Il fallait tenir le coup. Lire pendant cinq semaines «Valeurs actuelles», l’hebdomadaire de la droite ultra. Ça n’était pas gagné, on a eu des faiblesses, et ça a confirmé tous nos a priori avec la récurrence de sujets comme la glorification de la France, le gaspillage de l’argent public ou encore l’essor de l’islamisme.
Donc, Valeurs actuelles, ce sont les valeurs actuelles ? J’ai dû passer à côté de l’essentiel, puisque je n’avais jamais ouvert ce magazine, trop à droite pour moi. J’ai vraiment découvert l’univers de ce titre, créé en 1966, à l’occasion de ce «J’ai testé». Valeurs actuelles, c’est tout un monde : le propriétaire est un homme d’affaires français, Iskandar Safa, d’origine libanaise, les actionnaires sont Charles Villeneuve et Etienne Mougeotte. A l’époque de sa création, l’hebdomadaire s’approchait d’un guide pour épargnants. Le sens du mot «valeur» était alors strictement économique, moins propice aux dérapages qu’il ne l’est devenu. Désormais, les valeurs de Valeurs actuelles signifient : «France d’abord» et «droite-droite». Respirons-nous l’air du temps avec Valeurs actuelles ? En partie, oui, et c’est pourquoi je me lance dans l’aventure.
Echauffement
Le magazine sort le jeudi et coûte 4,90 euros. Mon fils adolescent me donne un conseil depuis la cuisine, sa pièce de prédilection dans cette période de transition de sa vie : m’abonner en ligne pour réduire le prix au numéro. Il ajoute que je bénéficierais sûrement ainsi d’une newsletter quotidienne, gratuite, qui pimenterait mon article de scoops - des scoops aux yeux de Valeurs actuelles. C’est un bon plan. Je me rends sur le site de l’hebdo qui propose un kit regroupant l’abonnement «liberté» et la «lettre quotidienne». Je dois payer 58,80 euros, mais je ne comprends pas si je peux suspendre le tout quand je le souhaite. Ne prenons pas de risque. J’abandonne.
http://www.liberation.fr/france/2018/07/30/le-systeme-de-valeurs_1669753