Ecovacs se propose de bousculer le marché des aspirateurs laveurs avec un nouveau Deebot X8 Pro Omni. Son arme secrète : il se débarrasse des vadrouilles classiques au profit d’un rouleau laveur, bien décidé à écraser la concurrence, à minima moins dans le domaine du lavage des sols…
Sommaire
- Fiche technique
- Un design aussi soigné que elégant
- La station de vidage
- Une application simple et précise
- Un entretient minimal et essentiel
- Un usage aussi agréable qu'il sait être efficace
Ecovacs passe à l’offensive avec un nouveau robot aspirateur-laveur haut de gamme, le Deebot X8 Pro Omni. Ici, ce n’est pas qu’une affaire de look, même si le robot et sa base affichent un design réussi. Le constructeur mise sur ses technologies maison : cartographie, navigation, aspiration. Et il ajoute un nouveau système de lavage à rouleau.
Exit les patins rotatifs ou les serpillières vibrantes. On retrouve ici le même système que celui des balais laveurs. Intégré dans un robot aspirateur, ce choix intrigue. Nous étions donc curieux de tester l’efficacité de ce système. Et tout aussi impatients de voir si Ecovacs a amélioré ses algorithmes. Une chose est sûre : la marque n’a pas lésiné sur les moyens pour s’imposer comme la nouvelle référence haut-de-gamme.
Fiche technique
| Ecovacs Deebot X8 Pro Omni | |
| Autonomie | 180 minutes |
| Temps de chargement | 240 minutes |
| Capacité du réservoir d'eau propre | 4 l |
| Capacité du réservoir d'eau sale | 4 l |
| Capacité du sac à poussière | 3 l |
| Niveau sonore | 58 dB |
| Dimensions du robot | 353 x 352 x 98 mm |
| Dimensions de la station | 350 x 477 x 533 mm |
| Poids | 12,9 Kg au total |
| Prix au lancement | 1299,99 euros |
Un design aussi soigné que elégant
Les designers maison ont soigné le style du robot. Tout d’abord, ils reviennent à une base ronde, abandonnant le semi-carré du X2 et du X5. Nous avons un joli produit rond, jouant de part mate et d’autre laquée.

Si son diamètre est assez standard, 35,3 cm, sa hauteur de 9,8 cm est un peu supérieure à la moyenne, et cela malgré l’absence de dôme pour le LIDAR. Dommage, car sur ce point, la concurrence haut de gamme fait de plus en plus d’efforts, comme le Saros 10 ou le Saros 10R.

Sur le dessus, nous avons un bouton multifonction en croix de toute beauté. Couleur cuivre et rétroéclairé, il apporte une petite touche de style supplémentaire. Un appui lance un cycle de nettoyage, un second met en pause, et un appui long lance le retour automatique à la base. L’ensemble profite d’une qualité de fabrication impeccable avec un assemblage sans faille et des plastiques de qualité.

Au niveau des capteurs embarqués, nous avons droit à la totale. Cela commence par un capteur 3D TrueDetect. À cela s’ajoute une caméra AIVI 3D 3.0 et un LIDAR, tous placés à l’avant. Sur le côté, nous avons droit à un capteur latéral TruEdge 3D qui doit, sur le papier, faire parfaitement longer les murs au robot. Sous le robot, nous retrouvons 5 capteurs de vide et un capteur de détection de tapis.

Restons donc sur la face inférieure du X8 Pro Omni et nous découvrons une nouvelle configuration de nettoyage. Cela commence par la brosse centrale ZeroTangle 2.0. De par la conception des pales en chevrons, et associée à un système de coupe-fil, l’accumulation des fils et des cheveux est fortement réduite.

Le risque de blocage de la mécanique ou de perte de performances à cause de leur accumulation devient presque nul. À cela s’ajoute la classique brosse latérale censée amener les résidus à la zone d’aspiration. Elle est placée sur un bras rétractable, ce qui lui permet, sur le papier, de mieux traiter les angles. Notez que ce produit propose 18 000 Pa en puissance d’aspiration, ce qui en fait un véritable monstre sur le marché.

La véritable nouveauté se trouve dans le système de lavage des sols. Oubliez les serpillères à vibration ou les patins rotatifs. Nous avons droit à un rouleau en microfibre, de ceux que l’on retrouve déjà dans les laveurs de sols. En plus de la rotation et du frottement du rouleau sur le sol, s’ajoute une pression au sol de 4 000 Pa, qui doit permettre un nettoyage des sols humides bien plus efficace. Cela ne s’arrête pas là, Ecovacs voulant exploiter au mieux ce système de lavage. Ainsi, le rouleau est également rétractable, pouvant alors coller aux bords, aux plinthes ou pieds de meuble.


Le bac à poussière du robot est doté d’un filtre HEPA et offre une capacité de 220 ml. Celui dédié à l’eau est également accessible avec une capacité de 110 ml. A cela s’ajoute un espace pour récupérer de l’eau sale, mais nous reviendrons dessus plus bas. En théorie, avec la base multifonction qui accompagne le X8 Pro, vous ne devriez presque jamais interagir avec ces éléments.
La station de vidage

Ecovacs continue de travailler sur ses stations polyvalentes, déjà en réduisant encore un peu leur encombrement. Ainsi, la nouvelle station Omni affiche des mensurations de 35,2 x 48,7 x 53,3 cm. Les lignes sont douces et nous avons une jolie association de plastique noir mat, laqué et semi-transparent pour les bacs à eau.

Ajoutez à cela des touches de plastique couleur cuivre et nous obtenons une base qui trouvera sa place dans la majorité des intérieurs sans trop détonner avec la décoration. Elle est complète, avec les fonctions de vidage du bac à poussière du robot, de remplissage de son bac à eau propre, et l'entretient de la vadrouille.

La partie supérieure se compose de deux bacs à eau (propre et sale) de 4 L chacun. La partie haute affiche une surface en plastique lisse et une large poignée en plastique texturé. La prise en main est d’ailleurs excellente, et les transporter pleins reste confortable. Les languettes en plastique couleur cuivre servent à les ouvrir pour les vider ou les remplir.


Le capot avant se retire, ce qui permet d’accéder au sac à poussière de 3 L, mais aussi au réservoir du distributeur automatique de détergent de 200 ml.


La rampe du robot donne accès à l’espace de nettoyage du rouleau. Ce dernier est lavé à l’eau chaude de 45° à 75°, aidé par un système mécanique intégré au robot, qui racle le rouleau pour le nettoyer. Puis le séchage à l’air chaud, jusqu’à 63°, se lance pour éviter la prolifération de bactéries.
Une application simple et précise
L’application Ecovacs est un modèle du genre. Elle va à l’essentiel pour une lisibilité la plus poussée possible. Cela démarre dès le processus d’installation, où le robot est automatiquement détecté. Vous n’aurez qu’à ajouter votre code Wi-Fi et nommer le robot avant de plonger vraiment dans l’action.



Cela commence par la carte qui est, comme chez iRobot, simplifiée. Elle affiche une carte avec un découpage qui se passe des détails proposés par la concurrence. Nous gagnons en lisibilité et la perte d’information au quotidien est minime.


Le panneau de configuration est le centre névralgique pour bien utiliser son robot. Ainsi, l’onglet Deebot donne accès aux fonctions liées au nettoyage. Ainsi, nous avons droit à trois modes de nettoyage : Aspiration Seule, Aspiration et Serpillière, Serpillière après Aspiration, ce dernier est d’ailleurs notre préféré au quotidien. Vous pouvez choisir l’un des quatre niveaux de puissance d’aspiration : Silencieux, Standard, Max et Max+).



En ce qui concerne le lavage des sols, une réglette permet d’ajuster le débit d’eau sur 50 niveaux. La vitesse de nettoyage (Standard, En profondeur et Efficace) et le nombre de passages sont également paramétrables.

Quand le X8 Pro est en activité, une barre s'affiche au-dessus du panneau de contrôle, indiquant la durée et la surface en temps réel, et en parallèle sur la carte se dessine le tracé des mouvements du robot.

L’onglet Station Omni permet de lancer manuellement le vidage du bac à poussière, le nettoyage de la serpillière et le séchage.



Le menu des paramètres est une mine d’informations et de fonctions pour personnaliser l’intelligence et le comportement du robot. Ainsi, en premier, nous avons le journal de nettoyage, qui affiche en premier les informations liées au dernier cycle de traitement des sols. Il est possible de créer un planning d’utilisation et d’ajuster les paramètres de la station (type de lavage, séchage de la serpillière, fréquence de vidage du bac à poussière).



Nous vous conseillons de vous attarder sur les paramètres du robot qui permettent d’activer de nombreuses fonctions intelligentes, comme l’identification des tâches automatique pour appliquer la meilleure stratégie, le niveau de la détection de tapis ou encore activer les fonctions IA. Ces dernières sont de deux types : celles liées à la navigation, à la détection d’obstacles, et celles liées à l’automatisation du nettoyage. Si vous laissez faire le robot, il sélectionnera automatiquement les pièces à traiter et comment les nettoyer en fonction de vos habitudes et des précédents cycles d’aspiration ou de lavage des sols.



La carte peut être aménagée si vous n’êtes pas satisfait du découpage des pièces. Fusion, séparation : tout est simple à mettre en œuvre. L’application permet également de créer des zones interdites, ou encore de choisir l’ordre de traitement des pièces, voire le type de sol. Il est même possible de préciser le sens du sol, et le robot le suivra scrupuleusement.
Un entretient minimal et essentiel
L’entretien du robot est très basique. La brosse centrale Zero Tangle 2.0 fait vraiment le job, et vous n’aurez pas besoin de retirer des fils ou des cheveux plus d’une fois par mois. Cela, même si vous avez des animaux ou que tout votre foyer porte les cheveux longs.

En ce qui concerne le rouleau de nettoyage, ce dernier est lavé de deux façons. Durant un cycle de lavage des sols, déjà, où une raclette retire les impuretés à chaque rotation. Elles sont stockées dans un receptacle de la longueur du rouleur à vider au moins une fois par semaine.


L’eau sale générée alors est stockée dans un réservoir dédié pour éviter de salir le sol. Puis, quand il rentre à sa base, ce système est relancé à l’eau chaude pour terminer de le nettoyer totalement. Ici, le résultat est très bon, mais pas autant que nous l’aurions aimé. Il se positionne dans la tranche très supérieure, toutefois il a un peu plus de mal avec le maquillage. Il faudra le passer à la machine une à deux fois par mois, en fonction des épreuves qu’il aura rencontrées.
Les bacs à eau de 4 L se remplissent et se vident une fois toutes les semaines environ, voir semaines et demie, en se basant sur un cycle quotidien d’aspiration et de lavage. Le sac à poussière peut tenir jusqu’à 100 jours, mais dans un environnement vivant, comptez plutôt 45 à 70 jours.

Le bac de nettoyage de la vadrouille peut se retirer afin d’être nettoyé manuellement. En effet, des résidus peuvent s’y glisser et rester sur place. Pour éviter tout risque bactérien et les mauvaises odeurs, pensez à le laver régulièrement, ou toutes les deux semaines. Il est amovible.
Un usage aussi agréable qu'il sait être efficace
Ecovacs nous a promis le meilleur des alliés pour la propreté quotidienne de nos sols, et il faut admettre que la promesse est tenue, à quelques légères faiblesses près.
Cartographie et navigation
Rien à redire sur la cartographie générée par le X8 Pro Omni. Il détecte rapidement toutes les pièces et le découpage est étonnamment bon. En revanche, ce robot refuse d’entrer dans des pièces dont la porte est entrouverte. Il n’a donc pas détecté notre salle piège, qui, elle, est bien repérée par le Saros 10R, par exemple.

En ce qui concerne la navigation, nous avons peu à lui reprocher. Le X8 Pro commence toujours par traiter les bords avant de réaliser un mouvement en zigzag sur le reste de la pièce. Il se cogne peu, mais nous avons noté un bumper avant très sensible. Le robot se déclare parfois bloqué, alors qu'il suffit dans 99 % des cas de sélectionner "reprendre" dans l’application pour qu’il continue son travail.

Niveau détection d’obstacles, le résultat est plutôt bon. Les gros objets, comme des chaussures ou un sac, sont identifiés et évités sans difficulté. Il passe parfois trop près des lanières ou des lacets, mais ne les avale que rarement. Il a évité nos câbles HDMI et USB au sol, même si la brosse latérale a parfois tendance à les attraper, sans les emmêler dans la brosse centrale. Les voiturettes et pièces de Lego sont également repérées. Le robot s’en approche parfois beaucoup, mais sans les aspirer. Toutefois, les plus petites pièces de jeux de construction ou les câbles très fins risquent d’être capturés.


Le bras de la brosse latérale ne se déploie pas toujours à bon escient, et les angles sont donc traités de façon moyenne. Le rouleau de lavage suit assez bien les bords, mais il rate certains petits segments. Le traitement est de bon niveau, mais pas encore impeccable.

Le robot, en mode aspiration et lavage, détecte les zones très sales et adapte alors son comportement en étant plus agressif dans le traitement du sol. Le mode IA est assez efficace, mais il fonctionne réellement que si vous avez un rythme de vie et une activité régulière, ce qui ne colle pas toujours avec le chaos maîtrisé d’une famille avec enfants, par exemple.
Aspiration
Nous avons testé la puissance d’aspiration en déposant au sol de la poussière, de la litière pour chat, de grosses miettes de biscuit, de la chapelure et de la Maïzena. Nous avons lancé le cycle d’aspiration à la puissance Normale, en mode Aspiration Approfondie, avec deux passages.


L’aspirateur ne fait qu’une bouchée de tous ces résidus. En un seul passage, l’essentiel est aspiré. Il reste des traces de Maïzena et un peu de litière. Le second passage élimine l’ensemble, bien qu’il puisse subsister quelques grains de litière. En effet, la brosse latérale a tendance à éparpiller les résidus les plus lourds, mieux vaut donc privilégier un cycle en deux passages. En reproduisant l’opération avec un mode de puissance plus élevé, ce probléme ce voit fortement réduit.


Nous avons ensuite effectué nos tests dans une pièce entière en y dispersant de la poussière, des cheveux et des fils sur des surfaces dures. Nous obtenons un taux de récupération de 92 à 96 %, et ce chiffre passe à 88-92 % sur les tapis à poils courts. Sur les tapis à poils longs, nous atteignons presque 88 %.
Lavage
Nous avons configuré un cycle de lavage des sols en mode Normal, avec deux passages et en activant le Lavage Approfondi. Nous avons laissé sécher quelques heures des taches de cola, de café, de maquillage et une œuvre artistique enfantine en feutre.


Le rouleau en microfibre fait des merveilles. Les taches de café, de cola et de feutre sont éliminées en un seul passage. De plus, si vous avez activé la fonction IA, le robot s’attardera davantage sur les taches identifiées, ce qu’il fait efficacement, ne laissant que quelques traces résiduelles. Ces dernières disparaissent au second passage, tandis que l’effet collant du sucre du cola est supprimé dès le premier passage.


Seul le maquillage lui a vraiment résisté. Après un premier passage qui a bien atténué la tache, le second a permis d’enlever les dernières épaisseurs. Il a cependant fallu relancer un second cycle en deux passages pour obtenir un résultat très acceptable meme si imparfait.



Mis à part un traitement des bords un peu approximatif en mode lavage, le Deebot X8 Pro Omni se positionne comme l’un des plus efficaces du marché. Le rouleau en microfibre, combiné à la pression exercée sur le sol, viendra à bout des taches classiques, idéal pour traiter un incident domestique.
Autonomie et pollution sonore
L’un des points que nous avons le plus appréciés avec ce X8 Pro, c’est son silence. À la puissance d’aspiration Normale, il se révèle très discret avec 56 dB à deux mètres. En mode d’aspiration maximal, nous avons mesuré 60 dB à deux mètres. La base génère un peu de bruit lors de l’entretien de la vadrouille, mais c’est surtout l’évacuation de l’eau qui se fait entendre. Lors du vidage du bac à poussière, il reste inaudible dans une pièce adjacente, avec une pollution sonore atteignant 65 dB à deux mètres.

Côté autonomie, comptez environ 2h20 en mode Normal, qui descend à moins de 100 minutes à la puissance d’aspiration maximale.
Conclusion
Points forts
- Un produit bien fabriqué et joliment dessiné
- Une cartographie aussi précise que la navigation
- Identification et évitement des obstacles
- Excellente qualité d’aspiration
- Un rouleau de lavage très efficace
- Plutôt silencieux
Points faibles
- Identification et évitement des obstacles encore perfectibles par rapport aux meilleurs concurrents
- La brosse latérale peut éparpiller les résidus
- Le traitement des angles et des bords pourrait être meilleur
Note de la rédaction
Ecovacs signe ici un excellent robot aspirateur-laveur. En plus d’être bien pensé et joliment dessiné, base incluse, il concentre le meilleur de la technologie. La cartographie et la navigation sont d’un excellent niveau. Seule l’identification de certains obstacles reste en retrait face aux meilleurs du marché. Pour le reste, ses 18 000 Pa de puissance d’aspiration, associés à la brosse centrale anti-enchevêtrement et à la latérale montée sur bras mécanique, en font un virtuose de l’aspiration. Le lavage des sols, grâce au rouleau de nettoyage, est vraiment impressionnant : il élimine les taches sucrées en un seul passage, là où il faut généralement deux à trois tentatives. Seul bémol, le traitement des plinthes aurait mérité plus de constance. Une fois le travail accompli, la base multifonction prend le relais : elle vide le bac à poussière, lave la vadrouille, puis la sèche à l’air chaud. Malgré quelques petites faiblesses, nous avons là l’un des meilleurs robots aspirateurs du marché, avec une fonction lavage qui se démarque clairement. Ceux qui ont des intérieurs animés — avec des animaux, des enfants, un jardin, ou les trois — trouveront en lui un compagnon domestique précieux.
