En une phrase : le choix opéré par l'esprit est réel, mais conditionné (je précise : pas conditionné au sens lavage de cerveau, mais au sens de soumis à certaines conditions extérieures mais autonome.)
Pour expliciter plus le truc, il me vient une analogie un peu foireuse, mais qui permettra de comprendre ce que j'entends par « soumis à certaines conditions extérieures mais autonome ». Prenons un conducteur d'automobile. L'automobile roue parce qu'elle a son propre moteur, c'est l'aspect autonome. Biologiquement, quelle que soit le degré de déterminisme mécanique qu'on accorde au cerveau, il opère des choix en discriminant des préférences. Peu importe pour moi que ce soit de manière mécanique, le cerveau est là pour cela, c'est sa fonction dans l'organisme : opérer des choix pour diriger l'ensemble du corps. Il est autonome lorsqu'il faut décider de tourner à droite ou à gauche, il prendra la décision qui lui semble conforme au but ou à la destination qu'il souhaite atteindre.
L'automobile est soumis à des conditions extérieures : la gravité terrestre, le climat, (le vent qui le freine et augmentera sa consommation de carburant pour maintenir son allure), le type de terrain (un chemin de terre ou même herbeux le ralentira, et usera davantage sa suspension et ses pneus, même si bien sûr la différence n'est pas forcément énorme), et s'il est sur route départementale/nationale goudronnée, la direction dépendra des croisements (ou en ville, si la rue est pavée ou bitumisée, etc.)
Bon je crois avoir donné assez de détails sur cette analogie que je sais un peu bancale, je pense que pour l'esprit humain, de même, la tentation est grande de rester sur la route nationale goudronnée de la culture générale, que s'il va à contresens, il s'expose à ce que les autres voitures lui rentre dedans (ou l'inverse) avec violence, et que s'il choisit d'explorer des territoires vierges de goudron, sa circulation sera plus difficile.
En ce sens, l'esprit humain est bien autonome, mais *conditionné*, c'est-à-dire, soumis à des conditions extérieures qui influencent la direction que le conducteur va prendre.
D'ailleurs, si je devais m'amuser à pousser la métaphore plus loin, je me verrais moi-même comme une voiture de ville qui cherche à emprunter non pas le chemin le plus difficile en pleine cambrousse, mais la petite route pas trop difficile, mais que presque tout le monde néglige parce qu'on préfère en général l'autoroute.
Je ne suis pas vraiment un éclaireur qui ouvre la voie à un nouveau territoire, mais celui qui aime prendre une route dont les autres connaissent vaguement l'existence mais sans l'emprunter, histoire de cheminer tranquillement en profitant d'un paysage campagnard, plutôt qu'en fonçant à toute blinde sur l'autoroute des évidences.
D'ailleurs, je pense que ça se voit : dans ce topic même, je commence à divaguer un peu
Mes excuses.