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Altération de la conscience et libre choix

Redbull_CNT
Redbull_CNT
Niveau 10
14 novembre 2020 à 07:54:48

J'aimerais aborder avec vous la question de la psychiatrie.
Certains malades psychiques refusent d'être soignés, doit-on leur imposer? Par exemple, quelqu'un qui refuse d'être soigné d'un cancer, après délibération en sa pleine conscience, c'est son droit, non? Cependant, la maladie psychique, c'est plus compliqué, parce que le fait de refuser des soins peut faire partie de la maladie, comme dans une psychose. Alors doit-on respecter le choix d'un individu malade psychique de s'abstenir d'être soigné dans le principe de la liberté individuelle? Ou alors doit-on lui imposer des soins en partant du principe qu'il sera satisfait une fois soigné, et que donc une fois en pleine conscience et délibération il se dit qu'il aurait souhaité ces soins? Mais il reste le problème des gens qu'on n'arrive jamais à soigner de leurs troubles, et qui donc peuvent souffrir de cet acharnement médical, sans que l'on puisse savoir ce qu'ils auraient souhaité en pleine conscience de soi et capables de délibération.
Personnellement, je réponds à ce paradoxe en partant du principe que la maladie psychique, que ce soit la dépression, la psychose, l'addiction etc. agit comme un dictateur sur la conscience. Ces gens-là vivent dans un dogme permanent qui les empêche de réfléchir et de prendre des décisions rationnelles. Les aider à se libérer de ce dogme est une forme d'éducation, ou plutôt de rééducation, et l'éducation est un outil précieux de liberté. Savoir, c'est pouvoir. L'éducation permet au même titre l'insertion dans la société qui est une composante de la liberté.
Voilà, j'aimerais avoir votre avis sur la question.

Daolong
Daolong
Niveau 10
14 novembre 2020 à 13:59:47

Tout dépend si la personne est d'accord ou pas... Et il y a des moyens subtils pour aider une personne, sans la contraindre ou l'afficher comme malade ou "tu vas voir un psy".

Redbull_CNT
Redbull_CNT
Niveau 10
14 novembre 2020 à 15:24:08

Le 14 novembre 2020 à 13:59:47 Daolong a écrit :
Tout dépend si la personne est d'accord ou pas... Et il y a des moyens subtils pour aider une personne, sans la contraindre ou l'afficher comme malade ou "tu vas voir un psy".

Quel moyen par exemple? Et en quoi il faudrait avoir honte d'être malade, dire de quelqu'un qu'il a un cancer ou une pneumonie ne devrait pas être une insulte, pourquoi être malade psychique le serait?

Daolong
Daolong
Niveau 10
14 novembre 2020 à 17:52:15

Psychique ou psychiatrique ?

Ca dépend de quoi tu veux parler.

Dire malade ou pas malade peut être un point de vue subjectif (sur une analyse objective).

Pour une maladie psychiatrique c'est parfois la nature même de la personne. Elle n'est pas malade par rapport à elle. C'est son état naturel.

Souvent le concept de maladie envoie à une affirmation péjorative.

Dire t'es malade, t'as la covid, c'est pas pareil que de dire t'es malade, va te faire interner.

Redbull_CNT
Redbull_CNT
Niveau 10
14 novembre 2020 à 19:16:31

Le 14 novembre 2020 à 17:52:15 Daolong a écrit :
Psychique ou psychiatrique ?

Ca dépend de quoi tu veux parler.

C'est la même chose.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_psychique

Dire malade ou pas malade peut être un point de vue subjectif (sur une analyse objective).

Une maladie est une altération de ta santé, donc de ton bien-être physiologique. Le cerveau en fait partie. On peut diagnostiquer une maladie somatique tout comme on peut diagnostiquer un trouble psychique, après oui le cerveau est plus complexe, mais ça n'empêche pas de déterminer des maladies, ce qui permet de les traiter.

Pour une maladie psychiatrique c'est parfois la nature même de la personne. Elle n'est pas malade par rapport à elle. C'est son état naturel.

Les troubles psychiques n'apparaissent jamais dès la naissance. A la limite, tu as des troubles du neurodéveloppement comme l'autisme que tu as dès que tu nais, mais pas psychiatriques.

Souvent le concept de maladie envoie à une affirmation péjorative.

Dire t'es malade, t'as la covid, c'est pas pareil que de dire t'es malade, va te faire interner.

Ben si, justement, c'est juste que dans notre culture on a tendance à stigmatiser les "fous", les malades psychiques sont vus comme des nuisibles ou autres stéréotypes. Pourtant, il n'y a pas de honte à être malade, ce n'est pas de ta faute.

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
15 novembre 2020 à 14:15:40

Le 14 novembre 2020 à 07:54:
Redbull_CNT a écrit :
J'aimerais aborder avec vous la question de la psychiatrie.
Certains malades psychiques refusent d'être soignés, doit-on leur imposer? Par exemple, quelqu'un qui refuse d'être soigné d'un cancer, après délibération en sa pleine conscience, c'est son droit, non? Cependant, la maladie psychique, c'est plus compliqué, parce que le fait de refuser des soins peut faire partie de la maladie, comme dans une psychose. Alors doit-on respecter le choix d'un individu malade psychique de s'abstenir d'être soigné dans le principe de la liberté individuelle? Ou alors doit-on lui imposer des soins en partant du principe qu'il sera satisfait une fois soigné, et que donc une fois en pleine conscience et délibération il se dit qu'il aurait souhaité ces soins?

[...]

Personnellement, je réponds à ce paradoxe en partant du principe que la maladie psychique, que ce soit la dépression, la psychose, l'addiction etc. agit comme un dictateur sur la conscience. Ces gens-là vivent dans un dogme permanent qui les empêche de réfléchir et de prendre des décisions rationnelles. Les aider à se libérer de ce dogme est une forme d'éducation, ou plutôt de rééducation, et l'éducation est un outil précieux de liberté. Savoir, c'est pouvoir. L'éducation permet au même titre l'insertion dans la société qui est une composante de la liberté.
Voilà, j'aimerais avoir votre avis sur la question.

:d) Tu le dis toi-même : dans le cas où sa maladie psychique affecte ses décisions, il n'est plus responsable de ses propres choix...
Après, moi je dirais qu'il faut voir selon qu'il soit dangereux pour les autres ou non, c'est surtout ça qui importe.
Si sa maladie reste inoffensive pour autrui, il peut voir autant de licornes roses invisibles qu'il veut : moi ça ne me dérangera pas.
Le souci, c'est s'il doit gérer une entreprise, par exemple car dans ce cas, les employés de l'entreprise dépendent de ses décisions...

[...]

Mais il reste le problème des gens qu'on n'arrive jamais à soigner de leurs troubles, et qui donc peuvent souffrir de cet acharnement médical, sans que l'on puisse savoir ce qu'ils auraient souhaité en pleine conscience de soi et capables de délibération.

[...]

:d) soigner, ou guérir ?
La schizophrénie, par exemple, on ne sait pas la guérir, mais on sait très bien la soigner.

(N.B.: Plop à toi, au fait :hap: )

Message édité le 15 novembre 2020 à 14:17:35 par edophoenix
Redbull_CNT
Redbull_CNT
Niveau 10
15 novembre 2020 à 14:25:35

Le 15 novembre 2020 à 14:15:40 edophoenix a écrit :

Le 14 novembre 2020 à 07:54:
Redbull_CNT a écrit :
J'aimerais aborder avec vous la question de la psychiatrie.
Certains malades psychiques refusent d'être soignés, doit-on leur imposer? Par exemple, quelqu'un qui refuse d'être soigné d'un cancer, après délibération en sa pleine conscience, c'est son droit, non? Cependant, la maladie psychique, c'est plus compliqué, parce que le fait de refuser des soins peut faire partie de la maladie, comme dans une psychose. Alors doit-on respecter le choix d'un individu malade psychique de s'abstenir d'être soigné dans le principe de la liberté individuelle? Ou alors doit-on lui imposer des soins en partant du principe qu'il sera satisfait une fois soigné, et que donc une fois en pleine conscience et délibération il se dit qu'il aurait souhaité ces soins?

[...]

Personnellement, je réponds à ce paradoxe en partant du principe que la maladie psychique, que ce soit la dépression, la psychose, l'addiction etc. agit comme un dictateur sur la conscience. Ces gens-là vivent dans un dogme permanent qui les empêche de réfléchir et de prendre des décisions rationnelles. Les aider à se libérer de ce dogme est une forme d'éducation, ou plutôt de rééducation, et l'éducation est un outil précieux de liberté. Savoir, c'est pouvoir. L'éducation permet au même titre l'insertion dans la société qui est une composante de la liberté.
Voilà, j'aimerais avoir votre avis sur la question.

:d) Tu le dis toi-même : dans le cas où sa maladie psychique affecte ses décisions, il n'est plus responsable de ses propres choix...
Après, moi je dirais qu'il faut voir selon qu'il soit dangereux pour les autres ou non, c'est surtout ça qui importe.
Si sa maladie reste inoffensive pour autrui, il peut voir autant de licornes roses invisibles qu'il veut : moi ça ne me dérangera pas.
Le souci, c'est s'il doit gérer une entreprise, par exemple car dans ce cas, les employés de l'entreprise dépendent de ses décisions...

Il peut se faire à lui-même aussi, et dans une société, en tout cas une société saine, le handicap d'un individu affecte le fonctionnement de celle-ci, puisqu'il est en incapacité de travailler ou de communiquer avec ses proches, traiter ou réduire son handicap permet à la fois d'améliorer son propre bien-être et celui de son entourage.

[...]

Mais il reste le problème des gens qu'on n'arrive jamais à soigner de leurs troubles, et qui donc peuvent souffrir de cet acharnement médical, sans que l'on puisse savoir ce qu'ils auraient souhaité en pleine conscience de soi et capables de délibération.

[...]

:d) soigner, ou guérir ?
La schizophrénie, par exemple, on ne sait pas la guérir, mais on sait très bien la soigner.

Je n'ai pas utilisé le bon terme en effet, je pense que je parlais plutôt de guérison ici.

(N.B.: Plop à toi, au fait :hap: )

:-)))

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 novembre 2020 à 14:37:02

Olé all,

Edo : Après, moi je dirais qu'il faut voir selon qu'il soit dangereux pour les autres ou non,

RedBull: Il peut se faire à lui-même aussi,

Donc les 2....

c'est surtout ça qui importe.

:)

Message édité le 15 novembre 2020 à 14:38:33 par Pseudo supprimé
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