Les années 60 étaient là pour séduire des foules ouvrières, pauvres, et d'ethnicités concordant avec les mouvements d'immigrations qu'ont vus les Etats Unis, mettant en avant des mecs comme Bruno Sammartino (Italien d'origine) ou Pedro Morales (portoricain d'origine il me semble), qui venaient voir leurs stars se battre "pour de vrai" (mais pour de faux) avec des combats qui se voulaient plutôt réalistes, brawlés.
La politique d'expansion nationale de la WWWF à voulu mettre en avant une icone avec laquelle les états-uniens pouvaient s'identifier, des mecs comme Hogan le bon croyant américain qui prend ses vitamines et prie, ou Savage qui commence à populariser le style aérien, se retrouvent en tête d'affiche avec des histoires d'amour ou des feuds contre par exemple le méchant français André le Géant, dans des combats plus spectaculaires, pluss de prises et des happenings comme le hulking-up de Hogan (consistant à no-sell, sans doute sous l'effet galvanisant des vitamines et des prières), dans le début des années 90.
Les foules, moins dupes, et en demande d'un catch plus technique, voient éclore le style de Bret Hart, technique, intelligent dans des matches axés autour du work autour d'une partie du corps de l'adversaire, qui se faisait déjà par le passé dans d'autres territoires, mais l'implémentant ici à la WWF, ou celui de Shawn Michaels, amenant le selling à des hauteurs jamais atteintes auparavant, dans une ère où le catch veut s'inscrire dans une sorte de crédibilité in-ring différente du simple brawl.
Les fans, devenant plus masculines et viriles se délectent du nouveau style de Stone Cold, qui après une blessure au cou, se mue en un brawler impressionnant, une version sensationnaliste de Sammartino emmenant le combat dans la foules, sortant ses plus beaux trashtalks et doigts d'honneur pour la plus grande joie du spectateur, accompagné par The Rock et DX, qui emmeneront le catch dans des finishers kick-outs sensationnels et des build-ups pleins d'attitude. A l'extrême opposé du catch plus technique de Ric Flair à la WCW, Mick Foley se mutile pour proposer un catch à cascades qui ravit les mêmes foules, posant ainsi une force à des catcheurs limités techniquement qu'utilisent aussi des gars comme Jeff Hardy ou encore maintenant Shane.
Hogan et Steve Austin prenant leurs retraites, suite au renouveau du style Sammartino-esque, le manque d'une place de babyface poster-boy voit l'arrivée de Cena, amenant le renouveau du style Hogan-esque. Un héros qui prend un beatdown avant de s'en relever et de fumer son adversaire avec la force de la persévérence, accompagné par Batista qui fera ensuite la même chose en heel, trouvera une résonnance chez un public jeune, là où les adultes auront déjà vu ça par le passé, lassés par un style qui tourne vite en rond, malgré de belles capacités techniques, et adaptatives, chez Cena.
La suite du renouveau trouvera son preneur en la personne de Daniel Bryan, un technicien hors-pair, également améliorant un style du passé avec une vibe encore plus sensationnaliste technique et charismatique que par le passé, satisfaisant ainsi les fans moins emballés par les autres styles. Avec CM Punk, la WWE prend tout à coup un faible pour les lutteurs techniques et charismatiques des indies, emballement qui donnera le ton pour le futur...
Le catch féminin avait déjà été représenté avec talent par Trish Stratus et Lita, voire Chyna plus loin dans le passé encore, toutefois ancrées dans une ère où les excellentes catcheuses manquaient en nombre contrairement à leurs homologues masculins. C'est alors que leurs dignes représentantes, AJ Lee et Paige, des catcheuses identifiables pour les jeunes spectatrices et pas vulgaires pour les crédibiliser auprès des spectateurs, s'installent.
Le style ouvert sur le monde et progressiste de la foule, donnent lieu à cette même ouverture d'esprit à la WWE. En plus de donner pluss de chances aux femmes, on ouvre les portes à des catcheurs plus gringalets, ou plus gras, ou étrangers, à la NXT. Puis ensuite certains d'entre eux s'imposeront dans le Main Roster, là où d'autres frustreront les fans par leur sous-utilisation.
Le progressisme de la WWE en est aujourd'hui aux nouvelles femmes qui auront eu une année 2018 et début 2019 très favorables en terme d'exposition, et semblent être au coeur de toutes les attentions du booking jusqu'à Wrestle Mania, où elles auront les clés du Main Event.
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Quelle suite pour la WWE? Pensez vous que les stars de la compagnie ont été savamment choisies selon les tendances populaires de l'époque dans laquelle elles étaient ancrées et ainsi la prochaine star découlera de la culture du moment, ou pensez vous que seul le talent compte?