14/20 — Assez bon
Run’n gun en vue aérienne développé par Capcom, Gun.Smoke rappelle fortement Commando pour ses niveaux à traverser de bas en haut en tirant sur de nombreux ennemis. Son gameplay le rapproche toutefois d’un shoot’em up comme 1942 avec son avancée à défilement vertical, qui oblige le joueur à suivre un certain rythme. Ce dernier incarne un chasseur de primes à l’époque du Far West, prêt à dézinguer dix criminels pour s’en mettre plein les poches. Le gameplay a l’originalité de proposer trois boutons pour autant de directions vers lesquelles tirer : un tir vers le haut, un à 45 degrés sur la gauche et un à 45 degrés sur la droite. En appuyant sur deux touches simultanément, il est même possible d’obtenir deux angles de tir supplémentaires.
Les dix niveaux du jeu comportent de nombreux ennemis qui surgissent de tous les côtés, ainsi que des obstacles comme des rivières et des ponts limitant les possibilités de déplacement. Le moindre impact (qu’il s’agisse d’un tir ennemi, d’une explosion, du piétinement par un taureau ou d’un coincement dans le décor) étant fatal au héros, les niveaux contiennent deux points de contrôle à partir desquels recommencer avec une vie en moins. Le joueur peut également collecter plusieurs types d’objet en brisant des tonneaux, dans la limite de cinq par catégorie, pour améliorer ses capacités : les bottes pour se déplacer plus vite, les fusils pour augmenter la portée des tirs et les cartouches pour la vitesse des tirs. Outre la perte d’une vie et les crânes qui réduisent d’une unité chaque catégorie, chaque début de section finale cache un cheval qu’il est possible de monter pour encaisser deux attaques supplémentaires.
Chaque fin de niveau se termine par un boss ayant sa propre arme et ses propres patterns. Entre quatre et huit tirs bien placés sont nécessaires pour en venir à bout, sachant qu’il est très difficile d’en toucher certains. Et c’est là que le bât commence à blesser car si le jeu est d’une fluidité irréprochable, le face-à-face avec le premier boss montre déjà qu’il y a un sérieux souci dans le dosage de la difficulté. Si les ennemis se montrent trop nombreux de manière générale, cela devient vite infernal face aux boss avec un personnage qui ne peut encaisser le moindre coup avant de tomber. Les niveaux sont déjà assez longs de base avec un level design qui se renouvelle peu sur la durée, mais les développeurs ont en plus eu la présence d’esprit de rendre le sixième niveau trois fois plus longs, ce qui le rend infernal à terminer.
Ajouté à cela que l’augmentation de la portée et de la vitesse des tirs est à peine perceptible, on se retrouve face à un jeu à la difficulté tellement indécente que même le terminer avec des save states illimitées relève du miracle, ce qui est très dommage tellement son game design est bien pensé. Porté sur plusieurs micro-ordinateurs, Gun.Smoke est également adapté sur NES en 1988 dans une version bien plus abordable grâce à la limitation d’apparition simultanée des sprites. À noter que le nom du quatrième boss, issu de son arme Cutter Boomerang, sera réutilisé par Capcom dans Mega Man X. En 1991, une suite intitulée Desperado 2 paraît sur DOS, Amstrad CPC, MSX et ZX Spectrum.