Héritier de jeux comme Scramble, Vanguard et Super Cobra, Gradius est le shoot’em up à scrolling horizontal ayant fortement popularisé et influencé le genre au milieu des années 1980. Développé par Konami, il met en scène l’iconique vaisseau Vic-Viper le long de sept niveaux qui s’enchaînent en un seul défilement. La borne a la particularité de proposer trois boutons différents : un pour le tir principal, un pour les missiles air-sol et un autre pour valider le type de bonus souhaité. Déjà apparu dans des jeux comme 1942, le système de power-up apporte une dimension stratégique en permettant de choisir parmi plusieurs améliorations indiquées sur une jauge selon le nombre de capsules ramassées après avoir détruits des ennemis. On peut ainsi augmenter plusieurs fois la vitesse de déplacement, obtenir un bouclier sur l’avant du vaisseau, les fameux missiles, un tir complémentaire orienté à quarante-cinq degrés vers le haut ainsi qu’un puissant laser ne pouvant pas être cumulé avec ce dernier.
La principale innovation vient de l’apparition de modules indestructibles qui suivent la trajectoire de Vic-Viper et reproduisent ses tirs. Pouvant s’accumuler jusqu’à quatre, ils permettent de considérablement élargir sa surface de tir. Une mécanique reprise et approfondie dans de nombreux jeux du genre, à commencer par R-Type. Véritable pilier de l’univers Konami, Gradius opte pour un level design sobre et efficace alternant les larges zones avec d’étroits espaces plus délicats à traverser. Les ennemis sont nombreux et anticiper leur destruction est primordial pour éviter que le tirs ne fusent de partout. Le moindre impact détruit en effet Vic-Viper, ce dernier réapparaissant toutefois à un endroit proche de sa mort pour compenser avec la perte de toutes ses améliorations, qu’il faut aller réobtenir en ramassant des capsules. Le game over apparaît toutes les trois vies perdues et devient définitif après trois continues utilisés, obligeant le joueur à recommencer depuis le premier niveau.
Difficile sur la durée, le jeu se montre particulièrement retors lors du quatrième boss, qui demande un placement très précis pour échapper aux tirs, et durant le couloir final du dernier niveau, l’étroitesse des lieux et la prolifération des ennemis donnant plus d’une occasion de subir un dommage. La particularité du boss final est qu’il se détruit automatiquement même si on se montre passif, l’expéditive cinématique de fin laissant de nouveau place au premier niveau, dans la grande tradition des jeu d’arcade de l’époque. Adapté sur NES, PC-88 et MSX en 1986, sur divers autres micro-ordinateurs en 1987 et sur PC-Engine en 1991, Gradius est également le jeu qui a inauguré le Konami Code sur la console de Nintendo, qui permet de commencer avec divers bonus. Un grand classique parmi les plus impactants de l’histoire du jeu vidéo !