Si nous questionnons, nous devenons la réponse. Alors que si nous devenons la réponse, nous ne questionnons pas. Alors, pourquoi questionnons-nous ? Est-ce pour la gloire ? Le plaisir de la parole ? Ou est-ce pour avoir raison ?
Mais qu'est-ce qu'avoir raison ? Si nous avons raison, nous ne comprenons pas notre déraison. Alors que si nous avons tord, nous comprenons notre raison. Ne vaut-il pas mieux, alors, avoir tord ?
Et si nous avions tous tord, qu'est-ce que serait la raison ?
Pourquoi questionnons-nous, si la raison n'est pas la raison, mais la déraison ?
Pourquoi parlons-nous, si notre parole n'est que la déraison de ce qu'il n'est pas la raison, mais l'autre ?
Pourquoi parler, si toute la raison n'est jamais que notre propre déraison ?
Est-ce pour avoir raison ? Si c'est le cas, nous sommes déraisonnable !
Et là je pourrais objecter que la déraison n'existe pas !
Mais si la déraison n'existe pas, alors qui a raison ?
Le sage a raison.
Donc, nous parlons pour la sagesse. Et ainsi va la philosophie.
Donc, la parole est intrinsèquement la philosophie, davantage que le discours en soi.
Donc, lorsque nous philosophons, nous créons de la raison.
Voilà pourquoi philosopher !
Avez-vous des déraisons à ma raison ? 