L’unité est pure quantité. Elle est absolument identique à elle-même en tant qu’elle ne peut se différencier en rien : poser sa différence dans une « autre » unité c’est lui donner une qualité, qui trouve son identité dans le rapport (non différencié) d’égalité à son autre : c’est faire transformer l’unité absolue en unité relative à une autre unité, mais non pas comme relative, mais comme pure quantité. Le 1 ne devient le 1 qu’en tant qu’il se nie dans son rapport avec l’autre unité.
L’unité différenciée ne peut plus être pure quantité, elle se décompose et gagne le nom de qualité tout en perdant son concept d’unité : il est strictement impossible de poser l’unité en dehors d’elle-même sans la différencier et donc sans la faire devenir autre chose que pure quantité. Dire 1=1, c’est donc déjà dire que le un est divisible, autrement dit qu’il est possible de l’exposer dans un rapport d’égalité. Car le rapport d’égalité est une exposition-décomposition : 1=1 est déjà une décomposition de l’unité absolue de l’unité, qui elle trouve son égalité à elle-même dans son unité.
L’égalité de l’unité avec elle-même est un mouvement non nécessaire à son existence, car l’unité devient elle-même via une relation avec elle-même, relation qui est déjà une différenciation dès le moment où elle est exposée. L’unité ne peut devenir, elle est une quantité pure, immobile, qui n’est déjà plus identique à elle-même une fois qu’on introduit en elle la qualité qu’est le mouvement nécessaire de l’exposition de son égalité. Elle est identique en tant qu’elle ne peut se différencier par ce mouvement. La quantité pure n’existe pas. L’unité est enrichie du mouvement qui la pousse à être relative, elle cesse d’être une quantité pour devenir un processus vivant, dont la raison d’être se trouve dans sa propre négation. Le 1 est le 1 qu’en tant qu’il devient le 2 dans l’addition. Mais déjà son égalité est mouvement, déjà elle nie son statut originel de quantité pure.
Le concept d’égalité nie la qualité qu’il attribut à ce entre quoi il se pose comme égalité. En tant qu’il se « pose-entre », il sépare : en tant qu’il sépare, il différencie, en tant qu’il différencie, il nie la quantité pure, en tant qu’il l’a nie, il l’a fait devenir autre chose que quantité pure, il l’a fait devenir quantité-mouvement. Le mouvement trouve sa vérité dans le concept de l’égalité à soi. L’égalité est donc une différenciation en mouvement de l’unité…
Et en tant que l'égalité est un mouvement de différenciation de l’unité et d’aliénation de l’unité, l’égalité ne peut trouver la fin de son mouvement qu’en posant un résultat qui, parce qu’il nécessite le mouvement dont il est la fin, est nécessairement en contradiction : le résultat est une force d’opposition, l’égalité trouve sa vérité dans l’équilibre qu’elle établit entre deux mouvements opposés : celui de la différenciation de l’unité dans l’addition, qui entraîne nécessairement sa contradiction dans l’exposition d’une unité réunie sous le signe de la division de l’unité, mais plus en tant que posée comme devenant identique à soi, mais comme étant son autre pure, dont le mouvement est devenu la raison de sa quantité : le 2.
L’autre de l’unité est l’affirmation de la négation de l’unité par son égalité à soi : le 2 est le mouvement qui tire sa raison d’être de l’affirmation de l’identité de l’unité à elle-même.
Le 1 est une quantité en mouvement vers le 2 dès que sa relation à soi, s’exposant dans l’égalité à soi, créer la nécessité d’une contradiction… Le 1 devient le 1 dans le 2.
L’égalité à soi est une contradiction, qui se résout en posant la contradiction comme l’équilibre qui s’affirme (dans l’égalité) à une contradiction d’une nature autre, qui elle est pur mouvement.