Je dirais qu'il y a une universalité dans la nature de la logique, mais une individualité dans son appréhension. Si on avait tous la même façon d'appréhender la logique, on serait tous bons mathématiciens, dirait Poincaré.
L'exemple du fromage à trou par exemple, on sait aujourd'hui que ce n'est pas un paradoxe de logique, au sens de la syntaxique, mais un paradoxe sémantique (en l'occurrence, tenant de la confusion du concept de fromage vu comme la pâte + les trous ou juste vu comme la pâte). Cela étant, ce qui me semble pertinent dans ce sophisme, ce n'est pas tant sa solution que le fait même qu'on le considère comme un paradoxe logique (alors qu'il n'en est pas un comme dit ci-dessus), ce qui témoigne bien des différentes appréhensions et compréhensions de la logique.
Bref, quelqu'un l'a déjà dit au dessus, dans le langage courant, ce qui est logique est ce qui est validé par notre expérience quotidienne, si bien que quand on dit "c'est logique" dans le langage courant, ce n'est pas que ça tombe sous le sens (celui de la raison), mais que ça tombe sous LES sens (les nôtres).
Aussi, lorsque j'ai montré à mes élèves la fameuse vidéo d'une plume qui tombe aussi vite qu'une boule de bowling dans la chambre à vide, ça tombait sous le sens pour moi (celui de la théorie de la gravitation), mais ça ne tombait pas sous LES sens de mes élèves, qui ont au quotidien l'habitude de voir les choses plus lourdes tomber plus vite (ou du moins, c'est la relation qu'ils pensaient avoir inféré de leur expérience). Et puis, lorsqu'on tente de justifier avec le coup de la ficelle qui relit les deux objets, alors là ça commence à tomber sous LE sens pour eux, mais toujours pas sous LES sens. C'est bien pour cela qu'un résultat mathématique ou physique pour un élève peut sembler illogique, non dans sa nature rationnelle, mais dans son interprétation empirique sensible.