Nothing, qui proposait jusqu’à présent des smartphones plutôt de milieu de gamme, présente le Nothing Phone (3) comme son premier “flagship”. L’ambition de la marque est claire : proposer un concurrent aux iPhone 16, Pixel 9 et Galaxy S25, avec un petit truc en plus. Pour ce faire, en plus de performances plus poussées et d’un meilleur volet photo, la marque londonienne mise sur l'originalité et le design. Un pari réussi ? C’est ce que nous allons voir dans ce test du Nothing Phone (3).
Encore toute jeune, Nothing est une marque de smartphone anglaise, qui a très vite su se démarquer en commercialisant des smartphones au look assez unique. Et pour cause, en plus d’avoir un dos transparent affichant des circuits et vis, ils proposent aussi un langage visuel qui leur est propre : les Glyph. Il s’agit de bandes lumineuses présentes à l’arrière, que vous pouvez personnaliser en fonction de vos notifications.
Du moins, c’était vrai pour les Nothing Phone (1) et (2). Pour le Nothing Phone (3), la marque a décidé de marquer une rupture. Exit les bandes LED s’étendant sur l’ensemble de la coque arrière, à la place on retrouve un petit écran en haut à droite nommé Glyph Matrix. Celui-ci affiche toutes sortes d'informations dans un look rétro fait de pixels.

Ce n’est pas le seul grand changement séparant le Nothing Phone (2) et Nothing Phone (3) ; on a désormais un téléobjectif, une puce plus performante, une certification IP68, un écran plus lumineux, etc. Autant de changements pour proposer un smartphone haut de gamme ; un “flaship” capable de tenir tête à la concurrence. Seulement, cela se retranscrit aussi par un prix plus élevé vu que le smartphone est commercialisé à 849€.
Il est ainsi légitime de se demander si les évolutions techniques sont à la hauteur de cette augmentation tarifaire. Je vous propose de découvrir ce qu’il en est dans ce test du Nothing Phone (3). J’ai utilisé le smartphone au quotidien pendant une dizaine de jours.
Sommaire
- Nothing Phone (3) : la fiche technique
- Un design unique pour le Nothing Phone (3)
- L’écran du Nothing Phone (3)
- Performances : le Nothing Phone (3) vise haut… sans exploser les compteurs
- Nothing OS 3.5 : une interface simple, intelligente, et originale
- Le volet photo du Nothing Phone (3)
- L’autonomie du Nothing Phone (3)
- Conclusion du test du Nothing Phone (3)
Nothing Phone (3) : la fiche technique
| Nothing Phone (2) | |
| Taille d'écran | 6,67 pouces |
| Type d'écran | OLED LTPO |
| Définition d'écran | 1260 x 2800 pixels (460 PPI) |
| Taux de rafraîchissement | 1-120 Hz |
| Luminosité en pic maximale | 4500 nits |
| SoC | Qualcomm Snapdragon 8S Gen 4 |
| Mémoire vive | 12/16 Go |
| Stockage | 256/512 Go |
| Batterie | 5150 mAh |
| Charge rapide | 65W en filaire / 15W sans fil / 5W inversée |
| Connectivité | 5G / WiFi 7 / BT 6.0 |
| Capteurs photo principaux | 50 Mpx + 50 Mpx + 50 Mpx |
| Capteur photo secondaire | 50 Mpx |
| Étanchéité | Oui (IP68) |
| Dimensions | 160,60 x 75,59 x 8,99 mm |
| Poids | 218 grammes |
| Prix de lancement | A partir de 849€ |
Un design unique pour le Nothing Phone (3)
Si vous trouvez que tous les smartphones se ressemblent, le Nothing Phone (3) est probablement le smartphone qui va vous faire changer d’avis. Il se distingue même des précédents modèles de la marque anglaise… Elle abandonne ici les LED s’étalant sur le dos de ses téléphones et qui incarnaient leur point distinctif. À la place, nous avons un petit écran en haut à droite composé de 489 micro-LED monochromes, nommé Glyph Matrix. Il permet d’afficher vos notifications, tout en donnant accès à différents widgets : heure, chronomètre et même des jeux. On l’active grâce à un bouton présent en dessous, mais nous détaillerons ça dans la section logicielle. On a également un petit carré rouge qui apparaît lorsque vous filmez.

L’autre gros élément distinctif, c’est le dos en verre transparent qui dévoile des motifs asymétriques, des circuits stylisés et même des vis. L’ensemble confère un look clairement “unique” au smartphone et dans la veine de ce qu’à l’habitude de nous proposer Nothing.
Il en va de même pour les capteurs photos, qui sont simplement posés sur la coque. Plus étonnant encore, ils ne sont pas alignés : on trouve un capteur tout en haut à gauche, puis deux en dessous, un peu plus centrés. Un positionnement un peu surprenant et peu esthétique. Ce choix ne sera clairement pas du goût de tous, d’autant qu’il provoque un déséquilibre lorsque le smartphone est posé sur le dos.

Pour ce qui est de la prise en main, le smartphone s'avère assez imposant avec un écran de 6,67 pouces et un poids de 218 grammes pour une épaisseur de 8,99 mm. Il ne fait clairement pas partie des smartphones les plus compacts. En revanche, les finitions sont soignées et les bordures d’écran relativement discrètes.

Nous avons un cadre plat en aluminium, qui facilite la prise en main et des bords légèrement arrondis. La face avant rappelle d’ailleurs sensiblement un iPhone, d’autant que nous avons également les boutons destinés au volume sur la tranche de gauche. La ressemblance s’arrête toutefois là. À droite, le premier bouton de verrouillage permet aussi de lancer Gemini en appuie long, tandis que l’autre donne accès à une fonctionnalité propre au Nothing Phone : essential space.

Le Nothing Phone (3) a aussi pour avantage d’être certifié IP68, et est donc étanche contrairement au Nothing Phone (2). Par contre, pour ce qui est de l’écran, on est seulement sur du Gorilla Victus Glass 7i. Ce matériau offre une bonne résistance aux chocs, notamment face aux chutes. Il s'agit cependant d'une version plus économique et moins performante que le Gorilla Glass Victus 2, pourtant utilisé sur de nombreux smartphones concurrents dans la même tranche de prix.
L’écran du Nothing Phone (3)
Le Nothing Phone (3) ne fait pas les choses à moitié côté écran. Le constructeur mise sur une dalle OLED de 6,67 pouces offrant une définition de 1260 x 2800 pixels, soit une densité de 460 pixels par pouce. Résultat : une image d’une netteté exemplaire.

L’écran profite d’un affichage 10 bits, capable de restituer plus d’un milliard de couleurs. De quoi garantir une colorimétrie riche, précise et nuancée. Le contraste, quant à lui, grimpe jusqu’à un 1 000 000:1, permettant des noirs profonds et un excellent rendu des scènes sombres, un vrai plus pour les contenus HDR ou les jeux au style visuel cinématographique.
Côté luminosité, le Phone (3) joue dans la cour des grands. En usage standard, la dalle plafonne à 800 nits, ce qui est largement suffisant pour un usage confortable en intérieur. En plein soleil, le mode extérieur pousse ce chiffre à 1 600 nits, et la luminosité de pointe atteint même les 4 500 nits sur de courtes périodes, notamment pour les contenus HDR. Cela garantit une lisibilité optimale en toutes circonstances, y compris en plein été.
Enfin, le taux de rafraîchissement adaptatif à 120 Hz assure une fluidité irréprochable lors du défilement, de la navigation ou en jeu, tout en optimisant la consommation énergétique.
Performances : le Nothing Phone (3) vise haut… sans exploser les compteurs

Si le Nothing Phone (3) est présenté comme un “flagship”, il n’embarque pas pour autant une puce SnapDragon 8 Elite, mais une puce SnapDragon 8s Gen 4 gravée en 4 nm par TSMC. On est ainsi en dessous des performances d’un Galaxy S25, mais aussi d’un iPhone 16 (qui tourne pour, sa part, avec une puce A18 Bionic).
Nothing a sans doute voulu minimiser les coûts. Pour autant, on a tout de même un smartphone performant et en mesure de faire tourner n’importe quel gros jeu dans de très bonnes conditions, même en poussant les paramètres graphiques en maximum, y compris Genshin Impact. Durant mon test du Nothing Phone (3), je n’ai jamais constaté de gros ralentissement, l’expérience était fluide. Cela vaut aussi pour le multitâche et autres tâches gourmandes.
La partie CPU repose sur une architecture à 8 cœurs : un cœur principal cadencé à 3,21 GHz (basé sur le redoutable Cortex-X4), épaulé par 7 cœurs de performance pouvant grimper jusqu’à 3,0 GHz (Cortex-A720). Côté graphismes, on retrouve le GPU Adreno 825, suffisamment musclé pour faire tourner la majorité des jeux Android les plus gourmands en qualité maximale. Pour ce qui est des benchmark, le Nothing Phone (3) obtient un score de 2063 en single-core et de 6280 en multi-cœur. Il s'agit ici de la version avec 16 Go de RAM.


En revanche, le smartphone a tendance à chauffer assez rapidement. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à lui faire passer le test de 3D Mark, il surchauffait toujours avant la fin. En jeu, la chauffe a tendance à se faire sentir au bout d’une trentaine de minutes et peut parfois être dérangeante, ce qui oblige à faire des pauses. Dans le cas d’un usage plus classique, pas de soucis à l’horizon.
Nothing OS 3.5 : une interface simple, intelligente, et originale



Avec Nothing OS 3.5, le Phone (3) poursuit la vision épurée de la marque en matière de logiciel. Basée sur Android 15, cette surcouche assure une expérience fluide et épurée.
Ici, pas de bloatware inutile ni d’effets clinquants : l’interface privilégie la lisibilité, les animations sobres et une navigation intuitive. Les icônes monochromes, les widgets personnalisables et la disposition claire des menus renforcent cette approche minimaliste mais fonctionnelle. Pour autant, il faut avouer qu’il est parfois un peu difficile de reconnaître certains icônes. On peut toutefois opter pour une expérience plus classique et en couleur.



On retrouve également de nombreux widgets à placer sur l’écran d’accueil ou de verrouillage avec des options sympathiques, comme le temps d’écran, le nombre de pas avec une sorte de barre de progression, les rdv à venir, la météo, etc. On y retrouve à chaque fois un style pixel art pour le moins sympathique.
Autre point plutôt sympa ; on peut organiser automatiquement les applications par thème, ce qui permet de s’y retrouver plus facilement sans avoir à tout trier manuellement.
Nothing promet 5 ans de mises à jour Android majeures et 7 ans de correctifs de sécurité. C’est l’un des meilleurs suivis disponibles sur le marché Android actuellement.
L’essentiel space : le carnet de notes revisité selon Nothing


Le Nothing Phone (3) donne accès à une fonctionnalité propre à Nothing : “l’essential Space”, qu’on a déjà rencontré avec les Nothing Phone 3a. Il s’agit d’un hub intelligent, accessible via le bouton physique "Essential Key" présent sur le bas de la tranche de droite. Il permet de capturer rapidement des informations importantes : une pression pour une capture d’écran, un appui long pour enregistrer un mémo vocal, ou un double appui pour accéder directement à l’espace dédié.
Cet espace profite également de l’intelligence artificielle et permet de retranscrire, résumer et extraire automatiquement des informations clés comme des dates, des lieux ou des actions à réaliser. L’objectif est simple : centraliser tout ce qui est important à vos yeux, et le rendre exploitable facilement.
L’idée est bonne, mais en pratique, ça se résume surtout à stocker des captures d’écrans, qu’on peut placer dans différents dossiers. Cela dit, Nothing prévoit d’enrichir cet espace avec des capacités plus avancées, tout en maintenant une version gratuite pour les fonctions de base.
Glyph Matrix : un moyen original de se détourner un peu de l’écran



Nothing a trouvé le moyen de nous pousser à poser plus souvent le smartphone côté écran. On retrouve au dos, en haut à droite, un petit écran nommé Glyph Matrix, qui permet d’afficher toutes sortes d’informations sous forme de pixels. Cela sert notamment pour les notifications. Le choix de personnalisation est extrêmement poussé ; on peut choisir un visuel différent pour nos contacts préférés et / ou par application. Il est même possible de transformer une photo en pixel art et la rattacher à un contact.

Glyph Matrix propose ses propres widgets auxquels on a accès en appuyant sur le bouton présent un peu dessous. Un appui simple fait défiler les applications disponibles et un appui long les lance. On peut :
- Afficher l’heure
- Lancer un chronomètre
- Voir le pourcentage de batterie restante
- Afficher un mode miroir pour se voir en version pixel. Si évidemment on ne se voit pas très bien, c’est tout de même très pratique pour se prendre en photo avec le capteur principal.
- Afficher un niveau pour les travaux
- Afficher un cadran solaire
On retrouve aussi plusieurs jeux tels que :
- Pierre, feuille, ciseau
- Le jeu de la bouteille
- La boule magique qui répond à vos question (plus ou moins)
Glyph Matrix étant ouvert aux développeurs, on devrait par la suite retrouver d’autres fonctionnalités. En attendant, si ça reste assez gadget, je trouve ce système réussi et amusant.
Le volet photo du Nothing Phone (3)
Le volet photo du Nothing Phone (3) se compose de :
- Un capteur principal 1/1,3" de 50 Mpx (f/1,68)
- Un capteur ultra grand angle 1/2,76” de 50 Mpx (f/2,2) avec un champ de vision de 114°
- Un téléobjectif périscopique 1/2,75” de 50 Mpx x3 (f/2,68)
Le Nothing Phone (3) a pour avantage de profiter de capteur de 50 Mpx ainsi que d’un téléobjectif, ce qui n’était pas le cas pour le Nothing Phone (2).
Le capteur principal de 50 Mpx de 1/1,3" (f/1,68) s’en sort bien dans la plupart des conditions. Il assure des clichés nets, avec un bon piqué et lumineux. Le traitement des couleurs est néanmoins un peu trop contrasté.







Cela vaut surtout en cas de forte exposition ; les couleurs ont alors tendance à être beaucoup plus saturées et certains éléments un chouilla surexposés, ce qui fait perdre en détails. J’ai trouvé le traitement encore plus prononcé que celui de Samsung, cela nuisait souvent au “réalisme”.

L’ultra grand-angle propose un résultat assez proche du grand-angle. Les couleurs sont, en revanche encore, plus saturées et parfois vraiment peu naturelles (surtout en cas de surexposition). Les bords des photos ont aussi tendance à être flous et souffrir de légères déformations.







La présence d’un téléobjectif optique x3 est vraiment appréciable et offre un bon niveau de détail jusqu’en x6. Le piqué est là aussi bon et les couleurs flatteuses, bien qu'un poil trop contrastées encore une fois. On peut monter jusqu’à un zoom numérique en x60, mais le cliché est alors difficilement exploitable.








De nuit, le Nothing Phone (3) s’en sort également, surtout dans le cas du capteur grand-angle. Le niveau de détail reste très acceptable, sans bruit. Les couleurs, bien que tirant sur le jaune, sont agréables à l’oeil.

L’ultra grand-angle et le téléobjectif proposent eux aussi un résultat tout à fait acceptable, mais avec parfois quelques zones de flou.
En ultra grand-angle :


En grand-angle :


En x3 avec le téléobjectif :


Pour ce qui est du capteur avant, lui aussi de 50 Mpx, les couleurs sont belles et relativement fidèles. On retrouve de nombreux détails, que ce soit sur la peau, les cheveux ou les vêtements. En revanche, le mode portrait a parfois un peu de mal. J’ai eu pas mal de raté, surtout sur le dessus de la tête. En réduisant un peu le flou, les artéfacts disparaissent.


Côté vidéo, le Nothing Phone (3) offre la possibilité de filmer en Ultra XDR jusqu’en 4K à 60 ou 30 images par seconde. Le mode 1080p Ultra XDR est également disponible à 60 ou 30 FPS, pour ceux qui privilégient une résolution plus légère sans sacrifier la qualité d’image.
En bref, le Nothing Phone (3) est un assez bon photophone et pourra proposer des clichés satisfaisants dans la plupart des situations. Seulement, à ce prix, il se retrouve face au Google Pixel 9 et au Samsung Galaxy S25 qui font mieux.
L’autonomie du Nothing Phone (3)

Le Nothing Phone (3) se veut endurant avec une batterie de 5150 mAh en silicium carbone. Cela lui permet de tenir facilement la journée dans la plupart des usages.
En utilisation gourmande, surtout avec la chauffe, la batterie a tout de même tendance à rapidement chuter. Il m’est arrivé de ne pas réussir à finir la journée, mais j’avais alors pas mal joué, lancé des benchmark, regardé des vidéos, etc. Pour un usage plus classique, tenir la journée, voire une et demi est envisageable. À titre d’exemple, le Nothing Phone (3) a perdu 12% de batterie pour 2h30 de vidéo sur Netflix.
La charge à 65W permet de le recharger en environ une heure. On retrouve d’ailleurs 50% d’autonomie en un peu plus de 20 minutes
Conclusion du test du Nothing Phone (3)
Conclusion
Points forts
- Un design réussi qui a son identité
- Un bel écran AMOLED de 6,67 pouces
- Des performances poussées, même en jeu
- Charge rapide
- Une interface agréable et originale
Points faibles
- Seulement du verre Glass 7i pour la protection
- Le smartphone chauffe
- Un peu lourd
- Un bon volet photo mais qui pourrait encore être amélioré
Note de la rédaction
Le Nothing Phone (3) est un smartphone qui mise avant tout sur le design et l’expérience logicielle qu’il propose. Il a clairement sa propre identité et peut difficilement être confondu avec un autre. Le Glyph Matrix, en plus d’être amusant, s'avère assez pratique au quotidien. Et à défaut d’être le smartphone le plus puissant, le Nothing Phone (3) s’en sort relativement bien et conviendra à tous, même aux gros joueurs. Seule la chauffe peut être vraiment problématique. Pour la photo, on a un beau rendu, mais auquel il manque encore un petit quelque chose, surtout au niveau du traitement logiciel.
Quoi qu'il en soit, Nothing nous propose, avec son Phone (3), une belle montée en gamme, et une alternative séduisante à un Samsung Galaxy S25, Google Pixel 9, iPhone 16 et autre, mais au prix de quelques concessions. C’est surtout le design et l’expérience logicielle qui font pencher la balance.

