Zeno Clash était une vraie perle indé, avec un gameplay aux petits oignons et un univers unique (je parlerais de "stonepunk sous acides"^^)
Mais malgré un bilan très positif, on sentait le potentiel d'Ace Team limité par un budget réduit et la taille de l'équipe...
Suite directe du premier, ZC2 est l'occasion pour eux d'essayer de se rapprocher de ce qui était visiblement leur volonté de départ (projet Zenozoik), à savoir un FPS openworld. On ne peut que saluer la volonté de relier les différentes zones, son prédécesseur ayant un aspect très découpé à coup d'arènes successives.
L'ambiance de ZC2 est un peu plus mélancolique (peut-être est-ce dû aux jeux de couleurs plus fades)... Empreinte d'un peu de poésie, aussi. Plutôt plaisant.
Sur le papier, un Zeno Clash open-world "à la Stalker" c'est le bonheur (imaginez, se balader librement dans un univers aussi dingue, avec un cycle jour-nuit, etc...). Mais en pratique, si les environnements sont toujours magnifiques et uniques, l'agrandissement des zones a mené à une désagréable sensation de vide dans la plupart. Trop peu d'ennemis pour un jeu axé combat (et généralement peu agressifs), aucune interraction avec le décor possible...
Pour continuer dans les déceptions, le jeu est à la fois "vide" et "fouillis". La carte est totalement inutile et inexploitable, et la pauvreté des indications et certaines maladresses de leveldesign font qu'on est simplement obligé de suivre bêtement la flèche d'objectif sans chercher à comprendre, l'exploration n'étant en plus de cela que peu récompensée - les quelques objets -servant à remplir les objectifs annexes- se trouvant toujours "sur le chemin" sans qu'il soit nécessaire de fouiner.
On aborde ici le petit côté "rpg" du titre, malheureusement lui aussi assez inutile... les quêtes annexes (qui se comptent sur les doigts d'une main...) sont dignes de MMO coréens, le semblant de choix qui nous est offert (au début de l'aventure) est tout simplement inutile, le système d'augmentation des stats (via des totems à trouver) est intéressant, mais était-ce vraiment nécessaire au final ?
Parce que le coeur du jeu, la moitié de l'intérêt du premier, c'était les combats.
Pour le coup, les armes à distance sont devenues réellement secondaires (Ouf !), et on peut désormais recruter des compagnons qui pourront éventuellement nous aider pendant les combats les plus difficiles. Bien joué.
ZC2 a aussi été l'occasion de revoir le système de combat. Grave erreur. Ils sont désormais un peu molassons et lassants à la longue... On peut désormais faire différents combos, mais certains sont tellement ridiculement longs et complexes qu'on se surprend à les oublier totalement... on spamme les clics, et c'est tout. Et ca marche. Trop bien, même... tout est devenu beaucoup trop simple. De plus, la stamina, plutot bien gérée dans ZC, est devenue "cheatée" tant elle remonte rapidement.
Mais ZC2 voit l'ajout de "pouvoirs" plutôt originaux et intéressants, qui, s'ils ne sont que peu nombreux, diversifient un peu le gameplay et sont très bien exploités en combat comme en exploration.
Passons à l'histoire et au background.
ZC2 est la suite directe du premier, et commencer avec le 2 est à peu près exclu tant l'histoire est toujours aussi étrange et peu compréhensible.
Niveau background, le jeu est cette fois-ci un peu plus riche (via quelques PNJ, et stèles). On est toujours un peu dans le brouillard, mais c'est intéressant de débloquer un peu de background en récompense...
Pour un openworld, la durée de vie est ridicule - je l'ai fini à 100% en neuf heures, soit le double de ZC1. Mais elle se cale sur la moyenne haute des FPS actuels, ce qui est un très bon point pour un jeu aussi original, vendu moins de 15 euros.
En plus de ça, un mode multijoueur est disponible, mais je ne l'ai pas testé.
Comme pour son prédécesseur, la direction artistique de Zeno Clash 2 touche au génie, au vrai, celui qu'on ne retrouve que dans une poignée de jeux depuis l'origine du jeu vidéo, carrément.
ZC2, c'est donc une excellente idée sur le papier, un peu moins dans la pratique. Beaucoup de petites nouveautés sympas mais parfois dispensables, et un système de combat qui a régressé...
Quoiqu'il en soit, au prix que ça vaut, ZC2 est comme son aîné, un FPS très rafraîchissant bourré de plein de petites idées sympa. A faire, ne serait-ce que pour sa direction artistique.