Ca dépend quel Wittgenstein.
Le premier, celui du Tractatus, raisonne ainsi :
Dire relève d'un discours. Pour que ce discours soit "vrai", il faut qu'il soit isomorphe, c'est à dire qu'il corresponde, avec les faits. Mais certaines choses, par exemple les considérations éthiques ou la logique pure, ne sont pas en rapport avec des faits et donc ne peuvent pas être jugées "vraies ou fausses". Celles-là ne peuvent donc être dites, mais seulement montrées.
Pour le second, celui des cahiers et des investigations :
Wittgenstein propose le fait que lorsque nous apprenons le langage, nous ne pouvons nous passer d'une monstration. Comment je sais que "ceci est rouge" ? Parce que quelqu'un me l'a montré et m'a dit en même temps "ceci est rouge" et ma connaissance du rouge est comme la sédimentation progressive constituée par une série d'actes monstratifs. De même quand j'apprends un jeu : j'ai besoin qu'on me montre les règles, plutôt qu'on me les formule strictement. De sorte que le discours, le dire, est comme étalé sur le montrer. Ainsi, la monstration s'impose au coeur du processus de construction du langage.