Cette année, une nouvelle gamme d’iPhone voit le jour, mais l’iPhone Air est-il fait pour vous avec son design ultra-fin ? Fait-il des sacrifices pour réussir une telle prouesse ? Après quelques jours passés en sa compagnie, nous avons des réponses à vous apporter.
Au milieu des années 2010, les constructeurs de smartphones redoublaient d’ingéniosité pour proposer des produits qui sortaient de l’ordinaire. Parmi les modes éphémères permettant de se différencier de la concurrence, on peut citer la multiplication des capteurs photo ou encore la course à la finesse qui a un temps fait rage, notamment en Chine. En 2013, le Vivo X3 faisait forte impression avec ses 5,75 mm d’épaisseur, mais ce record n’a été que de courte durée puisqu’il a été dépassé la même année par l’Umeox X5 (5,6 mm) et plus tard en 2015 par le Uimi U5 (5 mm), l’Oppo R5 (4,85 mm) et l’Ivvi K1 Mini (4,7 mm).
Cette recherche du smartphone le plus fin a mené Apple à lancer l’iPhone 6 en 2014 qui, malgré son épaisseur de 6,9 mm, était particulièrement fragile, au point de se tordre dans nos poches. Ce « bendgate » et un attrait du public pour les téléphones proposant plus de 3 heures d’autonomie a alors poussé les marques à renverser la vapeur. Jusqu’à aujourd’hui.
Dix ans plus tard en début d’année, les smartphones pliables redoublent d’ingéniosité pour réduire leur épaisseur et Samsung dévoile le Galaxy S25 Edge, dont la tranche de 5,8 mm a impressionné celle set ceux qui l’ont pris en main. La réponse ne se fait pas attendre, puisqu’elle était déjà dans les cartons : Apple dégaine début septembre son iPhone Air, un smartphone de 5,64 mm. Ce n’est donc pas le plus fin jamais conçu, mais une belle prouesse technique tout de même.
Sommaire
- La fiche technique de l’iPhone Air
- Entre bijou et jouet
- Un écran sublime
- Les performances d’un Pro (ou presque)
- iOS 26 avec ses bons et ses mauvais côtés
- Moins de polyvalence, même qualité
- Une batterie étonnante, mais encore légère
La fiche technique de l’iPhone Air
L’iPhone Air est disponible depuis le 19 septembre 2025 à partir de 1229 euros avec 256 Go de stockage et jusqu’à 1729 euros avec 1 To. Quatre coloris sont proposés : bleu ciel, or clair, blanc nuage et noir sidéral.
| Écran | Super Retina XDR OLED 6,5" (120 Hz, 3 000 nits, 2736 × 1260 px) |
| Processeur | Apple A19 Pro (6 cœurs CPU, 5 cœurs GPU, Neural Engine 16 cœurs) |
| Appareil photo arrière | Fusion 48 MP + zoom optique 2x 12 MP (crop capteur) |
| Caméra avant | Center Stage 18 MP |
| Batterie | Jusqu’à 27 h lecture vidéo, 22 h streaming |
| Stockage et prix | 256 Go : 1 229 € 512 Go : 1 479 € 1 To : 1 729 € |
| Poids | 165 g |
| Indice IP | IP68 |
| Connectivité | 5G, Wi-Fi 7, Bluetooth 6, USB-C |
| SIM | Double eSIM uniquement |
| Système | iOS 26 |
Entre bijou et jouet
La communication d’Apple se concentre sur la finesse de l’iPhone Air, mais ce qui impressionne le plus quand on le prend en main pour la première fois, c’est avant tout sa légèreté. Avec 165 grammes sur la balance, il se démarque clairement des 204 grammes de l’iPhone 17 Pro, au point qu’on en vient à oublier sa présence dans la poche. Si vous êtes comme moi et que vous avez tendance à supporter la majorité du poids de votre téléphone sur votre petit doigt, vous sentirez la différence lors d’utilisations prolongées.

Malgré cette finesse, l’iPhone Air est robuste. Son cadre en titane et ses faces en Ceramic Shield lui permettent de résister aussi bien aux chocs et aux torsions qu’aux rayures et même à l’immersion (norme IP68). Aucune crainte à avoir de ce côté là. Toutes les finitions sont à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’Apple : c’est soigné dans les moindres détails, jusqu’au port USB-C (USB 2) imprimé en titane pour conserver de la solidité malgré la finesse du châssis du connecteur.
Notons tout de même que ce format a imposé pas mal de compromis à Apple. À côté du port USB-C, on ne trouve par exemple pas de haut-parleur. Il faudra se contenter d’un (bon) son mono produit par le haut-parleur d’appels en haut de l’écran, ou utiliser un autre moyen de diffusion (casque, écouteurs ou enceinte).
L'iPhone Air comparé à l'iPhone 17

Autre point important : bien qu’on retrouve tous les boutons et orifices habituels sur le cadre de l’iPhone Air, un élément brille par son absence. Le tiroir à carte SIM a été supprimé, laissant ça place à l’eSIM (et un peu plus de batterie). C’est une évolution logique et attendue, mais vérifiez bien que votre forfait soit compatible avant de sauter le pas.
Une fois l’effet wahou passé, on peut légitimement questionner l’intérêt d’une telle finesse. Outre le gain de légèreté, la préhension n’est pas aussi bonne que sur un iPhone classique aux tranches plus larges et il a davantage tendance à glisser. Son plateau horizontal s’avère en revanche assez proéminent pour offrir un point d’appui supplémentaire pour l’index, comme c’est le cas avec les Pixel de Google, surtout si vous lui ajoutez une coque. C’est rassurant, même si dans ce dernier cas de figure, on perd alors le principal intérêt de ce modèle.

Esthétiquement, l’iPhone Air est donc réussi et attire l’œil. Son minimalisme, son originalité, sa finesse et sa solidité lui donnent l’allure d’un petit bijou qui ne dénoterait pas à la Fashion Week, d’autant qu’Apple imagine que nous le porterons en bandoulière. Mais ce sont là des avantages à double tranchant ; d’aucuns trouveront qu’il dégage une impression de petit jouet en raison de son poids et de ses matériaux, et nous ne pourrons pas leur donner tort non plus. C’est donc plutôt son adoption qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre de cette fine frontière.
Un écran sublime
Remplaçant l’iPhone « Plus » dans la gamme d’Apple, l’iPhone Air adopte une taille de 6,5 pouces avec des bordures très fines et uniformes. La façade avant est donc presque intégralement recouverte d’une magnifique dalle Oled de 2736 x 1260 pixels. On pourrait certes lui reprocher de ne pas monter jusqu’au 1440p comme le Galaxy S25 Edge, mais ce serait pinailler, d’autant plus que tout le reste y est.

Très contrasté et surtout très lumineux (jusqu’à 3000 nits en extérieur, 1600 en HDR), il s’avère idéal pour consulter du contenu vidéo ou pour jouer, y compris en plein soleil. Il faut tout de même prendre en compte l’existence de la Dynamic Island qui occupe un espace non négligeable sur un affichage plein écran, mais c’est là le fléau de tous les iPhone.
Cet écran présente exactement les mêmes caractéristiques que celui de l’iPhone 17 Pro, y compris son taux de rafraichissement (exclusif aux modèles Pro en 2024). La technologie LTPO 3 permet ainsi à Apple de faire varier ce paramètre de 1 à 120 Hz en fonction des contenus et des besoins. C’est non seulement un gain de fluidité au quotidien, mais aussi un gain d’autonomie sur la journée.

Comme toujours depuis 2017, le mode « True Tone » permet d’adapter les couleurs de l’affichage en fonction de la lumière ambiante. Une option très discrète, mais désormais bien connue qui apporte un confort supplémentaire au quotidien.
Les performances d’un Pro (ou presque)
Étonnamment au vu de sa finesse, l’iPhone Air est équipé d’une puce A19 Pro et de 12 Go de RAM, tout comme l’iPhone 17 Pro. Il est donc plus puissant que l’iPhone 17 qui se contente pour sa part d’un A19 tout court et de 8 Go de RAM. Son GPU en revanche est légèrement bridé : avec 5 cœurs contre 6 sur la gamme Pro, il ne serait pas étonnant de le voir perdre quelques FPS sur les jeux les plus gourmands par rapport aux modèles Pro. Une bagatelle néanmoins au regard du potentiel de ce bout de silicium.

L’évolution annuelle reste néanmoins timide, comme le prouvent les résultats sur le benchmark Geekbench :
CPU :
- Single-core : 3752 (+8 % vs l’A18 Pro)
- Multi-core : 9624 (+11 %)
GPU :
- 38 124 (+16 %)
IA (Neural Engine) :
- Single precision : 5104 (+12 %)
- Half Precision : 35 196 (+10 %)
- Quantized : 48 550 (+9 %)
Sur des jeux pensés à la base pour mobile comme Genshin Impact ou Diablo Immortal, l’iPhone Air reste dans sa zone de confort. Même sur de longues sessions, tout tourne parfaitement avec les graphismes à fond. Il y a bien une chauffe juste sous le plateau qui va se ressentir sur l’autonomie, accompagné d’un bridage des performances, sans que cela se voit réellement en jeu.
Apple tente néanmoins de nous vendre l’iPhone comme une console portable, avec des jeux tels qu’Assassin’s Creed Mirage ou Resident Evil Village. À l’heure actuelle, il faut pourtant bien l’avouer, ce n’est pas encore mirifique. Les graphismes sont sérieusement réduits en comparaison d’une véritable console et il n’est pas rare de souffrir de ralentissements. C’est toutefois le seul moment où vous devriez sentir une limitation.

iOS 26 avec ses bons et ses mauvais côtés
Pour la première fois depuis longtemps, iOS 26 inaugure un nouveau design « Liquid Glass ». Les effets de transparence apportent de la modernité et une certaine unicité bienvenue de l’interface, au détriment parfois de la lisibilité. Connaissant Apple et son souci du détail, il ne fait aucun doute que cela sera corrigé lors des prochaines mises à jour ; on a déjà pu constater une nette amélioration au fil des versions bêta.
En dehors de ce changement, l’ergonomie ne change pas et les petites nouveautés au sein des applications sont appréciables. Il reste toutefois toujours quelques frustrations trainant depuis des années, comme le clavier dont le correcteur automatique peut se montrer très énervant, ou certains liens sur les réseaux sociaux qui s'ouvrent dans le navigateur et non dans l’application dédiée.

Côté IA générative, Apple est encore loin de proposer un panel de fonctionnalités aussi complet que certains concurrents. Apple Intelligence et ChatGPT permettent tout de même de créer l’illusion, surtout lorsqu’on invoque le second depuis une capture d’écran, mais ce n’est pas encore au niveau de ce que l’on peut attendre d’Apple.
Moins de polyvalence, même qualité
Après des années à multiplier les modules photo, Apple joue la carte du minimalisme sur l’iPhone Air. Ce dernier se contente en tout et pour tout d’un seul capteur, ce qui n’avait pas été vu au catalogue de la marque à la pomme depuis l’iPhone Xr. Mais ne vous y trompez pas, si c’est bel et bien une régression en termes de polyvalence, la qualité reste la même.

Son capteur de 48 Mpx (avec objectif f/1,6) est identique à celui de l’iPhone 17 avec une taille de 1/1,56” (contre 1/1,28" pour l’iPhone 17 Pro). Pour remplacer le téléobjectif, Apple permet d’utiliser un x2 “de qualité optique” en recadrant l’image dans le capteur au prix d’une réduction de la définition (12 Mpx). Dans certaines conditions, l’absence de l’ultra grand-angle et d’un facteur de grossissement plus élevé se fait ressentir, mais c’est l’un des sacrifices à accepter pour frimer avec un design ultra fin.
La qualité d’image reste celle que l’on attend d’un iPhone. On remarque quelques aberrations chromatiques de nuit (de petits lens flares) et une chute de netteté en basse lumière, mais le résultat reste toujours très bon, avec un excellent équilibre lumineux restituant avec fidélité la scène capturée.
















À l’avant, on trouve le nouveau capteur carré d’Apple, pour des prises de vue aussi bien en portrait qu’en paysage sans avoir à tourner son téléphone, une idée géniale. Avec ses 18 Mpx, il s’en sort avec brio en plein jour, mais on sent une perte de définition dans les ombres, avec un grain plus présent et des bavures visibles des pixels. À ce niveau de prix, on peut être en mesure d’attendre un peu plus de finesse.


En vidéo en revanche, Apple n’a plus à prouver sa supériorité. Stabilisation optique, Dolby Vision pour la 4K jusqu’à 60 images par secondes, double capture permettent d’enregistrer de très belles vidéos. Les seuls à faire mieux sont les iPhone Pro.
Surement plus lié au design qu’à la photo à proprement parler, le bouton dédié sur la tranche du téléphone tombe parfaitement sous le doigt, même quand vous ne le souhaitez pas, pour un usage assez confus. Le temps perdu en une semaine à fermer l’application photo qui s’est ouverte par inadvertance ou pour supprimer les photos déclenchées par mégarde est bien trop élevé.

Une batterie étonnante, mais encore légère
La plus grosse crainte pour l’iPhone Air à sa présentation concernait son autonomie. Combien de temps peut-il tenir avec une batterie de 3149 mAh, 15 % plus petite que celle de l’iPhone 17 ?
Sur ce point, Apple a procédé à de nombreuses optimisations et promet « une journée d’autonomie ». Une assertion réelle, mais optimiste. Sur une journée remplie de quelques discussions sur les messageries, d’écoute de musique, de quelques heures de scroll sur les réseaux sociaux et autres flux RSS, on peut tenir la journée en finissant entre 10 et 20 %. Si votre usage est plus lourd en revanche, avec du jeu, beaucoup de photo ou de la capture vidéo, un détour par la case recharge sera peut-être nécessaire à l’heure du goûter. Dommage que la recharge ne soit pas plus rapide que 30 W.
C’est d’autant plus effrayant que c’est le cas à la sortie de la boîte. D’ici deux ou trois ans, quand la santé de la batterie se sera dégradé, la batterie externe risque d’être indispensable.
Conclusion
Points forts
- Beau design
- Un écran sublime
- Excellentes performances
Points faibles
- Autonomie trop juste
- Manque de polyvalence en photo
- Très cher pour juste un design
Note de la rédaction
L’iPhone Air mise tout sur son design au détriment de sa polyvalence en photo et de son autonomie. À ce titre, il va revêtir un aspect statutaire, plus proche d’un produit de luxe que d’un produit de raison. Petite prouesse technologique présageant le meilleur pour le futur smartphone pliant d’Apple, l’iPhone Air est un OVNI dont la lignée pourrait s’éteindre assez rapidement. En attendant, si pour vous la finesse n’est pas un argument particulier, vous trouverez peut-être plus chaussure à votre pied avec l’iPhone 17 ou 17 Pro.
