Dans le dernier topic d’Elina, j’ai basé mon argumentation sur l’idée qu’il ne peut y avoir un devoir moral que si on est capable de le réaliser https://www.jeuxvideo.com/toto_au_bistro/forums/message/1031035959
Cette idée a été notamment avancée par Kant :
Car si la loi morale commande que nous « devons » être de meilleurs êtres humains maintenant, il en résulte inévitablement que nous devons être « capables » d'être de meilleurs êtres humains.
https://fr.wikipedia.org/g/wiki/Devoir_implique_pouvoir
On peut justifier ce principe de différents manières. Par exemple :
- Si on fait moralement de notre mieux dans une situation donnée, alors on a fait tout ce qu’on doit faire dans cette situation donnée
- On peut toujours faire moralement de notre mieux
- Donc, on peut toujours faire ce qu’on doit faire
Ca paraît assez intuitif. Si je ne peux pas empêcher quelqu’un de se noyer, je ne suis pas moralement responsable parce que je n’aurais rien fait.
Mais est-ce que c’est toujours le cas ? Si je contracte une grosse dette et que pour une certaine raison (par exemple une crise économique) je me retrouve dans l’impossibilité de la rembourser. Il devient physiquement impossible pour moi de rembourser cette dette même en travaillant normalement toute ma vie.
Sachant que je ne peux pas rembourser cette dette, alors je ne devrais pas avoir l’obligation de rembourser cette dette, non ? Pourtant, j’ai l’intuition que cette obligation m’incombe toujours. Ce n’est pas parce que je ne peux pas rembourser la dette que je ne dois plus rembourser la dette.
Ce qu’il se passe dans ce genre de cas, c’est probablement qu’on substitue le devoir devenu irréalisable par un devoir beaucoup réaliste. Dans le cas de la dette, on va imaginer une autre forme de compensation. Peut-être qu’il faut saisir ma maison. Ou bien il faut annuler une partie de la dette et imposer un prélèvement mensuel en fonction des capacités.
Au final, j’ai donc bien l’impression que “devoir implique pouvoir”.
Message édité le 03 avril 2020 à 20:03:55 par Pseudo supprimé