18/20 — Exceptionnel
Je dois avouer avoir découvert Arknights: Endfield en regardant une vidéo critique de Sheshounet. Honnêtement, sans ça, je n’aurais probablement jamais lancé le jeu une seule seconde. Les gachas, très peu pour moi : je n’aime ni leur modèle économique ni leur manière de structurer la progression.
Et pourtant, me voilà à y jouer.
Développé par Hypergryph, déjà connu pour Arknights, Endfield est assez trompeur au premier abord. Il se présente comme un gacha classique pour attirer un certain public, mais il s’en éloigne finalement assez vite dans sa structure et ses ambitions. On retrouve bien une introduction qui rappelle des titres comme Genshin Impact, mais la comparaison s’arrête rapidement.
Là où le jeu m’a réellement accroché, c’est sur son système de construction d’usine. C’est clairement le cœur de l’expérience, et on sent que les développeurs ont mis énormément d’attention sur cet aspect. Le jeu prend le temps, parfois peut-être un peu trop, d’expliquer chaque mécanique en détail via un tutoriel très dense. Mais une fois passé ce cap, tout devient remarquablement clair et logique.
La gestion des ressources est particulièrement réussie : si un matériau vous manque, le jeu ne se contente pas de vous laisser vous débrouiller. Il vous guide intelligemment vers les moyens de l’obtenir, que ce soit via l’exploration, la production ou l’optimisation de vos chaînes de fabrication. Et c’est là que le système devient vraiment intéressant.
On ne se contente pas de poser quelques bâtiments : il faut penser en termes de flux, d’optimisation, de transformation des ressources. Les lignes de production s’imbriquent entre elles, les machines doivent être alimentées efficacement, et chaque amélioration débloque de nouvelles possibilités. On est presque plus proche d’un jeu de gestion ou d’automatisation à la Factorio que d’un RPG classique. Cette profondeur donne une vraie satisfaction, surtout quand on commence à maîtriser ses chaînes de production.
Côté exploration, j’ai trouvé la première zone, la vallée, assez en retrait. Elle fait le travail, mais reste relativement classique. En revanche, la seconde région, Wuling, change complètement la donne. L’ambiance y est bien plus marquée, les décors sont impressionnants, et la direction artistique prend une toute autre ampleur. La cité de Wuling en particulier est une vraie réussite : dense, vivante, et visuellement marquante. Même en comparaison avec d’autres RPG asiatiques modernes, le résultat est franchement impressionnant.
Tout n’est pas parfait cependant. Le jeu souffre d’un excès de fan service assez dommageable. Les personnages sont souvent très stéréotypés, et la surabondance d’éléments visuels racoleurs (notamment sur certains designs) finit par casser un peu l’immersion. À la longue, ça détourne l’attention de ce qui fait réellement la force du jeu : ses systèmes et son univers.
C’est d’autant plus frustrant que Arknights: Endfield a un vrai potentiel. Derrière son apparence de gacha se cache une expérience bien plus riche et ambitieuse qu’il n’y paraît. Si les développeurs parviennent à recentrer leur approche sur leurs points forts, notamment la gestion et le worldbuilding, tout en limitant ces excès, ils tiennent quelque chose de vraiment solide.