Nous vivons l'époque du conflit des paradoxes. Nous sommes à la quête de révolutions pouvant réaliser tous les rêves les plus importants qui sommeillent en l'être humain, mais nous nous sommes développés grâce à un passé que beaucoup cherchent à rendre le plus incompréhensible possible pour pouvoir sauvegarder le confort de leurs idéologies. Une idéologie se développe grâce à la volonté intellectuelle ou instinctive de l'individu. S'il s'agit d'une volonté intellectuelle, elle porte l'orgueil, mais aussi l'autocritique. Si s'agit d'une volonté instinctive, elle porte l'orgueil sans autocritique.
Une idéologie portée par une volonté instinctive est un échec du point de vue intellectuel. Une idéologie portée par une volonté intellectuelle est un échec du point de vue instinctif. Cela dit, l'autocritique a réellement un sens instinctif, puisqu'elle aide réellement le développement de l'intelligence. Il est plus juste alors de penser que la volonté instinctive n'est jamais du fait direct de l'individu, mais de l'influence que son entourage a eu sur lui.
Si cette personne insiste dans sa volonté instinctive, c'est qu'elle n'a pas la capacité de l'ignorer pour des raisons uniques à sa conception de l'existence. Si cette personne n'insiste pas, c'est qu'elle a ignorée volontairement cette volonté instinctive pour se construire une existence plus légitime qu'elle-même en utilisant ses essentiels. Dans ce dernier cas, il n'y a pas de problème. Au contraire, cette bravoure est toujours remarquable, selon-moi.
Si la personne n'a pas la capacité d'ignorer sa volonté instinctive, le meilleur moyen et le moyen le plus rapide de l'aider serait alors la guérison des aliénations de son subconscient. J'ai déjà donné les solutions pour guérir les subconscients de la dévalorisation de la famille et des séquelles de l'esclavage, mais il est tout à fait possible aussi qu'une personne ait son subconscient aliéné pour des raisons qui lui sont uniques. Il est même parfois possible qu'une personne ait elle-même aliénée sont subconscient dans la quête d'une survalorisation illégitime de sa personnalité. C'est alors que naissent les cultes de la personnalité qui provoquent les dictatures, par exemple. Bien sûr, des études plus poussées dans le domaine du subconscient endiguera à jamais ce genre de malfaisance, puisque tous seront conscients de la conscience de leur entourage à ce sujet.
J'ai profondément confiance en la capacité de l'humain de se civiliser. Le civisme procure une légitimité sociale dont les apports intellectuels sont beaucoup plus concrets que n'importe quelles survalorisations de personnalités. L'humanité n'a pas et n'aura jamais une richesse en personnalités réduite, car chaque personnalité est une vérité en soi, aussi déguisée ou superficielle paraît-elle parfois. Le fou n'est pas celui qui ne connaît pas parfaitement sa propre personnalité, c'est celui qui cherche à connaître parfaitement celles d'autrui. Fondamentalement, il y a autant de différences entre deux personnalités que la sommes des différences de tous les rapports avec les essentiels qui ont composé et qui composent encore leurs existences.
Le paradoxe, c'est qu'une personne ne peut pas empêcher les rapports avec ses essentiels et qu'essayer ne fait que la tuer partiellement. Cependant, les adversaires des révolutions dont nous avons besoin se battent tous pour des idées de survie. Ces idées proviennent du passé et ils croient en leur légitimité du simple fait que, eux, êtres du présents, les acceptent encore. Or, accepter une idée est facile. Il est absurde de penser qu'il existe la preuve d'une légitimité dans la capacité d'un individu à accepter une idée. Les personnes intelligentes acceptent les idées des personnes les moins intelligentes, les comprennent et les placent dans un coin relativement superficiel de leurs cerveaux. L'humanité ne parvient plus à savoir clairement ce qui est vrai, mais la supériorité idéologique de l'intelligence sur les idéologies est absolument indéniable. Les personnes intelligentes le savent ; les personnes moins intelligentes le savent aussi, mais instinctivement. Cette réalité est si absolue qu'il est impossible de la nier, et ce, même avec toute la volonté instinctive du monde. Le monde est actuellement organisé sur un soucis impérieux de ne pas laisser la volonté instinctive dominer la volonté intellectuelle et la réussite actuelle de cet objectif est la preuve absolue de sa légitimité relative.
Le paradoxe, c'est que cette légitimité relative s'est ancrée dans la volonté instinctive de la majorité. Aujourd'hui, la majorité désire instinctivement la domination de la volonté intellectuelle, mais le plus fantastique dans tout cela, c'est que comme cette même majorité ignore complètement cette réalité, elle continue d'agir en parfaits petits idéologues du passé, alors qu'elle est déjà très suffisamment intellectuellement apte à commencer les révolutions dont elle a de besoin.