Run'n gun en vue aérienne préfigurant des jeux comme KiKi KaiKai, Sega Ninja (sorti sous le nom de Ninja Princess au Japon) est un des premiers jeux de l’histoire à proposer une héroïne jouable. Au contrôle de la princesse Kurumi, le joueur doit alors traverser seize niveaux pour mettre fin au règne d’un tyran dans une province éloignée. Graphiquement très sobre, Sega Ninja tire son épingle du jeu par la variété de ses environnements, allant des jardins à la court du château en passant par la rivière. On trouve à la fois des niveaux où le joueur doit lui-même se diriger vers le haut tandis que d’autres sont à défilement horizontal ou diagonal. Les obstacles apportent encore plus de variété entre les rochers qui tombent, les chevaux à éviter, l’avancée difficile sur les rondins de la rivière et l’escalade des remparts.
Contrairement à la plupart des run’n gun, Sega Ninja propose des attaques à base de couteaux de lancer à la place des habituelles armes à feu. Si la touche principale garde les lancers dirigés à la verticale, l’autre permet de viser librement dans huit directions. Composée de ninja, de samouraïs et de chiens, les ennemis fusent rapidement de partout, un upgrade pouvant transformer les couteaux en shurikens pour en éliminer plusieurs en un seul lancer. Bien qu’il soit possible d’esquiver une attaque en devenant invisible pendant une seconde, le moindre impact suffit à mettre l’héroïne à terre, avec seulement trois vies par continue. Le caractère illimité de ces derniers permet toutefois de temporiser la difficulté du jeu.
Chaque niveau se termine par l’arrivée d’un boss, toujours le même sur les trois quarts des environnements, qui se montre de plus en plus agressif mais dont la faible résistance permet de s’en défaire rapidement. Le véritable antagoniste surgit alors durant des derniers niveaux, bien plus coriace avec ses tirs en rafale. Un bon classique de l’Arcade porté sur SG-1000 et MSX en 1986, puis sur Master System sous le nom de The Ninja, l’héroïne étant remplacée par un homme nommé Kazamaru pour se conformer aux standards occidentaux de l’époque.