Premier jeu de la compilation Guild 02 à arriver sur le eShop en Occident, The Starship Damrey, comme les précédents "petits" jeux de Level-5 n'aura clairement pas bénéficié d'une grosse promotion marketing. Tout au plus les éditeurs auront eu l'idée de décaler sa sortie d'une semaine pour éviter qu'il ne se retrouve dans l'ombre du nouveau Mario & Donkey Kong. Une joyeuse idée pour eux, moins bonne pour nous, peut être aurait-il mieux valu que The Starship Damrey reste dans les ténèbres.
Avec sa petite étiquette et son gros tarif, le nouveau jeu de Kazuya Asano et Takemaru Abiko (mais si, vous savez...) ne semble pas se destiner à n'importe qui.
Vendu comme un Survival-Horror sans tutorial ni aide quelconque et sans traduction française, il serait raisonnable de penser que le publique visé serait au moins aussi restreint que celui de Crimson Shroud (le brillant essai de Yasumi Matsuno pour Guild 01), et pourtant, en plus d'être excessivement accessible, TSD (abrégeons) se montre infiniment moins complet que son compagnon de guilde. Développons.
Si les premières minutes du jeu semblent en effet donner le ton en nous abandonnant sans la moindre instruction dans une capsule cryogénique avec pour seule compagnie un ordinateur défaillant, les deux heures de jeu restantes se révéleront bien vite n'être qu'une balade de santé. Sitôt aux commandes de notre petit robot d'entretien le jeu va se présenter comme une simple succession de phases d'exploration très limités car linéaire et de résolution d'énigmes par conséquent incroyablement simples. Il ne sera aucunement question de combats, ou autre paramètre pénalisant à prendre en compte. Comprendre que pour l'appellation "Survival", on peut repasser. Pour ce qui est de l'horreur, elle prendra la forme d'une projection lumineuse "kawaii", une gamine en robe blanche et chapeau de paille... L'HO-RREUR.
Bon, c'est bien beau, mais qu'est-ce que pourquoi ? Et on est où d'abord ? Dans l'espace, à bord du vaisseau Damrey. Vous êtes apparemment seul, et devez vous demander ce qui se passe ici. C'est aussi simple que ça. Seulement, que ce soit au fil des découvertes sans surprises ou du développement de certains aspects de l'histoire, rien ne permet de se sentir impliqué.
Entre l'absence totale d'ambiance, sonore ou visuelle (les décors sont tristes, répétitifs et les quelques bruitages vite insupportables), et la pauvreté des textes, on se demande encore ce qui peut être le plus dramatique pour ce genre de titre. La réponse est pourtant évidente, c'est le gameplay.
D'une certaine manière on peut dire qu'il est fonctionnel, et que c'est bien là l'essentiel. Mais au fond du capuchon, on se rend compte que les changements qu'on nous annonce vaguement à travers un "ceci ne pourra être bougé qu'à ce moment là", ou une notice d'utilisation des robots débordante de petites idées de gameplay ne sont que des leurs.
Des déplacements en ligne droite, un mode observation et un bouton d'action pour interagir avec l'environnement, un emplacement d'inventaire, voilà tout ce que vous aurez.
Heureusement, avec tout ça à gérer, les développeurs qui nous demandaient de préparer un stylo et un carnet on tout de même pensé à ajouter une map très claire des deux zones du jeu ainsi qu'un log, pour que les plus rouges poissons puissent se rappeler ce qu'ils viennent tout juste de faire. La difficulté retro dans toute sa splendeur.
Au niveau des options, on pourra noter l'absence de celles-ci, remplacées par de petits bonus textuelles simplement illustrés. Et pour ceux qui auraient investi dans l'un des jeux de la précédente compilation, encore un texte bonus, mettant en lumière un incroyable mystère. 'kidding.
Vous l'aurez compris pour 7.99€, vous n'aurez pas grand chose.
Un pas grand chose que je rentabilise comme je peux, en partageant mon "expérience" avec vous.
Vivement déconseillé.