l'histoire nous tient en haleine du début à la fin et les rebondissements au cours de notre enquête semée d'embûches sont légion et ils entretiennent parfaitement l'intrigue.
En plus d'être en parfaite adéquation avec l'ambiance de l'instant, les morceaux de musique classique sont d'une virtuosité instrumentale à couper le souffle et font partie des plus beaux que j'ai eu l'occasion d'écouter.
Limitation de caractères...
Un grand moment dans mon histoire de gamer.
18.5 / 20