Depuis Heavensward, FFXIV a constamment repris la même formule pour chaque extension, avec une histoire toute différente, et pas moins épique à chaque fois.
On arrive dans un nouveau lieu, s'harmonise avec les étherites, explore et débloque le vol en jouant de la boussole, et l'on enchaine tous les niveaux impairs un donjon (1, 3, 5, 7 et 9, puis donjon final 10) pour enfin terminer en apothéose, en poutrant un giga big boss. Le tout ponctué de 3 "Défis", des boss en équipe de 8 qui demandent une attention certaine, ainsi que plusieurs évènements en solo représentant souvent des défis ardus (mais dont il est possible de diminuer la difficulté de "Normal" à "Très Facile").
Cette extension ne déroge pas à la règle, avec, il faut le dire, une certaine impasse. On pourra s'émouvoir de certains passage de l'histoire, mais l'épicness est bien moins présente. La faute à un Endwalker qui avait mis la barre trop haute, sur fond d'apocalypse et d'une infinité de monde, mais avait également permis une jolie résolution des conflits entamés sur A Realm Reborn, avec son lot de clin d'oeil. Comment ne pas ressentir une sorte de molesse, voire de vide, en arpentant les terres de Tural ?
Certes, les zones sont belles, mais en deça de tout ce qu'on a pu voir depuis Heavensward. L'histoire est attachante par moment, mais le personnage de Wuk Lamat est omniprésent et pas forcément bien écrit (on aime ou on aime pas). On sent bien que cette extension est une sorte de pause.
La dernière zone, et le thème principal de la gestion du deuil, sont les choses à retenir de ce voyage singulier, bien que quelque peu oubliable, tout comme on nous invite à accepter que tout soit éteint. En premier lieu, on se dit que toute cette longue quête est récompensée par ce gigantesque parc d'attraction aux couleurs chatoyantes, mais on se rend bien vite compte de la menace, qu'on affronte fatalement à la toute fin.
Tout n'est pas à jeter, loin de là, mais on sent que la formule ici ne prend pas autant qu'avant, et que certains poussifs (fondus au noir, nombre de cinématiques, quêtes qui demandent bien trop d'aller parler à un PNJ (uniquement), et le plus souvent Wuk Lamat... Encore une fois, si on apprécie son caractère, le tout passe, et d'ailleurs, courage à tout épreuve oblige, elle a ses moments de gloire qui font plaisir. Seulement voilà, le système, auquel on devrait être pourtant habitué depuis le temps, et donc l'apprécier, montre ses limites, surtout quand le héros qu'on incarne ne prend pas une place prépondérante comme à l'accoutumée.
Les décors profilent agréablement bien le Pérou, l'Amazonie ou encore les terres des natifs nord-américains (cheyennes ?), et se perdent à la fin dans la robotique et l'IA au goût amer ; les donjons offrent des sentiments similaires, avec toujours d'agréables (ou pénible, c'est selon) challenges et autres zones au sol à éviter.
Ayant poussé le Rôdeur Vipère (Viper) jusqu'au niveau 90 avant d'entamer cette nouvelle aventure, j'ai pu grandement apprécier tous ses aspects, nerveux à souhait, des combos qui s'enchainent bien et aux animations sublimes, à tel point que j'en ai fait mon job de coeur dont il devrait être difficile de m'en séparer (de même que j'avais été main Dragoon à Heavensward, Samurai à Stormblood, DK à Shadowbringers et Faucheur à Endwalker... incarnation du WoL oblige ! Oui oui, cherchez pas, c'est juste ma fixette). Quand au job de Pictomancien, il est assez original et sympathique, mais sans doute pas assez pour moi qui ne suis pas très Cast dans l'âme.
Curieusement, ce que j'ai particulièrement apprécié, ce ne sont ni les donjons ni les défis (bien qu'intéressants), mais les events. S'il m'est arrivé de choisir l'option Très Facile dans d'autres extensions, ce n'était qu'en des cas très rares où le combat me saoulait plus qu'autre chose, mais ici, j'ai particulièrement apprécié et n'ai rien laissé, en y revenant une ou deux fois, mais dans la difficulté originale. Mon moment préféré, ce combat assez jouissif contre Zoraal Ja. Peut être en partie parce que c'est celui de la cinématique et que j'étais en Viper ! (non, c'est totalement ça en fait.)
En somme, une expérience agréable, mais qui a failli me faire perdre patience, et surtout m'a fait ressentir un manque d'épique assez puissant. Pas une mauvaise extension selon moi, mais la moins bonne de toutes, à coup sûr. Reste à voir le retour d'autres joueurs qui décideront (comme la communauté est très écoutée) de l'avenir du jeu. En attendant, un 15 est de rigueur.