C'est une des paires de tendances (souvent contradictoires) qui existent en l'homme
La tendance à vouloir conserver son identité, couplée au fait qu'on soit en train de changer à tout instant
Mais les deux sont pas nécessairement incompatibles, c'est bien une coexistence: Une vie humaine ça se résume bien à conserver son identité au maximum dans un corps et un monde en changement perpétuel, ça peut pas se résumer à un côté ou l'autre de la balance
Maintenant il faut quand même nuancer le truc quand on s'attaque à la politique, parce qu'elle a tendance à brouiller les rôles
Changer à tout prix =/= progresser
Autrement dit, ce qu'il y a de plus proche du progrès à l'heure actuelle c'est...le conservatisme, qui regarde le monde dans son ensemble, avec sagesse, et qui, plutôt que promouvoir une régression, pense plutôt une progression intelligente et dans l'ordre des choses, en accord avec l'histoire
Un conservateur c'est quelqu'un qui regarde le passé pour s'orienter dans le futur, c'est une posture de prise de recul et de sagesse, plutôt qu'une réaction de rejet face aux nouveautés
Un progressiste c'est à peu de choses près une femme qui fait caca dans une église au nom de sa liberté
Je pense que les deux visions du monde sont tournées vers l'avenir, mais une offre une posture de retenue, de prudence, l'autre de chaos, d'improvisation, encourage à agir avant de réfléchir
Bien sûr t'as des époques où le conservatisme se traduit, aussi, par un refus absolu et déraisonné du progrès, mais comme ça ne concerne pas la notre je trouverais ça criminel de m'attarder sur cet aspect
Pour revenir à l'aspect plus philosophique, l'homme change en permanence, mais comme il est pensant, comme il possède une conscience, il peut pas faire corps avec ce changement
La transcendance, le dédoublement de l'homme fait qu'il y a une part de lui qui voudrait être fixée, éternelle, qui voudrait arrêter le temps, l'homme veut avoir une identité propre
Et tout ce qu'il fait tend d'ailleurs vers l'éternité, tout ce qu'il fait est un acte désespéré de ne pas changer malgré le passage du temps
La part de progrès en l'homme est naturelle, animale, le plus souvent subie, la part de fixité est un idéal, c'est la part divine/intellectuelle
Un progressiste qui s'assume jusqu'au bout se conduit comme un singe
Je pense que l'évolution humaine dans ce qu'elle a de plus noble vient de la part de conservatisme (d'ailleurs c'est de notoriété publique que tous les grands hommes du progrès connaissaient très bien leur époque et avaient une éducation solide concernant leur passé)
Et ce qu'elle a de plus animal est de l'ordre du progressisme (un élan démesuré et aveugle vers l'inconnu, un rejet absolu du passé, une existence qui se contente de l'instant et qui est prompte à répéter indéfiniment les mêmes erreurs, puisqu'elle ne se comprend pas)