D'entrée, ce qui attire l'attention avec Vectorman, c'est la claque graphique qu'il démontre avec ses décors au niveau de détail poussé et avec parfois l'utilisation d'éléments 3D. La MegaDrive avait besoin de sa claque graphique, au même titre que Nintendo l'a eu avec Donkey Kong Country qui avait fait coulé beaucoup d'encre, il fallait bien que Sega réponde à ça. La fluidité des animations et de la vitesse du jeu sont au top, les décors et les différents effets visuels tapent direct dans l’œil. Mais ce qui fait vraiment la qualité de Vectorman et qui fait que les joueurs y reviendront, c'est son gameplay et son level design. Car oui si la réalisation est impressionnante, l'univers froid et robotique donnent lieu à des décors qui se répètent et à des couleurs toujours dans la même palette sombre et froide, une ambiance renforcé par la musique tecno au son tout aussi mécanique que son univers. C'est au final dans son gameplay que tout se joue vraiment. Le jeu propose un plate-formeur/shooter au gameplay bien nerveux et aux commandes qui répondent avec vivacité, parfait pour parcourir de longs niveaux sans temps mort. Vectorman répond au doigt et à l’œil, et rapidement, que ce soit sur terre, sur mer, ou surtout sur l'air, là où il est le plus agréable à le contrôler avec son double saut en forme de turbo boost offrant tout un panel de possibilités de déplacements à travers le niveau. S'ajoute à ça de nombreuses transformations et autres bonus d'améliorations du tir grâce aux items bonus que l'on récupère au cours de route, qui ne fait qu'accentuer l'aspect virevoltant du jeu.
Cette qualité au niveau du gameplay est couplé par des niveaux au level design travaillés. Les niveaux comporte moult zones cachés et raccourcis qui ne demandent qu'à être découvert à travers leur exploration minutieuse. Le jeu récompense énormément le joueur qui explore en lui offrant une importante quantité de bonus lui permettant de récupérer de la santé ou de gagner des vies entre autres, rendant de ce fait un jeu difficile en bien plus accessible. En effet, le jeu est réputé comme étant difficile, mais en réalité, si l'on prend la peine de bien explorer chaque niveau, il ne le devient plus tant que ça grâce aux nombreux bonus que l'on trouve. J'ai eu à chaque nouvelle partie de moins en moins de mal à la terminer en poussant toujours plus loin l'exploration, et c'est dingue la quantité de zones secrètes dans chaque niveau, à chaque nouveau passage j'en découvre une nouvelle ! Et c'est là que viens ma première interrogation de choix de game design que je trouve vraiment douteux, qui est celui du temps limité. Pour finir chaque niveau l'on dispose d'un temps limité assez serré, je n'ai pas compris l'intérêt d'une telle chose alors que le jeu incite à l'exploration ! En explorant les niveaux forcément on perd beaucoup plus de temps, et donc on se retrouve plus facilement à court de temps et l'on perd une vie, ce qui m'arrive une fois sur deux. Ce qui est plus curieux, c'est que le jeu ne prends même pas la peine de récompenser notre exploration en nous offrant des bonus de temps dans les zones cachées, un véritable handicap que je ne peux expliquer tellement elle est contradictoire avec l'esprit du level design ! C'est pour moi le plus gros défaut de ce jeu. J'ai aimé le fait que le jeu propose des niveaux spéciaux qui se jouent très différent avec un gameplay unique pour varier un peu, mais je trouve que ceux-ci au final n'arrivent pas à pousser plus loin leur concept et restent trop simples. Par contre le bonus stage j'ai bien aimé, très simple et bien efficace comme il se doit. Les boss jouent aussi la carte de la variété en proposant des combats et des monstres toujours différents.
Au-delà de la claque graphique qu'il représente, Vectorman fini par vraiment attirer l'attention par son gameplay dynamique et intuitive, ainsi que par son level design complexe incitant à la rejouabilité pour découvrir toujours plus de nouvelles zones, et donc optimiser son parcours vers le boss final en récoltant les bonus cachés. La présence d'un temps limite serré et l'absence de bonus de temps constituent une véritable interrogation et à mon sens une erreur de game design, et ses décors toujours froid et aux mêmes couleurs font vite oublier la claque graphique du début. On retiendra un jeu à la maniabilité solide et au level design poussé, soutenu par un rythme effréné et une volonté de variété, au prix de quelques défauts qui ne l'empêche pas d'être considéré comme un grand jeu de la MegaDrive.