+1, [jesuispartout].
Le terme "objectif" m'a souvent troublé dans mes études, mais sa définition est toute bête: est objectif ce qui se rapporte à un objet, tout simplement. Cela peut être un objet empirique ou plus abstrait, comme en effet l'objet de notre attention intellectuelle -- qui est par définition subjective, dépendante de notre conscience individuelle et historique (par où l'on voit que l'opposition habituelle entre subjectivité et objectivité n'est que la conséquence d'une mauvaise définition des deux termes).
Je crois aussi en l'existence d'un bien absolu, et j'aime l'appeler Dieu.
Mais je ne l'identifie pas à l'ordre, même si comme tu l'as dit ce n'est pas absurde de le penser.
Faire de notre raison ordonnatrice le modèle de fondation du monde me semble relever d'un rationnalisme et d'un anthropomorphisme douteux. La raison et l'idée d'ordre ne sont "que" des outils humains indispensables pour rendre possible la vie humaine, mais cela ne prouve rien quant à l'organisation réelle du monde. Nous disons que tel corps malade doit être soigné : c'est là notre ordre, dans tous les sens du terme. Mais aux yeux de la Nature cruelle et indifférente, il n'y a que de la matière en décomposition ou en recomposition. C'est nous qui interprétons la maladie comme un phénomène où certaines parties du corps font trop de bruit, partent en couille ou en rébellion, car on le rapporte à un ordre imaginé de santé et de silence, souhaitable pour notre vie humaine ; mais ce n'est, objectivement, qu'une métamorphose de la matière.
Message édité le 18 juin 2017 à 22:25:33 par shayde09