Il explique sa critique de cette interprétation à https://youtu.be/H7I3hY3Na5U?t=37m07s
Ce qu'il dit est la même chose que ce que j'ai dit ici :
La chose en soi est ce qui produit le phénomène (d'où le "avant notre puissance d'objectivation"), mais aussi ce qui se tient derrière lui (d'où le "au-delà"). Le noumène serait l'idée intelligible de cette chose en soi en tant qu'elle nous échappe.
Pour le dire autrement :
La chose-en-soi est ce substrat métaphysique (ils parlent de "caisse métaphysique" dans ton lien, ce qui est peut-être mieux imagé) qui va s'objectiver sous la forme d'un phénomène (ce que nous pouvons percevoir) et d'un noumène (sa forme intelligible à laquelle nous n'avons pas accès).
Dans cette perspective, le noumène est lié à l'objet, quand la chose-en-soi est tout au plus une "espèce d'extériorité sauvage" précédant cet objet et au-delà de celui-ci.
Dans la vidéo, il dit qu'il ne faut pas "écraser" les différents concepts de la CRP les uns sur les autres. En effet, on comprend bien qu'on a vite fait d'empiler le noumène sur la chose-en-soi et d'en faire une unité, dans la mesure où cela renvoie à chaque fois à ce dont nous n'avons pas accès. Mais je crois que cette erreur n'est pas décisive dans la compréhension du système kantien.