On a tous en nous un nouveau né, un enfant, un adolescent et un adulte.
Le nouveau né en nous a besoin d'amour, d'un amour inconditionnel representé par la mère à qui il a été habitué. On pense tous avoir depassé cet étape de sa vie mais dans les moments les plus dures il revient. C'est lui qui pleure, c'est lui qui est faible, c'est lui qui est incapable d'agir par lui même.
Certains cherchent à cacher sa présence par les femmes, l'alcool ou la drogue. D'autres la renient et font en sorte de le refouler dans leur inconscient. Quand d'autres parviennent à subvenir à ses besoins via l'amour ou l'amitié.
Je pense que ce nouveau né a surtout peur. Peur de l'abandon, peur de la mort, peur de la solitude.
Une autre réponse est donc d'accepter toutes ces choses.
Un nouveau né ne pleure que parce qu'il pense que quelqu'un va venir le sauver.
Peu importe le problème devant soi, si on arrive à accepter pleinement la tragédie et le fait que personne ne viendra nous sauver. Alors il n'y a plus de raison de pleurer.
L'enfant en nous a envie d'être heureux. De jouer, de s'amuser, de rêver. Plus jeune quand nous n'etions encore qu'enfant il était parasité par la présence du nouveau né en lui. Qui attendait le moindre signe de faiblesse pour resurgir. C'est pour cette raison que la tendance des philosophes et autres sages à glorifier la figure de l'enfant parait si bizarre face à la realité de ce qu'est un enfant. A savoir quelque chose de très faible et proche du nouveau né (qui lui n'est que très rarement glorifié ou que ce soit).
Mais effectivement si l'on arrive à le detacher du nouveau né l'enfant en nous est probablement l'un des êtres les plus important. Que ce soit dans sa vie amoureuse ou dans ses projets de réalisation de soi bien souvent tout ce que l'on cherche en réalité c'est à redevenir un enfant. Retrouver cette innocence, cet enthousiasme. Les jeunes mariés en lune de miel ressemblent à des enfants. Le jeune virtuose du piano ou des echecs semble s'amuser comme un enfant.
L'enfant est toujours là, quelque part. Mais sa présence sonne parfois comme un mensonge. Après tout etre un enfant c'est être insouciant. C'est ne pas savoir la réalité de ce monde. Etre un grand enfant sonne donc parfois comme essayer d'oublier/ de se cacher de la realité de ce monde. C'est parfois difficille de s'autoriser à être un enfant. Il est facile quand on est amoureux ou après une série de victoire de s'y autoriser. It "feels right". Mais le reste du temps ca sonne comme un aveu de faiblesse.
Je pense que pour pouvoir rester un enfant, sans être dépendant de circonstances qui nous le permettrait, il faut paradoxalement etre un adulte suffisamment stoique et fort.
L'adulte en nous, le soldat comme j'aime l'appeller, n'existe que pour proteger, agir, resister et garder le controle. Il n'a pas de rêve, il n'a pas d'envie. C'est le cauchemar du jeune adolescent. C'est celui qui accepte l'absurdité du monde et ne cherche même pas à lui apposer une alternative. C'est cet éboueur qui se lève tout les matins pour subvenir au besoin de sa famille. C'est ce père veuf qui s'occuppe de ses enfants après avoir abandonner ses rêves. C'est ce soldat qui se sacrifie dans une guerre sans gloire pour un pays qui l'a renié.
Etre fort et tenir debout juste pour etre fort et tenir debout. Sans en tirer une quelconque fierté.
Sans cet adulte stoique en nous il est très difficille de faire face au monde. Parce qu'il est extremmement cruel. Et il n'est pas supposé ne pas l'être. Je ne pense pas que ca ait beaucoup de sens d'être un adulte pour être un adulte. De la même manière que ca n'a aucun sens d'être un soldat sans patrie ou un père sans enfant. La force de l'adulte n'a pas de sens en soi. Il n'est qu'un support pour un sens externe.
Dans le système que je suis en train d'exposer ce support externe n'a pas forcément besoin d'être actuellement externe. L'adulte en nous peut être là pour proteger l'enfant ou l'adolescent qui nous habite.
C'est pour cette raison que je disais plus tôt qu'il est impossible d'etre un grand enfant sans un être un adulte stoique. Un enfant face à ce monde cruel ne saurait que regressé au niveau du nouveau né, aller pleurer dans les jupes de sa mère. L'adulte lui trouve tout à fait normal cette cruauté, c'est même une occasion pour lui de prouver sa pugnacité.
Mais l'enfant n'offre pas de sens.
Juste "s'amuser" ca n'a pas de sens. "Jouer", "rêver" au fond tout ca n'est pas très profond.
On cherche tous à donner un sens à nos actions. Et le moment ou cette envie a été la plus forte, ou elle s'est melé à toutes nos angoisses existencielle, en général c'est à l'adolescence.
C'est pourquoi à mes yeux l'être le plus important qui nous habite c'est l'adolescent. Encore assez proche de l'enfance pour garder une certaine innocence, suffisamment proche de l'êtat d'adulte pour se rendre compte de la réalité du monde.
L'adolescent en nous est voué à l'echec. Comme tout les rêveurs. Après tout il tente de continuer d'esperer face à un monde qui exige le stoicisme et l'acceptation d'un vrai adulte. Il refuse de tomber dans l'insouciance et le mensonge de l'êtat enfantin et aimerait faire sens des contraires qui lui font face.
L'adolescent peut être comparé au romantique. Qu'il soit amoureux ou conquérant. Il est tétu, suit ses sentiments plus que sa raison et n'a rien contre donné sa vie pour ce en quoi il croit.
Faisant face aux plus d'echecs, aux plus grandes desillusions, sans aucun bouclier (comme l'insouciance de l'enfant ou le stoicisme de l'adulte) c'est probablement l'être le plus suceptible à la faiblesse du nouveau né.
Même un enfant qui pleure comme un bébé ne ressemble pas autant au nouveau né que le romantique qui considère avoir tout perdu.
Au delà de la réponse évidente qui consiste à se comporter comme un adulte. Ce qui est une solution. Et la raison d'être même de ce topic. Être intergénérationnel, être celui que l'on devrait être selon la situation et le besoin. Quand on a besoin de sens être adolescent, quand on a besoin de force être adulte, quand on a besoin d'être heureux être enfant. Le tout sans renier le besoin d'amour du nouveau né qui existe toujours en nous.
Au delà de tout ça, je pense que la seule autre solution pour l'adolescent c'est d'embrasser la tragedie de son existence. D'aimer son destin. Impossible de rester romantique si l'on aime pas les haut et les bas. Si on n'est là que pour les hauts.
Plus facile à dire qu'à faire bien entendu.
Mais en fermant les yeux quelques secondes il est toujours possible de sourire un peu en se disant :
"Ma vie ferait un bon film quand même, voir même un excellent roman."