Pour ma part, mes amis m'apportent de la joie et du soutien, et, contribuent ainsi à mon bonheur. Leur présence régulière, mais non constante, est indispensable à cet accomplissement ou au maintien de cet état. Je doute qu'en cas d'isolement pérenne, on puisse se sentir heureux, tout au plus non malheureux, sans souffrance, mais le bonheur est comme la santé, c'est un état en plein et non en creux, rempli de plaisirs et de joies.
L'amitié est une relation interpersonnelle à intérêts mutuels. Je conçois les relations comme Michel Onfray, philosophe hédoniste, et sa géométrie des cercles éthiques. Chaque individu est un égo dont il est le centre de son réseau amical qui s'organise par cercles concentriques. Chaque personne que l'on connaît a une position en fonction de critères éthiques et hédonistes qui définiront la nature de la relation (amitié, amour, tendresse, camaraderie, simple connaissance, l'inverse, etc..). La place de chacun n'est pas définitive et change en fonction des gestes et des attentions dédiés à la qualité de la relation. Les mouvements s'effectuent selon une force centrifuge qui rapproche vers le centre la personne qui apporte du plaisir et de la joie ou selon une force centripète qui éloigne la personne en cas de souffrance physique ou psychologique. En clair, plus l'entente avec la personne est bonne, est constitué de plaisir, de joie, d'aide et de réconfort, plus on se rapproche. Plus cette relation comporte des moments déplaisants et d'affects tristes, plus la personne s'éloigne jusqu'à la possible expulsion définitive l'existence du sujet concerné.
Je trouve cette conception des relations humaines assez intéressantes. On peut également poser les membres de la famille sur non pas un cercle, mais sur un carré à une certaine distance de l'égo dont les dimensions seraient incompressibles et les droites inextricables. Une sorte lien solide qui soutient les cercles d'amis extérieurs et intérieurs à ce carré de telle sorte que les amis qui sont sur des cercles internes au carré se définissent par une amitié aussi forte que les liens familiaux ou par l'amour dans le cas du ou des concubins ( il y aurait dans le carré familial, un triangle de l'amour lol). Pour Onfray, le placement et le mouvement des personnes sur les cercles dépend d'un calcul du plaisir et du déplaisir, mais on peut également effectuer cela de façon plus intuitive, spontanée et naturelle. Pour ma part, sans le faire de la façon la plus délibérée possible, j'agis beaucoup selon ce schéma comportemental de façon intuitive, c'est-à-dire par élection/éviction. Ou du moins, il est clair et naturel pour moi que plus une personne me fait souffrir moins j'ai envie de la voir... :x
Selon ce mode de lecture, tu constates que tes amis s'éloignent de toi ces derniers temps et se dirigent dangereusement des cercles les plus extérieurs de ton réseau relationnel. Toi et eux nourrissez de moins en moins votre relation de moments de plaisirs réciproques et de joies. Ils sont comme toi des individus à part entière, avec leurs forces, leurs faiblesses, leur bonheur et leurs malheurs. As-tu exprimé envers eux ton besoin de les voir ? ou as-tu communiqué ton inquiétude à leur égard ? Dans les premiers temps d'un éloignement momentané, il en va également de ta responsabilité (autant que la leur) de renouer le dialogue en cas de discorde ou d'inattention.
Message édité le 07 décembre 2015 à 21:43:48 par Catsoldier