Je suis tout à fait d'accord avec cette assertion. A mon sens, la tolérance devrait être totale : personne ne devrait être exclu de son aura. Autrement dit, si l'on s'impose un devoir de tolérance, celui-ci doit s'appliquer à tout le monde, même aux intolérants, c'est-à-dire à ceux qui transgressent ce devoir - qui par ailleurs est un droit.
Malheureusement, les religions n'ont pas su véhiculer cette idée. Les monothéismes tels que nous les connaissons, en partant du principe que seul leur Dieu existe, ne pouvaient d'évidence s'entendre les uns avec les autres, et plus généralement avec les autres croyances culturelles : paganismes, polythéismes, athéismes... Au-delà de la théorie, l'histoire et l'actualité ont su - et savent toujours - mettre en relief le choc de ces intolérants, et les conséquences qu'il engendre.
On aurait tendance à penser que les religions d'Extrême-Orient telles que le bouddhisme ou le jaïnisme incarneraient un idéal de la tolérance, une vertu ultime qui aurait échappée aux théologiens de l'Orient ou de l'Occident, mais c'est une erreur. Cesdites religions se sont multipliées de sorte qu'il n'existât pas d'unités ecclésiastiques aussi solides qu'il y en avait en Occident : de tout temps les syncrétismes ont fusé, et les rivalités entre les différentes religions en ont été accrues. En Asie centrale et orientale, les chocs d'intolérance furent paroxystiques à certaines périodes de l'histoire.