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Topic Moins c'est mieux

Sujet : Moins c'est mieux

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toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
14 mai 2017 à 15:32:17

Parmi les choses qui conditionnent nos choix et notre vie, Sénèque évoque différentes peurs comme la peur de la mort ou la peur de pauvreté. Face à la peur de la pauvreté, il propose la frugalité, la nonchalance et des exercices pratiques sur la pauvreté. Selon lui, on peut se satisfaire de peu et le pauvre qui arriverait à satisfaire ces besoins minimum pourrait être plus heureux que le riche angoissé de perdre ce qu'il a.

Sans vraiment adhérer au stoïcisme de manière général, je suis assez séduit par cette conception et ça fait plusieurs années que je pratique un peu le minimalisme en réduisant mes posessions matérielles par exemple. Je distingue cela de l'ascétisme, je ne pense pas qu'il faut se priver. Je tend à privilégier les biens immatériels (un bon diner par exemple) aux biens matériels (un nouveau smartphone). Pour en revenir un peu à Sénèque, il n'y a pas d'attachement aux biens immatériels vu qu'ils sont par nature évanescents au contraire de la majorité des biens matériels.

Il est à noter qu'avec le numérique il y a une énorme possibilité de réduire toutes sortes de contraintes matérielles. Par exemple, cela ne sert plus à rien de posséder de la musique avec toutes les plateformes en ligne. Je voulais partager avec vous cette philosophie pratique du « Less is more ». Personnellement, j'ai jamais regretté de m'être débarrassé de quelque chose et je trouve ça assez apaisant d'avoir moins de choses.

Pseudo supprimé
14 mai 2017 à 16:17:28

Salut, enfant du diable.

Je ne connais pas Sénèque, mais je trouve son nom rigolo.

Je ne suis pas d'accord pour dire que tu ne peux pas développer d'attachement aux biens immatériels.
Explication :
Prenons l'exemple de ton bon dîner. Tu peux tout à fait développer un attachement particulier à une nourriture particulière.
Le cas le plus extrême est celui de l'addaction : alcool, drogue, tabac, jeux...
Dans ces cas là on s'attache à un mode de vie (pas forcément matérialiste) que l'on ne veut pas perdre.
Tout comme on peux s'attacher à la présence de certaine personnes, de certain lieux.

Ensuite, cela n'engage que moi, mais le coup du less is more je ne pense pas que ce soit viable sur le long terme. Il surgira toujours, à un moment où un autre, une envie folle que tu ne pourras pas repousser.

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

foundernoob
foundernoob
MP
14 mai 2017 à 16:37:44

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

Encore faut il rêver d'avoir plus...de biens...
Étant partisan de cette philosophie du "moins c'est mieux", j'en suis arrivé à ne plus comprendre comment on peut être heureux parce que l'on possède ou que l'on va posséder le dernier Iphone, si tu pouvais expliquer ce qui te rend heureux ?

toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
14 mai 2017 à 16:51:30

Le 14 mai 2017 à 16:17:28 Veinnes a écrit :
Salut, enfant du diable.

Je ne connais pas Sénèque, mais je trouve son nom rigolo.

Je ne suis pas d'accord pour dire que tu ne peux pas développer d'attachement aux biens immatériels.
Explication :
Prenons l'exemple de ton bon dîner. Tu peux tout à fait développer un attachement particulier à une nourriture particulière.
Le cas le plus extrême est celui de l'addaction : alcool, drogue, tabac, jeux...
Dans ces cas là on s'attache à un mode de vie (pas forcément matérialiste) que l'on ne veut pas perdre.
Tout comme on peux s'attacher à la présence de certaine personnes, de certain lieux.

Je ne parle pas de la même chose. Le bon dîner en tant que bien immatériel c'est pour moi une expérience (le fait de partager un moment avec d'autres personnes, le cadre, le lieu, le goût des plats etc.).

Les cas d'addiction que tu cites rentrent pour moi dans la catégorie des biens matériels même s'ils se consomment (cas que je n'avais pas exclu dans mon texte).

Ensuite, cela n'engage que moi, mais le coup du less is more je ne pense pas que ce soit viable sur le long terme. Il surgira toujours, à un moment où un autre, une envie folle que tu ne pourras pas repousser.

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

C'est là où Sénèque (et un peu moi-même) est en désaccord. Il n'a pas la même conception du bonheur que toi :

On peut définir encore autrement le bonheur tel que nous l'entendons, c'est-à-dire formuler le même sens, en changeant les termes. Tout comme la même armée tantôt se développe au large, tantôt se masse sur un terrain étroit, ou se courbe au centre en forme de croissant, ou déploie de front toute sa ligne, sans perdre de sa force quelle que soit sa distribution, sans changer d'esprit ni de drapeau ; ainsi la définition du souverain bien peut s'allonger et s'étendre, selon les goûts divers, comme se resserrer et se réduire. Ce sera donc tout un si je dis : « Le souverain bien, c'est une âme qui dédaigne toute chose fortuite, et qui fait sa joie de la vertu ; » ou bien : « C'est l'invincible énergie d'une âme éclairée sur les choses de la vie, calme dans l'action, toute bienveillante et du commerce le plus obligeant. » Je suis libre de dire encore : « Celui-là est heureux pour lequel il n'est de bien ou de mal qu'une âme bonne ou dépravée ; qui cultive l'honnête, et, content de sa seule vertu, ne se laisse ni enfler ni abattre par les événements ; qui ne connaît pas de plus grandes délices que celles qu'il puise, dans son cœur, et pour qui la vraie volupté est le mépris des voluptés[288]. » Tu peux, en te donnant carrière, faire prendre au même fonds diverses formes, tu n'altéreras ni ne modifieras sa valeur. Par exemple qui nous empêche d'appeler le bonheur une âme libre, élevée, intrépide et constante, placée en dehors de la crainte, en dehors de toute cupidité, aux yeux de laquelle l'unique bien est l'honnête, l'unique mal l'infamie, et tout le reste un vil amas d'objets qui n'ôtent rien à la vie heureuse, n'y ajoutent rien et, sans accroître ou diminuer le souverain bien, peuvent arriver ou s'en aller ? L’homme établi sur une telle base aura, ne le cherchât-il point, pour compagnes nécessaires une perpétuelle sérénité, une satisfaction profonde comme la source dont elle sort, heureux de ses propres biens et ne souhaitant rien de plus grand que ce qu'il trouve en soi. Ne sera-ce point compenser dignement les sensations émoussées, frivoles, si peu persévérantes d'une méprisable chair ? Le jour où le plaisir deviendrait son maître, la douleur le serait aussi.

Sénèque, De la vie heureuse

Pour lui le bonheur se situe dans la vertu (le souverain bien) et dans le fait de se dégager de nos espoirs et de nos peurs. Pour résumer : « regarde vers le vrai bien et réjouis-toi de ce qui est à toi » (Sénèque, Lettre 23, Lettres à Lucilius)

Message édité le 14 mai 2017 à 16:54:11 par toto_au_bistro
Pseudo supprimé
14 mai 2017 à 17:17:21

Le 14 mai 2017 à 16:37:44 foundernoob a écrit :

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

Encore faut il rêver d'avoir plus...de biens...
Étant partisan de cette philosophie du "moins c'est mieux", j'en suis arrivé à ne plus comprendre comment on peut être heureux parce que l'on possède ou que l'on va posséder le dernier Iphone, si tu pouvais expliquer ce qui te rend heureux ?

Oh bin ça c'est personnel mec : chacun ses rêves, ses envies. Pour le coup de l'iPhone je pense que c'est très lié à la norme sociale. Dans tout les cas, si les gens sont heureux en possédant des téléphones ou des dizaines de chaussures, grand bien leur fasse !
Je me vois mal critiquer cela :)

L'important c'est que le bonheur ne peux être un stade émotionnel permanant. Il n'existe que "grace" aux moment où on est moins bien, où il nous manque quelque chose.

Le 14 mai 2017 à 16:51:30 toto_au_bistro a écrit :

Le 14 mai 2017 à 16:17:28 Veinnes a écrit :
Salut, enfant du diable.

Je ne connais pas Sénèque, mais je trouve son nom rigolo.

Je ne suis pas d'accord pour dire que tu ne peux pas développer d'attachement aux biens immatériels.
Explication :
Prenons l'exemple de ton bon dîner. Tu peux tout à fait développer un attachement particulier à une nourriture particulière.
Le cas le plus extrême est celui de l'addaction : alcool, drogue, tabac, jeux...
Dans ces cas là on s'attache à un mode de vie (pas forcément matérialiste) que l'on ne veut pas perdre.
Tout comme on peux s'attacher à la présence de certaine personnes, de certain lieux.

Je ne parle pas de la même chose. Le bon dîner en tant que bien immatériel c'est pour moi une expérience (le fait de partager un moment avec d'autres personnes, le cadre, le lieu, le goût des plats etc.).

J'entends bien, et je te dis que tu peux devenir dépendant à ce genre d'expérience.
Étant expatrié en Afrique, mes amis, les repas français, la pluie me manquent énormément. Je sais que je ne pourrai pas être bien si je n'ai pas tout ça (probablement parceque j'y ai pris goût par le passé). C'est quelque chose que je RESSENS comme un manque.

Les cas d'addiction que tu cites rentrent pour moi dans la catégorie des biens matériels même s'ils se consomment (cas que je n'avais pas exclu dans mon texte).

Ensuite, cela n'engage que moi, mais le coup du less is more je ne pense pas que ce soit viable sur le long terme. Il surgira toujours, à un moment où un autre, une envie folle que tu ne pourras pas repousser.

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

C'est là où Sénèque (et un peu moi-même) est en désaccord. Il n'a pas la même conception du bonheur que toi :

On peut définir encore autrement le bonheur tel que nous l'entendons, c'est-à-dire formuler le même sens, en changeant les termes. Tout comme la même armée tantôt se développe au large, tantôt se masse sur un terrain étroit, ou se courbe au centre en forme de croissant, ou déploie de front toute sa ligne, sans perdre de sa force quelle que soit sa distribution, sans changer d'esprit ni de drapeau ; ainsi la définition du souverain bien peut s'allonger et s'étendre, selon les goûts divers, comme se resserrer et se réduire. Ce sera donc tout un si je dis : « Le souverain bien, c'est une âme qui dédaigne toute chose fortuite, et qui fait sa joie de la vertu ; » ou bien : « C'est l'invincible énergie d'une âme éclairée sur les choses de la vie, calme dans l'action, toute bienveillante et du commerce le plus obligeant. » Je suis libre de dire encore : « Celui-là est heureux pour lequel il n'est de bien ou de mal qu'une âme bonne ou dépravée ; qui cultive l'honnête, et, content de sa seule vertu, ne se laisse ni enfler ni abattre par les événements ; qui ne connaît pas de plus grandes délices que celles qu'il puise, dans son cœur, et pour qui la vraie volupté est le mépris des voluptés[288]. » Tu peux, en te donnant carrière, faire prendre au même fonds diverses formes, tu n'altéreras ni ne modifieras sa valeur. Par exemple qui nous empêche d'appeler le bonheur une âme libre, élevée, intrépide et constante, placée en dehors de la crainte, en dehors de toute cupidité, aux yeux de laquelle l'unique bien est l'honnête, l'unique mal l'infamie, et tout le reste un vil amas d'objets qui n'ôtent rien à la vie heureuse, n'y ajoutent rien et, sans accroître ou diminuer le souverain bien, peuvent arriver ou s'en aller ? L’homme établi sur une telle base aura, ne le cherchât-il point, pour compagnes nécessaires une perpétuelle sérénité, une satisfaction profonde comme la source dont elle sort, heureux de ses propres biens et ne souhaitant rien de plus grand que ce qu'il trouve en soi. Ne sera-ce point compenser dignement les sensations émoussées, frivoles, si peu persévérantes d'une méprisable chair ? Le jour où le plaisir deviendrait son maître, la douleur le serait aussi.

Sénèque, De la vie heureuse

Pour lui le bonheur se situe dans la vertu (le souverain bien) et dans le fait de se dégager de nos espoirs et de nos peurs. Pour résumer : « regarde vers le vrai bien et réjouis-toi de ce qui est à toi » (Sénèque, Lettre 23, Lettres à Lucilius)

Je pense avoir compris l'idée, mais je vais me répéter : de mon point de vue le bonheur ne peut pas être définitif, ou alors qu'à travers un espèce d'état de non conscience.
Pour nous autres, les biens vivants, la vie se compose d'envie, de joie et de déception. Tout ces sentiments pourront naître chez certains de raisons matérielles, pour vous se sera sans doute des causes plus spirituelles. Mais au final, on reste tous sur le même bateau :)

toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
14 mai 2017 à 17:24:38

Le 14 mai 2017 à 17:17:21 Veinnes a écrit :

Le 14 mai 2017 à 16:37:44 foundernoob a écrit :

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

Encore faut il rêver d'avoir plus...de biens...
Étant partisan de cette philosophie du "moins c'est mieux", j'en suis arrivé à ne plus comprendre comment on peut être heureux parce que l'on possède ou que l'on va posséder le dernier Iphone, si tu pouvais expliquer ce qui te rend heureux ?

Oh bin ça c'est personnel mec : chacun ses rêves, ses envies. Pour le coup de l'iPhone je pense que c'est très lié à la norme sociale. Dans tout les cas, si les gens sont heureux en possédant des téléphones ou des dizaines de chaussures, grand bien leur fasse !
Je me vois mal critiquer cela :)

L'important c'est que le bonheur ne peux être un stade émotionnel permanant. Il n'existe que "grace" aux moment où on est moins bien, où il nous manque quelque chose.

Le 14 mai 2017 à 16:51:30 toto_au_bistro a écrit :

Le 14 mai 2017 à 16:17:28 Veinnes a écrit :
Salut, enfant du diable.

Je ne connais pas Sénèque, mais je trouve son nom rigolo.

Je ne suis pas d'accord pour dire que tu ne peux pas développer d'attachement aux biens immatériels.
Explication :
Prenons l'exemple de ton bon dîner. Tu peux tout à fait développer un attachement particulier à une nourriture particulière.
Le cas le plus extrême est celui de l'addaction : alcool, drogue, tabac, jeux...
Dans ces cas là on s'attache à un mode de vie (pas forcément matérialiste) que l'on ne veut pas perdre.
Tout comme on peux s'attacher à la présence de certaine personnes, de certain lieux.

Je ne parle pas de la même chose. Le bon dîner en tant que bien immatériel c'est pour moi une expérience (le fait de partager un moment avec d'autres personnes, le cadre, le lieu, le goût des plats etc.).

J'entends bien, et je te dis que tu peux devenir dépendant à ce genre d'expérience.
Étant expatrié en Afrique, mes amis, les repas français, la pluie me manquent énormément. Je sais que je ne pourrai pas être bien si je n'ai pas tout ça (probablement parceque j'y ai pris goût par le passé). C'est quelque chose que je RESSENS comme un manque.

J'en doute pas. Ce que le stoïcien peut répondre, c'est que tu aurais dû pratiquer des exercices pour te préparer à ce manque.

Pseudo supprimé
14 mai 2017 à 17:27:15

Le 14 mai 2017 à 17:24:38 toto_au_bistro a écrit :

Le 14 mai 2017 à 17:17:21 Veinnes a écrit :

Le 14 mai 2017 à 16:37:44 foundernoob a écrit :

Je crois même que c'est très sain de courir après ses rêves de temps à autres, même s'il sont niais (cf le nouvel iPhone). Parce qu'en somme le bonheur dépend moins de se que l'on possède que de ce qu'on pourrait posséder.

Encore faut il rêver d'avoir plus...de biens...
Étant partisan de cette philosophie du "moins c'est mieux", j'en suis arrivé à ne plus comprendre comment on peut être heureux parce que l'on possède ou que l'on va posséder le dernier Iphone, si tu pouvais expliquer ce qui te rend heureux ?

Oh bin ça c'est personnel mec : chacun ses rêves, ses envies. Pour le coup de l'iPhone je pense que c'est très lié à la norme sociale. Dans tout les cas, si les gens sont heureux en possédant des téléphones ou des dizaines de chaussures, grand bien leur fasse !
Je me vois mal critiquer cela :)

L'important c'est que le bonheur ne peux être un stade émotionnel permanant. Il n'existe que "grace" aux moment où on est moins bien, où il nous manque quelque chose.

Le 14 mai 2017 à 16:51:30 toto_au_bistro a écrit :

Le 14 mai 2017 à 16:17:28 Veinnes a écrit :
Salut, enfant du diable.

Je ne connais pas Sénèque, mais je trouve son nom rigolo.

Je ne suis pas d'accord pour dire que tu ne peux pas développer d'attachement aux biens immatériels.
Explication :
Prenons l'exemple de ton bon dîner. Tu peux tout à fait développer un attachement particulier à une nourriture particulière.
Le cas le plus extrême est celui de l'addaction : alcool, drogue, tabac, jeux...
Dans ces cas là on s'attache à un mode de vie (pas forcément matérialiste) que l'on ne veut pas perdre.
Tout comme on peux s'attacher à la présence de certaine personnes, de certain lieux.

Je ne parle pas de la même chose. Le bon dîner en tant que bien immatériel c'est pour moi une expérience (le fait de partager un moment avec d'autres personnes, le cadre, le lieu, le goût des plats etc.).

J'entends bien, et je te dis que tu peux devenir dépendant à ce genre d'expérience.
Étant expatrié en Afrique, mes amis, les repas français, la pluie me manquent énormément. Je sais que je ne pourrai pas être bien si je n'ai pas tout ça (probablement parceque j'y ai pris goût par le passé). C'est quelque chose que je RESSENS comme un manque.

J'en doute pas. Ce que le stoïcien peut répondre, c'est que tu aurais dû pratiquer des exercices pour te préparer à ce manque.

Pourquoi donc ? C'est un manque sain ! Quand je rentre à chaque vacance je me régale comme jamais ! Je vais sous la pluie en t-shirt comme un gamin, je redonne du sens à tout ces petits plaisirs.

shayde09
shayde09
MP
14 mai 2017 à 19:29:23

Connais-tu ce poème de Jaccottet, toto?

Sinon, lis, et tu me remercieras plus tard :

http://www.florilege.free.fr/florilege/phj/quelafin.htm

[jesuispartout]
[jesuispartout]
MP
14 mai 2017 à 20:00:28

Bien ; laisse-moi, shayde, te remercier maintenant de m'avoir fait découvrir il n'y a pas encore longtemps le Jacottet poète, que j'avais grand malheur de ne pas connaître.

Depuis lors, mes joies estivales mêmes s'éclairent un peu mieux à la lumière d'hiver.

foundernoob
foundernoob
MP
14 mai 2017 à 20:11:57

Oh bin ça c'est personnel mec : chacun ses rêves, ses envies. Pour le coup de l'iPhone je pense que c'est très lié à la norme sociale. Dans tout les cas, si les gens sont heureux en possédant des téléphones ou des dizaines de chaussures, grand bien leur fasse !
Je me vois mal critiquer cela :)

L'important c'est que le bonheur ne peux être un stade émotionnel permanant. Il n'existe que "grace" aux moment où on est moins bien, où il nous manque quelque chose.

Mais justement, le désir n'est il pas un obstacle au vrai bonheur ?
(Cf Le tonneau percé de Platon)

Message édité le 14 mai 2017 à 20:12:38 par foundernoob
toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
14 mai 2017 à 20:49:12

Le 14 mai 2017 à 19:29:23 shayde09 a écrit :
Connais-tu ce poème de Jaccottet, toto?

Sinon, lis, et tu me remercieras plus tard :

http://www.florilege.free.fr/florilege/phj/quelafin.htm

Je ne connaissais pas et je lis pratiquement jamais de poésie. Merci à toi !

Pseudo supprimé
14 mai 2017 à 20:52:20

Le 14 mai 2017 à 20:11:57 foundernoob a écrit :

Oh bin ça c'est personnel mec : chacun ses rêves, ses envies. Pour le coup de l'iPhone je pense que c'est très lié à la norme sociale. Dans tout les cas, si les gens sont heureux en possédant des téléphones ou des dizaines de chaussures, grand bien leur fasse !
Je me vois mal critiquer cela :)

L'important c'est que le bonheur ne peux être un stade émotionnel permanant. Il n'existe que "grace" aux moment où on est moins bien, où il nous manque quelque chose.

Mais justement, le désir n'est il pas un obstacle au vrai bonheur ?
(Cf Le tonneau percé de Platon)

Chep' ce qu'est le "vrai bonheur", personnellement je trouve le bonheur "simple" largement suffisant :)
Du coup, on en vient presque à aimer les moment de galère rien parce qu'on sait qu'on va finir par s'en sortir. J'pense que c'est de cette alternance chaud-froid, plaisir-frustation, que né le bonheur

shayde09
shayde09
MP
15 mai 2017 à 00:31:16

Le 14 mai 2017 à 20:00:28 [jesuispartout] a écrit :
Bien ; laisse-moi, shayde, te remercier maintenant de m'avoir fait découvrir il n'y a pas encore longtemps le Jacottet poète, que j'avais grand malheur de ne pas connaître.

Depuis lors, mes joies estivales mêmes s'éclairent un peu mieux à la lumière d'hiver.

Le plaisir est pour moi camarade !

Amicalement et poétiquement tien,
Benoît

Message édité le 15 mai 2017 à 00:31:31 par shayde09
shayde09
shayde09
MP
15 mai 2017 à 00:35:04

Le 14 mai 2017 à 20:49:12 toto_au_bistro a écrit :

Le 14 mai 2017 à 19:29:23 shayde09 a écrit :
Connais-tu ce poème de Jaccottet, toto?

Sinon, lis, et tu me remercieras plus tard :

http://www.florilege.free.fr/florilege/phj/quelafin.htm

Je ne connaissais pas et je lis pratiquement jamais de poésie. Merci à toi !

Je t'en prie. Si tu as aimé ce poème, tu en aimeras sûrement beaucoup d'autres de lui.

La poésie est en effet trop souvent délaissée en philosophie... Je n'ai pas de formation de philosophe, mais si je peux apporter un éclairage/une illustration poétique ça et là sur des questions philosophiques, je n'en priverai pas les autres :)

Message édité le 15 mai 2017 à 00:36:40 par shayde09
matrisKK
matrisKK
MP
15 mai 2017 à 19:00:49

Un autre poème : https://fr.linkedin.com/pulse/un-moment-de-po%C3%A9sie-avec-avoir-et-%C3%AAtre-catherine-ostan

J'ai tendance moi aussi à penser qu'il faut se contenter de ce que l'on a, du strict minimum dont on a besoin pour vivre.
Mais l'Homme en veut toujours plus et ne se contente jamais de ce qu'il a, c'est ce qui le fait grandir.
S'il s'agit de savoirs, de culture, je trouve ça même très sain.

Mais c'est vrai que j'ai plus du mal à comprendre lorsqu'il s'agit de biens matériels comme le dernier iPhone, une voiture de luxe, les vêtements à la mode, la mode elle même d'ailleurs...
J'imagine qu'on est tous plus ou moins influencés par la société de consommation et qu'on a tous des centres d'intérêts différents, mais quel qu'il soit, on ne se contente jamais vraiment de ce que l'on a.

Pour nous autres "philosophes", ce qui nous intéresse c'est le savoir, la recherche de la vérité, la sagesse, et on cherchera toujours à tendre vers plus de savoirs, de sagesse.

Mais je peux très bien concevoir que pour d'autres, ce qui les intéresse c'est l'argent, la mode, le pouvoir, la célébrité, et ils chercheront donc également à en avoir toujours plus.

Enfin, c'est une autre vision de la vie quoi...

edophoenix
edophoenix
MP
15 mai 2017 à 19:20:08

Plop à tous !

Je ne vais pas faire un long pavé, je voudrais juste manifester mon étonnement sur le fait que tu considères (toto_au_bistro) un bon dîner comme quelque chose d'immatériel alors que la nourriture, pour moi, c'est très matériel au contraire.

Après, je me rends bien compte que dans l'idéal il est bon de se contenter de peu, mais d'un autre côté, étant collectionneur (et lecteur bien sûr) de livres et de DVD, j'ai du mal à l'appliquer personnellement dans ma vie quotidienne : la société de consommation offre tellement de mythes passionnants (et aussi quelques gourmandises !), que je suis pris dans mes contradictions entre mon aversion du *consomatisme* ( = automatisme du consommateur compulsif, plus ou moins) et ma fascination pour tout ce qu'on peut inventer, et promettre, que ce soit au niveau technique, ou au niveau des contenus intellectuels, artistiques, littéraires, voire ludiques...

Message édité le 15 mai 2017 à 19:21:21 par edophoenix
Pseudo supprimé
15 mai 2017 à 19:30:51

Bin, pour rebondir sur ce que dit edophenix, je trouve assez déplacé cette mode de rejeter de manière compulsive la consommation.

"dans l'idéal il est bon de se contenter de peu"

Je trouve cette idée fade. A la limite, se contenter de se que l'on a, pourquoi pas. Mais se contenter de peu ? Pourquoi faire ?

On est dans un monde où l’accès a la nourriture, l'eau, les loisirs, la culture, est très facile. Pourquoi le rejeter ?
Aprés, je comprend que certains ai des réserves quant à notre société actuelle (liberalisme-capitalisme-toussatoussa). Mais de la à vouloir vivre comme un moine...

Fin' bon, l'essentiel est d'être heureux :)

toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
15 mai 2017 à 20:06:16

Le 15 mai 2017 à 19:20:08 edophoenix a écrit :
Plop à tous !

Je ne vais pas faire un long pavé, je voudrais juste manifester mon étonnement sur le fait que tu considères (toto_au_bistro) un bon dîner comme quelque chose d'immatériel alors que la nourriture, pour moi, c'est très matériel au contraire.

Je suis physicaliste, donc tout est matériel pour moi au final. Sur le bon dîner, je parle de l'expérience du bon dîner. L'exemple est peut être ambigu, tu peux le remplacer par « faire une randonnée », « passer du temps avec sa famille » etc.

toto_au_bistro
toto_au_bistro
MP
15 mai 2017 à 20:15:04

@ Veinnes : Est-on plus heureux quand on est toujours à la recherche de la plus belle voiture, du meilleur smartphone etc., ou bien est-on plus heureux quand on a mis à distance ces désirs futiles pour se concentrer sur des choses plus importantes (ce que je désignais comme biens immatériels) ?

Être minimaliste, ce n'est pas vivre comme un moine. Pour moi, cela consiste à se libérer de choses qui nous entravent sans qu'on s'en rende vraiment compte, pour se libérer de différentes peurs (perte, pauvreté...). Après, je ne soutiens pas que cette adaptation du stoïcisme convient à tout le monde. Personnellement, ça me convient. Je suis plus serein avec moins de choses.

Pseudo supprimé
16 mai 2017 à 01:28:33

Tu dis qu'il faut se détacher des désirs futiles pour se concentrer sur l'important, mais...
Les choses qui seront importantes pour toi ne le seront pas forcément pour moi :)

Et si moi je trouve que la recherche de spiritualité est futile ? Et si je pense que les choses importantes sont celles qui nous permettent d'améliorer notre confort ? Je ne pense pas exagérer en disant que c'est l'opinion majoritaire, celle que Mr tout le monde applique au quotidien.

Je ne t'expose pas un point de vue personnel : peu importe se que je pense, je veux juste te montrer que tu as peut-etre trouver TA philosophie de vie et non pas LA philosophie de vie ; que finalement le less is more ne convient pas à la majorité : sans quoi nous seront toujours dans des cavernes.

Ce qui ne serais pas forcément un mal... Mais pas forcément un bien non plus :)

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