La conscience est moins complexe que la folie. J'ai pour habitude de dire que l'imagination est plus complexe que la vie, d'où la folie. La conscience est le bien. Le bien est égal entre la femme et l'homme. La conscience n'est ni la femme ni l'homme. Mais la conscience n'est pas morte. Alors, qu'est-ce que la conscience ?
La conscience s'en va, la conscience s'en vient, l'âme demeure. L'âme est simple à définir ; la conscience ne l'est pas. Est-ce un train ? Un train qui convoie l'âme ? C'est ça. La conscience est un train qui convoie l'âme.
Mais où la convoie-t-elle ? La conscience serpente entre le sacré et le maudit. La sacré dit tout, questionne. La maudit ne dit rien, alimente. La conscience est une soif qui se heurte à la question, puis à l'aliment, puis à la question, etc. Entre les désirs et les convulsions, partant de la mort, allant vers la vie. La sacré à gauche. Le maudit à droite. Où l'inverse, selon le côté de l'Atlantique où nous habitons.
Mais la conscience est aussi la conscience du Tout. Tout a une conscience. Nous nous battons pour le Tout, mais le Tout ne meurt pas et nous sommes mortels. Cependant, nous sommes tous au centre du Tout et lorsque nous sommes au centre du Tout, la mort arrive lentement pour nous tuer, représentant la vie. La conscience du Tout, qui est la deuxième conscience, est aussi la mort. C'est la mort de l'enfance, le deuxième baptême après l'épreuve d'exclusion, l'entrée dans l'âge adulte. Et la deuxième conscience devient la première et unique conscience : la conscience de soi.
La dualité entre le feu et l'air ; puis la dualité entre l'eau et la terre, deux fois plus complexe ; puis la dualité entre la vie et la mort, trois fois plus complexe que la dualité entre le feu et l'air ; ces trois dualités formes le réels visibles. Ensuite vient le réel invisible, formé de quatre dualité. La dualité quatre, pour quatre fois plus complexe que la dualité entre le feu et l'air, est la dualité entre Tout et le réel. La dualité cinq est la dualité entre le sacré et le maudit. La dualité six est la dualité entre la conscience et l'âme. La dualité sept est la dualité entre le langage et la folie.
Le langage et la folie. Cela veut-il dire qu'il est possible de contrer la folie de par le langage ?
Personnellement, je sais par expérience que le langage élève et que cette élévation peut contrer la folie. Mais je ne suis pas sûr que c'est en cela le mécanisme de la folie, qui m'apparaît plus complexe.
Selon ma vision à moi, la folie a des bons côtés. Elle rend discipliné, pousse à faire des efforts, etc. Je parle là d'une folie large, tolérante et guidée par la foi qui, même chez un agnostique ou un athée, existe. Cette folie a-t-elle une place dans notre société ? Au fond, je confond peut-être la folie et l'amour ? Mais n'est-ce pas un peu ça, le génie ?