Il eût fallu qu'ils se taisent.
(Extrait du chant des correcteurs du bac philo)
Il eût fallu cependant qu'ils se taisent.
Ou : comment dessiner des bites en littérature.
Pourtant nul besoin de génie,
Juste quelques termes bien définis,
Ne pas stopper au premier jet,
Mais vraiment répondre au sujet.
Saupoudrer le tout si possible,
De quelques auteurs accessibles ;
Et seulement pour les vrais durs,
Un petit tour vers la Cri. pure.
Enfin rédiger propre et net
avec un frêle souci d'esthète,
Des arguments bien enchaînés
Et une vraie thèse pour terminer.
shayde et [jesuispartout] vous avez corrigé le bac? comment se fait-il que nous avons toujours pas eu droit à un best of exclusif au forum?
Le 15 juillet 2016 à 19:24:31 [jesuispartout] a écrit :
Pourtant nul besoin de génie,
Juste quelques termes bien définis,
Ne pas stopper au premier jet,
Mais vraiment répondre au sujet.Saupoudrer le tout si possible,
De quelques auteurs accessibles ;
Et seulement pour les vrais durs,
Un petit tour vers la Cri. pure.Enfin rédiger propre et net
avec un frêle souci d'esthète,
Des arguments bien enchaînés
Et une vraie thèse pour terminer.
C'est beau, c'est vrai, c'est poétique.
Pas mal camarade, vraiment pas mal ; je ne te savais pas poète, tu éclipses de loin mon pauvre distique heptasyllabique (je tiens néanmoins aux mauvais jeux de mots qu'il contient -- tout bon poète a un faible pour eux -- et exige qu'ils apparaissent dans la version finale).
Ma foi, c'est presque prêt pour l'édition ça, qu'en penses-tu ?
Le 15 juillet 2016 à 19:49:13 Iibertatem a écrit :
shayde et [jesuispartout] vous avez corrigé le bac? comment se fait-il que nous avons toujours pas eu droit à un best of exclusif au forum?
[jesuispartout] oui, moi non. Mais je compatis à sa souffrance et à celle de ses confrères.
J'aurais plutôt dit "thèse, antithèse, foutaise"
Ou "thèse, antithèse, martiniquaise" pour le soldat Louis.
L'édition, comme tu y vas.
J'en suis encore à me demander quel moyen employer pour publier mes déjections littéraires sans trop avoir à les assumer ; alors prétendre éditer de la poésie...
Le 15 juillet 2016 à 19:57:11 BernoulliM4 a écrit :
J'aurais plutôt dit "thèse, antithèse, foutaise"
Ouais mais on perd la paronomase avec "synthèse". Et puis "sans-thèse", c'est plus vrai que "foutaise".
Le 16 juillet 2016 à 13:19:50 [jesuispartout] a écrit :
L'édition, comme tu y vas.
J'en suis encore à me demander quel moyen employer pour publier mes déjections littéraires sans trop avoir à les assumer ; alors prétendre éditer de la poésie...
Je te comprends ; si l'on n'est pas Baudelaire à 20 ans, on ne le sera probablement jamais, et tout esprit de sérieux poétique devient alors ridicule ou embarassant. Mais tant que notre poésie ne se prend pas trop au sérieux, ça passe, et s'il y a un minimum de travail en plus, c'est souvent réussi.
Qui sait, si quelqu'un se met à défier le monopole des grands maîtres et désire publier une "Anthologie de la poésie légère", ton poème pourrait avoir une place.
Et puis de toute façon, le plus important, c'est que le poème plaise à son créateur et que celui-ci le juge honnête, authentique.
Bon, en réalité je me fais un peu plus modeste que je ne suis et j'ai assurément des ambitions démesurées.
Mais il est vrai que le poème est un continent où tonne sans cesse l'effrayante exigence de la sincérité.
Être à la fois naïf et profond est, pour le petit européen désabusé, une tâche presque impossible.
Elle n'en est que plus belle.
Et à côté de cela je n'ai effectivement rien contre les doux élans de la poésie légère et sans prétention ; elle sait revigorer et plaire sans dégoûter.
Oui... J'admire la poésie orientale justement parce que contrairement à la nôtre, elle n'a aucun mal à concilier naïveté et profondeur.
Mais il est vrai que le poème est un continent où tonne sans cesse l'effrayante exigence de la sincérité.
Vertige de suivre sa propre voie / voix ![]()
De l'ambition, dis-tu ? Il faut être fidèle à sa Muse et la suivre quand elle l'intime et où elle veut ![]()
L'attentat peut-il être vu comme une forme d'expression, voire comme de l'art moderne ?
badgerdontcare en fait tu te forces à respecter un quota journalier de messages à la con, je viens de réaliser
En quoi c'est un message à la con ?
Cette belle poésie,
me donne envie de répondre,
et d'afficher ici,
ce que l'inspiration me fait pondre,
je le dis spontanément,
à propos du génie,
mon avis céans,
et que trop tôt l'on crie,
lorsqu'une oeuvre nous plaît,
au génie de celui qui écrit,
l'admirateur sincère devant la beauté,
avant de pousser de hauts cris,
la contemple et se tait.
Veuillez me pardonner,
ces vers désordonnés,
cependant je me dis,
que ce soi-disant génie,
est phénomène largement surestimé,
que trop souvent l'on confond,
passion avec prédisposition,
et que s'engager dans une oeuvre, une création
réclame au fond bien plus de réflexion,
que de talent, d'un soi-disant "don".
C'est pourquoi toujours, sur mon âme
quand on se pâme et qu'on s'exclame,
"Quel génie celui-ci, quelle flamme !"
je suis perplexe et étonné, vraiment
que les gens confondent si aisément,
rigueur d'esprit, passion et efforts,
avec un don exclusif, un esprit prétendu fort.
Pour moi, par le travail, tout un chacun le peut,
Et ce n'est pas de la personne qu'il faut s'extasier,
mais - on le prendra comme on veut -,
du travail acharné qu'il a fallu pour la réaliser,
cette oeuvre qu'on croit sorti, déjà toute finie,
d'un esprit qui lui donnerait instantanément la vie.
Mais aujourd'hui, que veut encore dire "travail", "recherche", "effort",
Imagine t-on Newton enfant, Pasteur surhomme et Bohr géant ?
Croit-on Jules Verne extra-terrestre et Victor Hugo, tout autant ?
Les met-on sur un piédestal, pour les montrer forts,
nier qu'ils aient été humains et humbles terriens,
que pour renoncer à les jamais égaler,
croire qu'à quelques uns seulement est réservé,
la flamme de l'intelligence et du bien ?
Chacun, dans le domaine qui lui agrée,
est bien capable de porter des fruits,
si ce n'est en philosophie ce sera en macramé,
mais pour l'amour du ciel jamais ne renoncez,
à exercer sur quelque objet,
les talents naturels que la nature nous a donnés,
et qui par la culture, peuvent être sublimés,
Ne vous prenez pas pour un génie, certes, mais évitez,
de déifier autrui et sachez que vous-même vous pouvez.
A trop encenser les oeuvres, les qualifier d'exception,
on oublie que l'auteur est un homme, et quel monstre en fait-on ?
enfin, voilà qui est dit, et pour terminer,
Penser, écrire, parler, sont des choses qui s'apprennent,
et si quelques uns ont eu une inspiration plus heureuse,
Que chacun, à son niveau, contribue, intervienne,
Au lieu de rester en surface d'un sujet, le creuse,
pense avec rigueur, enchaînement logique,
n'est pas chose impossible, il s'agit d'un process,
dont chacun peut du moins connaître la technique,
c'est ainsi que par le passé s'est construit le progrès.
Je me demanderais toujours qui peut être Shayde09, à quoi peut-il ressembler, comment occupe-t-il ses journées, comment peut-il être intègré en disposant d'une telle intelligence, sachant que nos sociétés sont dépourvus de moral, et qu'elles accordent une valeur plus grande à nos semblants et attraits qui relèvent de la forme... Dans tout son génie, dispose-t-il de cette fameuse intelligence sociale qui ferait de lui un dieu caché parmi les hommes, comme le disait Baudelaire sans le citer médiocrement : l'âme d'un poète, et les dons de jouir pleinement des joies de la foule et de la multitude, tout en gardant son intégrité, le plus grand des arts, le plus grand des bonheurs paraît-il. Enfin jamais sur ce forum, un membre a autant attisé ma curiosité...
Je n'ai aucun talent poétique mais j'ai du mal à me reconnaître dans les topics du moment sur le forum alors je me permets quand même d'intervenir ici.
Sur la façon dont le système "thèse - antithèse -synthèse" est critiqué en permanence en tant que système antiphilosophique puisqu'il nie dans sa dialectique sa propre positivité (1 - 1 = 0 et pas 1 ou 2, soit), j'aurais aimé rappelé et apporter deux éléments qui me semblent assez intéressants.
La première concerne Hegel, la seconde son école spirituelle -à mon sens- l'école de Chartres.
En fait, le déploiement dialectique du thèse antithèse synthèse, malgré les boutades qu'on en fait a un sens profond qui est l'autodétermination de l'être néantisé. Le génie hégélien que l'on retrouve dans la méthode de la dissertation, c'est d'être capable de penser une temporalité ontologique avant Heidegger. Il ne s'agit pas de dire que l'être est temps comme le prétend à moitié SZ, mais simplement de mettre en lumière ce que l'on pourrait appeler des "moments de l'être".
En fait, la raison pour laquelle on dénigre le schéma thèse - antithèse - synthèse, c'est que l'élève oublierait dans sa candeur que "l'antithèse" hégelienne si on peut l'appeler comme ça est pénétrée de positivité. Mais j'aimerais interroger cette prétendue positivité admise dogmatiquement, je crois que la seule positivité (détermination en fait) que l'on trouve dans le néant hégélien, c'est le fait qu'il y ait eu un TEMPS positif propre à ce néant. Car ce néant est bien pur en dehors de l'intangibilité de son passé ontologique.
Dès lors, et c'est là que je suis forcé de penser à l'école de Chartres et à la fameuse équation de Nicolas : Dieu est unité, égalité, connexion (un peu le papi de la dialectique hégélienne évidemment) Donc 1 = 1 x 1, en fait, la négation -antithèse- méthodologique ne serait pas tant une négation destructrice de la positivité première mais une façon de retrouver l'exhaustivité des possibilités ontologiques de la thèse A.
Donc, grosso modo, ma thèse, c'est que la radicalité dans la négation des thèses de dissertation de bac est plus une façon de mettre en lumière une audace d'interprétation de la phénoménologie de l'Esprit qu'une simple incompréhension méthodologique du rabachage pédagogique.
J'avais le sentiment que ce n'était pas la méthode elle-même qui était critiquée, mais plutôt le fait que les élèves ne la maîtrise pas, et e parvienne pas à cacher la pauvreté du contenu de leur analyse réflexive sur le sujet ?
Mais peut-être me trompè-je.
Pour ma part, et sans avoir les arguments de Hegel, je tiens la disputatio pour le meilleur moyen d'examiner une question sous tous ses aspects. Evidemment, la disputatio est censée se dérouler à plusieurs, mai c'est le même principe de thèse - antithèse / arguments - contre-arguments.