Après un Landstalker très carré mais très réussi, la Mega Drive s'offre un deuxième jeu d'action aventure traduit en français du nom de Soleil, qui emprunte une fois de plus beaucoup à Zelda. Il se passe dans un monde où les humains vivent entre eux sans pitié pour les monstres. On commence dans un village tout ce qu'il y a de plus classique avec un château et son roi, mais qui a l'originalité d'avoir une aire de jeux juste à côté. On en arrive vite au camp d'entraînement où, muni de notre première épée, il nous est proposé de parcourir trois niveaux d'épreuves afin de gagner des médailles, nous permettant plus tard d'avoir une épée de héros auprès du roi. Le gameplay est proche de celui de Zelda dans le sens où on n'attaque qu'avec une épée et nos pouvoirs viennent d'un inventaire que l'on remplit tout au long de l'aventure. Le thème du jeu est moins celui de l'écologie que celui du respect de tous êtres vivants : en effet, on en arrive vite à ne plus pouvoir communiquer avec les humains au profit de la communication avec les animaux et les végétaux, et bon nombre d'entre eux nous prêtent main forte directement dans notre inventaire. Ainsi, le lion met notre épée en feu, le pingouin en glace, la lapin nous apprend à sauter, l'éléphant à soulever des objets lourds, le guépard nous fait courir très vite et donc sauter plus loin. En en mixant deux, on peut même obtenir des effets très intéressants. Acquérir de nouveaux animaux est indispensables pour pouvoir avancer dans le jeu et découvrir de nouveaux endroits, mais certains animaux restes optionnels et cachés, comme le castor. Comme dans tout bon jeu d'aventure, on traverse toutes sortes d'environnements en combattant de nombreux monstres. Comme dans Zelda, on peut charger notre épée, mais contrairement à Link, le héros de Soleil la lance dans une direction et elle revient comme un boomerang (le jeu de mots sur trois armes n'étaient pas volontaire !) : on apprend même à contrôler son lancer et à la faire rebondir contre les murs. Les boss sont intéressants à affronter, notamment les tout derniers concernant les cinq sens, qui sont vraiment bien pensés. Par contre, et c'est là le principal défaut du jeu, là où Zelda et Landstalker proposent un certain challenge, la difficulté de Soleil se trouve être assez basse, les boss étant notamment bien trop faciles à battre et très peu résistants. Graphiquement, le jeu est très beau pour de la Mega Drive et son esthétique n'est pas sans rappeler celle de Soul Blazer et d'Illusion of Time, voire Secret of Mana pour la variété de ses environnements. Les musiques du jeu sont globalement très belles, certaines mélodies sont même juste magnifiques, comme celle de l'église que l'on retrouve en haut de la tour de Babel, riche en symbolique sur la répartition des langues. Côté scénario, l'intrigue est assez pauvre mais le background et la trame deviennent vite intéressants. Les animaux nous aident dans notre quête, qui nous est au début assez inconnue, et on peut même parler aux végétaux, notamment à ces fameuses marguerites qui nous demandent du fric pour cracher le morceau. Plus tard, on retrouve la communication avec les humains, notre parole devient alors médiatrice entre humains et animaux, pour ne pas dire entre humains et monstres. Car oui, ceux que l'on appelle si communément des monstres ressemblent en fait à d'autres animaux, comme ça peut être le cas dans bon nombre de jeux d'aventure et autres RPG. On est même transformé en l'un d'eux pendant un moment, où l'on comprend ce qu'ils ont à subir chaque jour en se faisant rosser par un humain. vers la fin, on est amené à revenir à certains endroits pour se débarrasser de boss qui, une fois vaincu, sous-entendent que l'on fait fausse route et qu'ils sont finalement innocents, qu'ils ne sont dangereux qu'autant que les humains le disent. Paroxysme de la cruauté : lorsque les monstres s'échappent de la prison du château, le village est envahi par quatre pauvres créatures qui vont se réfugier dans l'église, clament leur innocente et leur pacifisme comme jamais. Toujours est-il que le roi envoie deux soldats les tuer, le héros les laisse passer sans dire mot. Lorsque l'on retourne à l'intérieur, leur petit corps inerte en vieille 2D et l'étonnement des soldats comme quoi ils n'ont même pas cherché à se défendre ne peut qu'émouvoir, sans aucun besoin de magnifiques graphismes en full 3D de mes boules. On comprend alors que certains monstres peuvent ne pas être foncièrement méchants, voire qu'aucun d'entre eux ne le seraient si les hommes savaient les traiter autrement. Malheureusement pour la suite, le scénario peine à aller plus loin et le roi ne fait preuve d'aucune mégalomanie. La fin est cependant originale car on se retrouve à faire un dernier tour dans le village avant de le quitter et d'assister au générique de fin. Assurément un des meilleurs jeux de la MegaDrive et de la génération 16 bits.