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Liste des sujets

La combativité

Son_Eminence
Son_Eminence
Niveau 10
05 décembre 2015 à 12:45:57

Bonjour vous auriez des "philosophies" à conseiller qui encouragent cette (nécessaire) aptitude face à la vie ?

:merci: de vos partages.

saintxions
saintxions
Niveau 5
05 décembre 2015 à 13:47:17

Nietzschou voyons

shayde09
shayde09
Niveau 34
06 décembre 2015 à 11:53:16

T'as raison de mettre des guillemets : les concepts n'ont jamais rien fait bander, ni arc ni... Seules la poésie et la sagesse peuvent (é)mouvoir un être.

Et alors t'as le choix : stoïcisme, christianisme ("je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive" -- combat intérieur ou défense légitime, s'entend), soufisme (le djihad intérieur comme effort vers Dieu) et plus généralement toutes les sagesses qui entrevoient un Bien à conquérir (noblesse oblige).

Nietzsche et Camus évidemment, mais ils sont plus durs à suivre (le premier à cause de son sophisme, le second parce qu'on voit mal d'où Sisyphe pourrait tirer son bonheur -- ça reste quand même très littéraire). La philosophie de l'effort de Maine de Biran devrait t'intéresser (j'ai retenu de lui que c'est par l'effort et sa répétition que se construit le moi -- mais je suis loin d'être un spécialiste).

Mais le maître le plus important en matière de combativité, ça reste Ichigo Kurosaki :ok:

Message édité le 06 décembre 2015 à 11:57:50 par shayde09
shayde09
shayde09
Niveau 34
06 décembre 2015 à 12:05:06

Y a Hegel aussi, l'esclave qui réalise que l'homme n'est rien sans le travail. A quoi je mêlerais volontiers une thématique shakespearienne : tout le reste, c'est du théâtre, des acteurs qui se pavanent ou jouent tant bien que mal un rôle qui masque et révèle leur vraie nature.

_LePacha
_LePacha
Niveau 9
06 décembre 2015 à 20:07:55

Ça m'intéresse aussi :ok:

shayde09
shayde09
Niveau 34
07 décembre 2015 à 01:19:18

Non mais en vérité je vous le dis, aucun concept ne peut enseigner la combativité... Les héros ne font pas de philo. Il n'y a qu'à être fidèle aux grands exemples du passé, ou s'inspirer des héros mythiques (au sens large du terme : Sangoku, Vegeta, Ichigo Kurosaki ou Naruto Uzumaki auraient leur place dans le ciel étoilé des mythologies...).

Détachez-vous de la philosophie, ouvrez-vous davantage à l'art et à la poésie :)

Message édité le 07 décembre 2015 à 01:21:52 par shayde09
Son_Eminence
Son_Eminence
Niveau 10
07 décembre 2015 à 19:26:34

Merci Shayde. Nietzsche j'ai presque tout lu et il m'a fait un bien fou mais disons que ça s'émousse un peu maintenant. Camus c'est une piste. Je n'ai pas lu son truc sur Sisyphe. Même s'il est vrai que pour concevoir ce bonhomme heureux... il faut de l'imagination:hap: Cela dit on n'est pas forcément heureux dans la combativité. C'est même assez contradictoire. On tient bon, voilà tout.

Pour Sangoku et les autres tu es sérieux ?:noel: J'ignore tout à fait cet univers. Remarque dans le genre fiction, la série Breaking Bad m'a bien inspiré. Le personnage de Walter White m'inspire assez et il est combatif à sa façon.

shayde09
shayde09
Niveau 34
07 décembre 2015 à 23:52:08

L'amor fati n'est pas forcément heureux, en effet. Mais il est toujours lié à un certain plaisir (masochiste ?) d'exister.

Pour avancer un autre point qui me paraît essentiel, je ne pense pas que la combativité puisse faire l'économie d'une raison de vivre. Elle suppose toujours une certaine métaphysique, un certain absolu, un certain Bien avec une majuscule. Car qui aurait la force de lutter dans un vide absurde ? Quoi de plus vain et de plus déprimant ?

Haha. On ne se débarrassera pas de la métaphysique comme ça.

Et oui, je suis sérieux pour Sangoku et les autres. Toute mythologie est bonne à prendre. Ichigo/Sangoku/Naruto qui, mortellement blessé par son adversaire, trouve en lui la force de se relever parce qu'il n'a pas d'autre choix s'il veut sauver ses amis, c'est puissant et avec une bonne musique derrière, ça fout des frissons. Quant à Breaking Bad, c'est une tragédie en 5 actes (je ne crois pas que le nombre de saisons soit arbitraire)... Walter White est déjà devenu un personnage mythique dans l'imaginaire populaire, et il n'y a aucune raison de s'en offusquer et de prôner bec et ongles les références classiques. S'il te fascine, tant mieux, mais j'espère cela dit que cette fascination du mal, tout à fait légitime, ne t'inspire pas des pensées de crime :hap:

Message édité le 07 décembre 2015 à 23:56:16 par shayde09
_LePacha
_LePacha
Niveau 9
08 décembre 2015 à 01:25:26

Au contraire, la force de l'amitié plus forte que tout dans les mangas shonen, je trouve ça tellement navrant que ça m'embarasse ! Et pourtant j'ai eu ma période Naruto & One Piece.
Ce qui me donne les frissons, c'est les personnages super travaillés, avec quantité d'affects. Tous les thrillers psychologiques, j'adore. Donc Breaking Bad j'ai aussi adoré. Je vous conseille House Of Cards, pour un héros tout aussi travaillé et puissant :) Bref, je m'égare.

Ce n'est pas forcément un ouvrage philosophique à proprement parler que je recherche, ou du moins pas en particulier.
Peu importe, mémoires, roman, biographie, tant que c'est inspirant au niveau combativité pour reprendre le terme, ça m'intéresse. Conseils ou paradigme de grands hommes, j'achète tout de suite !

Churchill est un bel exemple, je m'intéresse à lui en ce moment. :oui:

Faut que je lise du Nietzche :ok:

Sinon en ce moment j'ai du mal à être motivé pour l'avenir, avec le déterminisme tout ça tout ça, je me dis à quoi bon :-(

shayde09
shayde09
Niveau 34
08 décembre 2015 à 21:34:54

Mais qu'est-ce que vous avez tous avec vos personnages malveillants ? La combativité d'un Walter White, d'un Frank Underwood, d'un Macbeth ou d'un Richard III ne les rend que plus effrayants ou plus pitoyables :hap:

La force de l'amitié, la fidélité, tout cela c'est extrêmement important :oui: et puis Naruto et compagnie ne sauvent pas que leurs amis, ils défendent la veuve et l'orphelin aussi. Leur simplicité fait leur force :ok:

La combativité s'appliquant à beaucoup de domaines et d'exemples, on pourrait citer beaucoup, beaucoup de bouquins. Mais le mieux, c'est quand elle prend une dimension mystique -- dimension qui ne se réalise pas seulement dans les hautes œuvres : en fait, la mystique (qui est un combat) se développe avant tout dans le quotidien. C'est pourquoi, en plus de Bleach et de Naruto, je conseille Histoire d'une âme de Thérèse de Lisieux et Une vie bouleversée d'Etty Hillesum.

Le déterminisme n'est pas le pré-déterminisme. Il explique tout, mais il n'impose rien : n'aie crainte LePacha, ta liberté se porte toujours bien !

Message édité le 08 décembre 2015 à 21:38:25 par shayde09
shayde09
shayde09
Niveau 34
08 décembre 2015 à 22:12:18

Eyyyy j'avais oublié le sport, maître idéal pour enseigner la combativité... Car c'est aussi une affaire d'exercice et de répétition : on ne devient pas combatif grâce aux simples idées. On doit en prendre l'habitude.

C'est parce que je regarde le match du PSG là. Matuidi :coeur:

_LePacha
_LePacha
Niveau 9
09 décembre 2015 à 00:13:06

Disons que les personnages trop bienveillant se ressemblent tous, ils n'ont pas de caractère, et ne sont pas humains. Le vice fait partie de l'homme et tant mieux, quand un auteur nous pond un saint ça me fait pas fantasmer du tout, au contraire, je ne reconnais rien chez eux. :nonnon:

Au mieux l'auteur rajoute un passé sombre au héros, mais c'est une tentative tout aussi clichée...

Je préfère de loin un boulet style le héros de la saison 1 de Fargo, qui a tout d'un humain, et à qui il arrive des trucs excitants ! (Bon il tue sa femme aussi, parce qu'il en a marre d'être soumis...) :rire:

Pour dire, j'ai bien apprécié Ichi the Killer :pf:

Heeeey je suis né dans la petite ville de Lisieux :oui:
Il y a plein de choses qui lui sont dédiées ici (A Thérèse) :oui:

Je me penche pas mal sur l'idée d'autodiscipline depuis un moment, qui est intimement lié à la combativité :)

_LePacha
_LePacha
Niveau 9
09 décembre 2015 à 00:26:28

Sinon, c'est bien le pré-déterminisme, ou le déterminisme absolu qui me décourage. Je ne suis pas tombé sur d'alternative aussi rigoureusement logique, ni ne possédant une autre qualité qui pourrait me convaincre ou persuader de celle-ci.

Même les plus éminents intellectuels refusant le déterminisme absolu n'avancent pas d'argument valable, ils ne le refusent seulement car il décourage d'agir, supprime toute liberté et déresponsabilise niveau morale. Rien qui ne puisse me convaincre quoi. :-(

Icyme
Icyme
Niveau 10
09 décembre 2015 à 11:54:28

Moi je le trouve simple d'esprit Walter White justement. Son histoire c'est celle d'un bonhomme lambda qui se perverti quand il découvre qu'il a la capacité d'agir sur les autres.

Je l'ai trouvé très antipathique comme personnage tout au long de la série, il a jamais un moment de recul sur lui même où il essaie vraiment d'être authentique (mais je crois que c'était voulu par le réalisateur même si je trouve que c'est une drôle d'idée (car c'est juste un générateur de frustration)).

Des représentations du surhomme dans des productions artistiques je n'en connais aucune de pertinente.

Et même de manière générale je trouve qu'on ne voit jamais de bons personnages dans le cinéma. On a tendance à ranger dans la case "charismatique" des gens / personnages qui n'en sont que des approximations, il suffit qu'ils montrent une esquisse de reparti et les gens se jettent dessus comme si c'était des narcotiques vivant. On leur demande surtout de ne jamais montrer qu'ils aient de fond, juste qu'ils aient l'apparence du "charisme" car on a peur de la désillusion comme si elle était une fatalité.

Du coup on a des standards qui tendent à être sacrément aseptisé pour ces personnages, ils ne sont jamais engagés et au moins deux fois plus jamais capable de défendre cet engagement hypothétique par des arguments.

Tolérer le médiocre ça peut être une manière de se rassurer soi même, ça permet d'entretenir le déni des éléments qui font que tu n'es pas satisfait de ta vie (quand tu penses que cette insatisfaction est socialement impropre à être communiquée).

Mais idolâtrer ainsi des personnages médiocres, à la portée de n'importe quel aigri passif, je peux pas m'empêcher de mépriser cette tendance de la même manière que je méprisais les croyants au début de mon adolescence :noel:

C'est pour moi quasiment le même processus mental qui est à l'oeuvre.

shayde09
shayde09
Niveau 34
09 décembre 2015 à 23:38:54

C'est drôle que tu associes gentillesse et christianisme, Duplessis, parce que dans les premiers siècles du christianisme, les chrétiens appelaient "gentils" les non-chrétiens, non sans dédain (cf Somme contre les gentils, de saint Thomas d'Aquin) :hap:

Plus sérieusement, un catho serait d'accord avec toi : la gentillesse est une vertu minimale, mais qui ne suffit pas : ce n'est ni la sainteté ni la sagesse. Il lui manque de l'ampleur, de la force, de la poigne et de l'autorité, autant de choses nécessaires pour être à la hauteur d'une métaphysique. Jésus n'était pas "gentil" : t'as vu comment il a fouetté la margoulette des marchands du temple ? Ou comment il a rembarré les Pharisiens ? Ou comment il a dit qu'il n'était pas venu apporter la paix mais le glaive ? Tout cela relativise le passage sur tendre l'autre joue...

Le christianisme, ce n'est pas le monde des bisounours !

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