Impossible de rester de marbre face à Star Wars Galaxies. On pouvait détester ce jeu, ou l’adorer. C’est le parti pris que je prends ici, en essayant de rendre hommage à un monument du MMORPG, sandbox particulièrement bien fait qui aura marqué tout ceux ayant eu le courage de comprendre les mécaniques de ce bijou.
Précisons-le d’entrée, le jeu n’était pas équilibré. Certaines classes étaient particulièrement fortes et les développeurs n’ont rien fait pour rééquilibrer le tout. Les bugs aussi, omniprésents, faisaient le charme du jeu. En parlant d’équilibre, impossible d’éluder les Jedi. Voir les Jedi comme une classe classique dans un MMO doit rendre fou tout ancien joueur de SWG (parlant bien sûr de la période pre NGE, après cela, et jusqu’à sa mort, le jeu proposait de joueur une classe « Jedi »).
On ne choisissait pas sa classe à la création de personnage, il existait une multitude d’arbres de compétence que l’on montait à notre gré : on pouvait être soigneur / combattant à mains nues ou architecte / danseur. Tout était permis et toutes les classes présentaient un avantage, avec une préférence personnelle pour les chasseurs de prime, dont les missions consistaient à chasser de vrais joueurs (les Jedi, stress garanti des deux côtés) qu’il fallait pourchasser à travers la galaxie. En résumé, il était possible de tout faire, être politicien, danseur, crafteur, etc, sans ne jamais s’ennuyer.
Devenir Jedi demandait du temps, de la chance, très peu de joueurs avaient cette opportunité. S’en suivait une sorte de rite initiatique jusqu’à débloquer un second slot de personnage. Alors oui, point explicatif : pas de reroll dans SWG, un seul personnage. Cela favorisait l’immersion. Deuxième point : au début, les personnages Jedi étaient particulièrement forts, mais pouvaient mourir… pour de vrai. Au bout de quelques morts, fini, plus de Jedi, le personnage est supprimé. Imaginez-vous cela dans un jeu de nos jours ?
Le jeu, dès le départ, proposait un système de housing et de ville de joueurs. Les fonctionnalités étaient d’ailleurs particulièrement poussées, comme tous ce qui touchait au RP. Sans que cela ne devienne rédhibitoire. Des planètes immenses défigurées par des villes, ou simplement maisons sauvages de joueurs, la plupart abandonnées… Combien d’heures passées à visiter ces vestiges ? Combien de kilomètres parcourus à la recherche de l’endroit idéal où construire son paradis ? Car oui, tout étaitpossible. Encore fallait-il disposer des éléments nécessaires à la construction de ce que l’on désirait. Autrement dit, il fallait un ami crafteur.
Le craft… un métier et une classe à part entière. N’était pas crafteur qui voulait. Pas de coup de pioche par ci par là durant des séances de levelling pour fabriquer une magnifique tiare que l’on s’empressera de revendre au vendeur sans personnalité le plus proche. Ici, être crafteur est une vocation. Pour extraire les matériaux, il fallait les outils adéquats que l’on laissait travailler quelques jours avant de venir récolter le butin. Et il fallait prospecter, la qualité des ressources évoluant du temps : avoir trouvé un bon spot ne garantissait aucunement une rente pérenne. Ensuite il fallait crafter. La qualité des ingrédients ne dépendaient pas de la qualité de votre blueprint mais des ingrédients. A ce titre, les armures n’étaient donc qu’un skin puisque leur qualité dépendait des ingrédients utilisés. Je ne m’étendrai pas sur la complexité d’un système qui est aujourd’hui probablement ce qui s’est fait de plus complet dans un MMORPG.
On ne fait ici qu’effleurer les possibilités offertes : l’entertainement, les couturiers, les chirurgiens plastiques, les villes de joueurs, les événements récurrents (ah, Vader et ses amis à Theed…), la recherche des Points of Interest afin de croiser les personnages / endroits importants de la saga, etc. Tout cela ne servait pas à obtenir une meilleure arme ou armure, non cela servait simplement à s’amuser. Et comme tout était possible, chaque connexion à ce jeu promettait une aventure différente et prenante.
Quelle ne fut donc pas la déception engendrée par SWTOR… loin de tout ce qui a pu valoriser la licence Star Wars, un jeu creux et bien trop classique pour répondre aux attentes des fans de SWG. Toutefois, les espoirs soulevés par The Repopulation (les créateurs du jeu s’inspirent directement de SWG) et, dans une moins mesure, d’Archeage font revivre chez tout ancien joueur de SWG une faible lueur d’espoir. Peut-être qu’un jour, un MMORPG permettra de revivre ce qui a fait les plus grandes heures de ce jeu.