Parlons enfin des enfants qui s’habituent, des mères affolées cherchant le sein pour étouffer leurs enfants, des pères criminels qui donnent la vie comme on sème le poison de guerre. Regardons la vie qui se déroule, qui se dérobe, regardons nos efforts pour s’y accrocher, mais à quoi s’accrocher ? Parlons des mystères, des yeux qui s’écarquillent, des mains qui s’ouvrent de colère. Je parle à ceux au regard toujours grand ouvert au ciel, qui tentent de parler, de poser les…, mais qui ont compris qu’il faut toujours chercher. Et le soleil qui se couche, une autre journée oubliée, le noir, le ciel, toujours mystérieux. Sentons l’air qui nous surprend, et si vous êtes enrhumés étouffez-vous de sable pour enfin respirer. Regardons les affolés par la routine, les bâtiments qui pullulent par envie. Arrêtez, arrêtons de mendier, de prier, de jouer, d’aimer, de tuer, de pleurer. Partons, main dans la main dans le silence des incompris, et même le couteau tenu sourions nous de compassion, de mélancolie, d’incompréhension, face à la vie. Ne pas détourner le regard, affronter le silence de l’autre comme on affronte celui de la vie, et même s’il est plus apaisant par l’expression de nos malheurs, gardons nos réjouissances et par une plus grande froideur admettons notre vengeance ; celle faite à son silence... J’appelle ceux qui le peuvent toujours, rejoignez moi dans l’exaltation du nouveau né, avec celui qui découvre, celui qui s’impatiente pour la première fois des réponses, celui qui en a trop à poser. Rejoignez-moi et oubliez tout ce que vous savez, de la vie, des réponses. Étonnons-nous, toujours et encore comme des enfants, revenons à nos cris de douleurs, au cri de celui qui sort du ventre de sa mère, qui découvre, horrifié, sans mots, le silence lugubre, la véritable incompréhension.