Obtenu avec le Xbox Game Pass Ultimate.
Config : CPU AMD Ryzen 5 3600, GPU Nvidia RTX 2060 Super, RAM 16Go DDR4 3200CL16, SSD NVMe.
1986, U.R.S.S. alternative, vous êtes un combattant de rue exprimant ses talents dans un camp de gitans. La Bratva, organisation gouvernementale mafieuse, vous kidnappe pour expérimenter une nouvelle drogue : la Nekro. Après vous être évadé, vous manifestez votre mécontentement quant à votre statut de cobaye en défonçant tout le monde. Motivé par la vengeance, vous deviendrez malgré vous un acteur majeur de la révolution.
Que penser de cette histoire ? Je n'en suis pas sûr, mais au moins c'est original. Et très bavard, aussi. Mieux vaut se concentrer sur les relations entre personnages et les divers rebondissements que sur l'aspect politique. Quel qu'il soit, d'ailleurs. Il fallait aux développeurs un univers fantasmé à outrance, un folklore riche, ainsi qu'une iconographie facilement identifiable, qui évoque la corruption et les massacres de masse.
Beat 'em up classique de prime abord. Coop locale ou avec IA, pas de online. Quatre personnages jouables : Sergeï, sorte d'Axel de "Streets of Rage", équilibré, avec un léger avantage de vitesse et saut. Boris, quasiment identique, en plus vieux. Ivan, l'armoire à glace, tout en force et portée. Et la jeune Natasha, sûre de sa vitesse et de ses saut. Les déplacements sont rapides, grâce au dash mais pas uniquement, et souvent au détriment de la précision. Il est impératif de savoir gérer les distances et le placement, car ce jeu ne pardonne pas.
La palette de coups est complète : punches enchaînés ou chargés, coup fort, coup de pied sauté, projection(s), chope aérienne, ground & pound, coups dashés...de nombreux combos sont possibles. Et les armes trouvées sur notre chemin : extincteur, cuvette de WC, rat mort, poteau électrique, bidon d'essence, seringue usagée, accordéon, tronçonneuse, etc. De plus, le couteau, tesson de bouteille, katana, revolver, fusil à pompe et kalachnikov tuent en un coup. Vous aurez largement de quoi massacrer tout se bouge.
La drogue Nekro permet de se redonner un peu de vie, ainsi que d'entrer en mode Berserk (furie). On est plus rapide, puissant, et capable d'exécuter un ennemi à l'aide d'une violente fatalité. On récupère de la Nekro sur des ennemis vaincus qui convulsent au sol pendant quelques secondes. Le timing est serré. Il est donc essentiel de surveiller sa jauge de vie, celle de Nekro, et d'en glaner dès que possible sans se faire interrompre par d'autres ennemis. Une mécanique simple, seul moyen de survivre.
En voilà, du gros pixel qui tâche. Très gore, grand-guignolesque. Les corps sont tuméfiés, décapités, déchiquetés, explosés. Glauquissime dans ses thématiques, tout ceci n'est pas à prendre au 1er degré, mais pas vraiment drôle non plus. Par contre, on soulignera ses qualités artistiques, avec une mise en scène maitrisée et inventive, qui joue bien avec le rythme, les passages psychédéliques, les éclairages...une stylisation forte et marquante.
Techniquement, c'est pas mal. Les différentes animations et effets sont dans l'ensemble une réussite. Aucune option graphique particulière, le jeu n'est pas gourmand et tourne sans problème. Les musiques synthwave de Vincent "Fixions" Cassar sont excellentes, et les bruitages bien crades. Pas de voix, uniquement du texte, et les dialogues sont en majuscules sans accents ("À", "É", "Ç", etc.), ce qui gêne la lisibilité.
Environ 2h30 pour un 1er run. Trois niveaux de difficulté, 8 chapitres rejouables, 2 fins. Le scoring prend en compte les morts, combos, et le temps. Le mode Arène propose 10 environnements, et finir la 10ème vague débloque une nouvelle sorte de Nekro. Le défi est relevé, et à moins d'être très habile en crowd control et d'enchaîner parfaitement, on est vite submergé. Un manque de contenu, donc, mais la difficulté pourra tenir en haleine les plus complétistes et acharnés.
Au final, il s'agit d'un bon petit jeu à l'ambiance unique. Contexte géopolitique osé, personnages barrés, ultra violence (gratuite), trips délirants, passages malaisants et sonorités retro le font sortir du lot. On pourra regretter un gameplay parfois approximatif, et une trop courte durée, même si les segments sont variés. On ne s'ennuie jamais, dans le mode Histoire tout du moins. Les Français du studio Le Cartel livrent ici une expérience aussi fun qu'inattendue. Vous vouliez un "Street of Rage x Hotline Miami" ? Vous êtes servis.